POLITIQUE

Marijuana: Ottawa réserve 274 M $ pour la sécurité publique et routière

Des patrouilleurs seront entre autres formés à déceler les signes de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue.

08/09/2017 15:19 EDT | Actualisé 08/09/2017 15:19 EDT
PC/Ron Ward

Le gouvernement fédéral réserve 274 millions $ pour assurer la sécurité publique sur les routes et aux frontières en prévision de la légalisation de la marijuana, en juillet prochain.

Ottawa consacrera 161 millions $ pour notamment former les patrouilleurs à déceler les signes de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue, et pour assurer l'accès à des appareils de détection. Une partie de cette somme sera aussi consacrée à l'élaboration de politiques, à la recherche et à des campagnes d'information sur les dangers de la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue.

Les provinces et territoires pourront puiser jusqu'à 81 millions $ de ces 161 millions $ au cours des cinq prochaines années.

Le gouvernement libéral allouera par ailleurs 113,5 millions $ sur cinq ans au ministère de la Sécurité publique, à la Gendarmerie royale du Canada et à l'Agence des services frontaliers pour élaborer des politiques, s'assurer que le crime organisé n'infiltrera pas le système légal et contrer le trafic de marijuana aux frontières.

Les libéraux souhaitent légaliser la marijuana à des fins récréatives d'ici juillet 2018, afin de retirer ce marché des mains du crime organisé et de protéger les mineurs. Le projet de loi C-46 a été envoyé pour étude en juin au Comité permanent de la justice et des droits de la personne des Communes. Les sommes annoncées vendredi par le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, ne seront pas disponibles avant que la loi ne soit adoptée.

En vertu du projet de loi, les policiers pourraient ordonner à un conducteur soupçonné d'avoir de la drogue dans son organisme de fournir un échantillon d'une substance corporelle pour analyse à l'aide du matériel de détection. Si ce test menait le policier à croire qu'une infraction a été commise, celui-ci pourrait confier le dossier à un «agent évaluateur» ou exiger une prise de sang.

Les appareils de détection portatifs peuvent déceler la présence récente de plusieurs drogues dans l'organisme, dont la marijuana, la cocaïne, les méthamphétamines, les opioïdes, les benzodiazépines et les amphétamines.

Le ministère des Finances amorcera bientôt ses consultations sur une proposition de régime fiscal pour la marijuana, a aussi indiqué le gouvernement vendredi. Les fonctionnaires colligent actuellement des données concernant les tarifs du pot dans la rue et la fréquence de consommation, afin de déterminer un prix et un taux de taxation équilibrés pour la marijuana légale — si le prix est trop élevé, les consommateurs risquent de revenir aux revendeurs du crime organisé.