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Premiers témoignages au procès pour le meurtre prémédité commis au Maxi

L'accusé avait poignardé une jeune employée à 14 reprises avec un couteau de chasse.

08/09/2017 16:19 EDT | Actualisé 08/09/2017 17:37 EDT
SPVM

Quelques jours après avoir été éconduit par la fille qu'il espérait séduire, Randy Tschilumba est venue la revoir au magasin Maxi de l'est de Montréal où elle travaillait et l'a poignardée à 14 reprises, a soutenu la Couronne, vendredi.

Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 21 ans, a poignardé Clémence Beaulieu-Patry, âgée de 20 ans, dans le cou, le dos et le ventre avec un couteau de chasse qu'il avait apporté au Maxi, a soutenu la procureure Catherine Perreault à l'ouverture du procès pour meurtre prémédité. L'accusé s'est ensuite caché dans les toilettes pour dames d'un café Tim Hortons tout près, a indiqué la procureure au jury de sept hommes et cinq femmes, dans sa déclaration préliminaire.

Selon la Couronne, il semble que l'accusé et la victime avaient fréquenté la même école secondaire pendant quatre ans mais ne se connaissaient pas vraiment. Le jeune homme se serait rendu au Maxi à trois reprises au cours des semaines précédant le meurtre, et il aurait parlé avec la victime une fois: il l'a alors invitée à sortir, lui a demandé de lui confier son numéro de téléphone et de l'ajouter à sa liste d'amis Facebook, a soutenu la Couronne vendredi.

La jeune femme a refusé ses avances et moins d'une semaine plus tard, le 10 avril 2016, elle a été brutalement assassinée sur son lieu de travail, a soutenu Me Perreault vendredi.

La procureure a l'intention de démontrer au procès que l'accusé n'est sorti des toilettes du Tim Hortons qu'aux petites heures le lendemain matin, qu'il s'est rendu en transports en commun à son collège et qu'il a caché le couteau et ses vêtements dans son casier.

Selon la Couronne, il aurait ensuite passé la journée à texter avec des amis et à s'enquérir sur internet du meurtre, mais aussi des façons de se débarrasser d'une preuve incriminante et de l'arme du crime, ou de nettoyer les taches de sang. Me Perreault a soutenu que Randy Tschilumba s'efforçait alors de commettre "le meurtre parfait".

Des témoins oculaires

Des dizaines de clients et d'autres employés se trouvaient au Maxi au moment du drame, dont Pascale Nadège-Joseph, qui faisait ses courses avec son mari et sa fillette de quatre ans.

Au rayon des vêtements, elle a cru assister d'abord à une chicane de couple, a-t-elle raconté vendredi aux jurés. La victime se débattait alors que l'accusé avait mis ses bras autour de son cou. Le témoin a ensuite vu s'élever le bras de l'accusé, puis la réflexion de ce qui semblait être la lame d'une machette. Elle se souvient avoir crié: "il est en train de la tuer!".

Son mari, Jean-William Lahens, a raconté vendredi, encore ébranlé, qu'il a aussitôt accouru lorsqu'il a entendu sa femme crier. Il soutient qu'il a interpellé l'accusé et l'a pourchassé, sans succès. Il est ensuite venu s'agenouiller au chevet de la victime et, en lui tenant la tête et la main, l'a implorée de demeurer consciente, a-t-il raconté, les larmes aux yeux.

Un peu plus tôt vendredi, les deux meilleures amies de Clémence Beaulieu-Patry sont venues témoigner que la victime et l'accusé n'étaient pas des amis.

Le procès, présidé par la juge Hélène Di Salvo, de la Cour supérieure, doit durer cinq semaines.