POLITIQUE

Le PQ serre la vis aux cégeps anglophones et réaffirme la laïcité de l'État

Les militants ont donc adopté dimanche toute une série de résolutions.

10/09/2017 14:55 EDT | Actualisé 10/09/2017 19:55 EDT

MONTRÉAL — Le Parti québécois hausse le ton en vue de freiner l'exode des francophones vers les cégeps anglophones et réaffirmer son engagement à promouvoir la neutralité religieuse de l'État.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a gagné son pari, en évitant que son parti s'engage à étendre la loi 101 au cégep, mais dans l'ensemble le PQ radicalise ses positions linguistiques.

Le 17e congrès des membres du PQ a entériné dimanche la proposition selon laquelle il valait mieux miser sur d'autres moyens pour freiner l'exode des jeunes francophones vers les collèges anglophones.

Un gouvernement péquiste ferait en sorte de s'assurer que le financement des établissements anglophones corresponde «au poids démographique» de la communauté anglophone.

Le libre choix serait donc maintenu: les francophones et les allophones pourraient fréquenter un cégep anglophone.

La loi 101, qui inclut l'obligation pour les francophones et les immigrants de fréquenter l'école française au primaire et au secondaire, serait cependant étendue à la formation professionnelle.

Les étudiants inscrits dans les cégeps anglophones ne pourraient pas décrocher un diplôme d'études collégiales (DEC), sans avoir d'abord passé avec succès un test de français.

Pour diminuer l'attrait du réseau anglais exercé sur les jeunes francophones, le PQ prône aussi de favoriser l'apprentissage de l'anglais intensif, au primaire ou au secondaire, dans le réseau scolaire francophone.

On permettrait aussi aux étudiants francophones de suivre «un parcours en anglais enrichi» au cégep francophone, ce qui inclurait une pleine session dans un cégep anglophone.

Le 17e congrès du parti, qui réunit quelque 1500 délégués au Palais des congrès de Montréal, vise à moderniser le programme du PQ, à partir de la proposition présentée en janvier par M. Lisée.

Les militants ont donc adopté dimanche toute une série de résolutions, sur une foule de sujets.

Après l'échec de la charte des valeurs de l'ex-gouvernement Marois, la question controversée de la neutralité religieuse de l'État est revenue sur le tapis. Dans un libellé vague, qui a prêté à interprétation dans la salle, le PQ réaffirme que les fonctionnaires de l'État doivent s'abstenir d'afficher leur religion.

En point de presse, la députée Agnès Maltais, porte-parole sur ces questions, a tenu à préciser que la position du parti demeurait la même, à savoir que l'interdiction des signes religieux ne viserait que les employés de l'État en fonction d'autorité contraignante: policiers, juges et gardiens de prisons, notamment, de même que les enseignants et les éducatrices en garderie.

«C'est écrit noir sur blanc dans le programme», a-t-elle commenté.

Les droits acquis seront maintenus, a précisé Mme Maltais.

À l'ensemble des fonctionnaires, le PQ lèverait l'interdit de porter des signes religieux, mais demanderait de faire preuve de «la plus grande réserve possible» dans l'affichage de leurs convictions religieuses.

En matière d'éducation, pour mieux valoriser l'école publique, le PQ veut réduire graduellement le financement du secteur privé.

En plénière, les péquistes ont par ailleurs rejeté l'idée d'imposer aux partis politiques des quotas de candidatures féminines.

Congrès national du Parti québécois