POLITIQUE

Parti québécois : Jean-François Lisée déjà en mode pré-électoral

Le chef a enjoint tous les électeurs tentés par d’autres partis à entrer dans la « grande coalition » du PQ.

08/09/2017 21:33 EDT | Actualisé 10/09/2017 09:50 EDT

MONTRÉAL – À la veille de son premier vote de confiance, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a livré un premier discours pré-électoral consensuel dans lequel il enjoint tous les électeurs tentés par du « magasinage » d'autres partis à entrer dans la « grande coalition » qu'est le PQ.

Les militants péquistes sont réunis en congrès national en fin de semaine pour décider des orientations du parti lors de la prochaine élection générale, mais aussi pour mesurer le degré de confiance à l'égard de leur chef, élu il y a moins d'un an.

« Quand j'ai pris, pour la première fois, ma carte du Parti québécois, je savais, comme vous tous, que je devenais membre d'un parti pas comme les autres. Mais vraiment pas comme les autres », a débuté M. Lisée, dans son discours vendredi soir.

LA PRESSE CANADIENNE

« Des gens venus des régions, de Montréal, de Québec, venus du travail de la terre, de l'usine, de l'enseignement ou des soins, des gens qui penchent à gauche, à droite. Des gens plantés au centre du centre ou qui s'en fichent, l'important étant d'avancer vers le progrès et vers le pays. »

Puis, il s'est adressé aux citoyens tentés de choisir un autre parti que le sien, qui est présentement troisième dans les sondages, après le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec.

« Aux électeurs tentés par la CAQ, mon message est simple, a-t-il dit. Comparez correctement les solutions de la CAQ et les nôtres. Comparez et vous verrez que (...) les solutions du Parti québécois sont plus efficaces, plus réfléchies, plus solides. »

Le Parti libéral a besoin d'une longue cure d'opposition pour retrouver ses repères !

Il a été plus dur à l'endroit de Québec solidaire, qui a refusé une alliance électorale avec le PQ en vue de la prochaine élection. Tant que le mode de scrutin restera le même, « voter Solidaire, c'est aider un libéral ou un caquiste à l'emporter », selon M. Lisée.

Le chef du PQ a même tendu la main aux électeurs libéraux qui seraient déçus par les scandales et les fautes éthiques de leur parti. « Le Parti libéral a besoin d'une longue cure d'opposition pour retrouver ses repères ! »

Les anglophones du Québec n'ont pas été oubliés par le chef, dans son discours. « Il y a une chose dont vous pouvez être certain, a-t-il déclaré en anglais. Avec le Parti québécois, le vote anglo ne sera jamais pris pour acquis. »

Lisée insiste sur l'identité québécoise

M. Lisée a entrepris d'aborder les grands thèmes qui seront mis de l'avant par son parti jusqu'au prochain scrutin : l'environnement, la santé et l'identité – en insistant sur la « tension entre la vision canadienne des choses et la vision québécoise des choses ».

« On assiste depuis quelque temps à un procès permanent de la différence québécoise, a-t-il dit. Le mot "identité" est au banc des accusés. Alors même que le déclin du français se confirme, les propositions de défense du français sont considérées comme suspectes. »

« Même le défilé de la fête nationale a fait l'objet, cette année, d'une odieuse campagne de salissage, a-t-il renchéri. Il y a, sur fond de trudeauisme, une offensive pour culpabiliser l'élan national québécois, l'affaiblir, le rapetisser. »

Nous ne sommes pas référendistes tous les jours. Nous sommes indépendantistes tous les jours.

Son discours était également l'occasion de répondre aux critiques qui se demandent pourquoi il parle d'indépendance alors qu'il ne promet un référendum que lors d'un deuxième mandat. Le parti a lancé une série de capsules cette semaine pour promouvoir un Québec indépendant.

« Certains sont surpris de nous entendre parler d'indépendance à chaque occasion, puisque le référendum n'est pas imminent. Je leur dis : désurprenez-vous, a-t-il dit. Nous ne sommes pas référendistes tous les jours. Nous sommes indépendantistes tous les jours. »

M. Lisée saura samedi s'il obtient un meilleur score que ses prédécesseurs Bernard Landry en 2005 ou encore Lucien Bouchard en 1996 – qui avaient tous deux obtenu approximativement la confiance de 76% des militants.

Chose certaine, les belles-mères du Parti québécois ne seront pas loin pour voir le résultat. L'ancienne première ministre Pauline Marois et M. Landry ont assisté au discours, alors que l'ancien chef Pierre Karl Péladeau devrait faire un tour au courant de la fin de semaine.

Congrès national du Parti québécois