POLITIQUE

Un candidat à la mairie de Laval détruit une pancarte d'un opposant

Alain Lecompte s'est attaqué à une pancarte du chef d'Action Laval, Jean-Claude Gobé.

08/09/2017 15:45 EDT | Actualisé 08/09/2017 18:33 EDT
capture d'écran

Un conseiller municipal qui brigue la mairie de Laval a été pris en train de défoncer à la massue la pancarte électorale d'un de ses opposants.

Alain Lecompte est chef de l'Alliance des conseillers autonomes (ACA). Il a retenu l'attention du HuffPost Québec cet été pour ses propositions sur les partis politiques et le recrutement de sa «co-mairesse» Cynthia Leblanc.

Vendredi, il a été surpris par des bénévoles du parti Action Laval alors qu'il s'attaquait à une de leurs pancartes. Le chef d'action Laval, le conseiller municipal et ex-député Jean-Claude Gobé, est également candidat à la mairie. L'affaire a été dévoilée par TVA Nouvelles.

Les bénévoles ont demandé au conseiller municipal pourquoi il faisait ça. M. Lecompte a répondu que «tout le monde devrait faire ça».

«J'invite les citoyens pour que tout le monde arrive à la même course d'arrivée pour tout le monde [sic]. Ils changent les règlements un petit peu ici. Monsieur Bordeleau [inaudible], un bon patriote?», lance-t-il.

M. Gobé affirme qu'il a porté plainte à la police pour destruction de biens. Mais, selon lui, la portée du geste est bien plus grave.

«C'est une atteinte à la démocratie, affirme-t-il en entrevue au HuffPost Québec. J'ai été presque 20 ans député. J'ai vu des petites chicanes d'affichage, mais je n'ai jamais vu une telle sauvagerie à coups de masse, à coups de couteau, sur l'affiche d'un adversaire politique.»

Affichage illégal?

En entrevue au HuffPost Québec, M. Lecompte indique qu'il a agi ainsi parce qu'il estime qu'il est illégal d'installer une pancarte électorale avant le déclenchement officiel des élections, prévu le 22 septembre.

«Je n'ai rien contre M. Gobé. Mais non seulement il a mis des pancartes à quatre endroits stratégiques, pour nous ça demeure illégal», affirme-t-il.

Selon le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), il est bel et bien légal d'installer des pancartes avant cette date. Les dépenses encourues ne seront toutefois pas comptabilisées comme des dépenses électorales et ne seront donc pas remboursées.

Pas la première fois

Selon M. Gobé, c'est la deuxième fois que M. Lecompte s'en prend à ses affiches. Il serait venu une première fois jeudi. C'est pourquoi la seconde fois, ils ont pris une vidéo.

En entrevue, M. Lecompte promet de ne plus détruire de pancartes. Il demeure toutefois convaincu de la justesse de son geste.

«On reste convaincu que c'est illégal d'avoir des affiches avant l'élection. On va suivre l'histoire de près, mais on va être plus prudents», affirme-t-il.

MM. Lecompte et Gobé affronteront trois autres adversaires lors des élections du 5 novembre, soit le maire sortant Marc Demers, le conseiller municipal Michel Trottier et l'ex-candidate indépendante Sonia Baudelot.