POLITIQUE

Jean-François Lisée propose de mieux enseigner l'anglais au cégep francophone

Le chef du PQ maintient donc sa position sur la question de l'accès au cégep anglophone en refusant d'étendre l'application de la loi 101 au cégep.

08/09/2017 13:39 EDT | Actualisé 08/09/2017 13:40 EDT

Les cégeps francophones doivent faire une meilleure place à l'enseignement de l'anglais, selon le chef péquiste Jean-François Lisée.

C'est là le meilleur moyen de freiner l'exode des jeunes francophones et allophones vers les collèges de langue anglaise, à son avis.

M. Lisée maintient donc sa position sur la question controversée de l'accès au cégep anglophone: il refuse d'étendre l'application de la loi 101 au cégep.

Il cherchera à faire entériner sa position par les membres du Parti québécois (PQ), réunis en congrès tout le week-end à Montréal.

Cette question sera au coeur des débats.

M. Lisée fait le pari que son parti jugera comme lui qu'en offrant un meilleur enseignement de l'anglais au cégep francophone, les étudiants francophones et allophones seront moins attirés par un éventuel transfert vers les collèges de langue anglaise.

Malgré les pressions d'une partie de ses membres, qui craignent l'anglicisation accélérée des jeunes Québécois, M. Lisée refuse donc d'interdire aux jeunes francophones et allophones de fréquenter le cégep anglophone.

En point de presse, vendredi matin, à son arrivée au Palais des congrès, M. Lisée a réaffirmé que les cégépiens sont de jeunes adultes et qu'ils devraient de ce fait pouvoir étudier dans la langue de leur choix, une position qui divise son parti depuis des années.

Le chef du PQ, un parti dont la moyenne d'âge est élevée, cherche ainsi à ne pas s'aliéner les jeunes souverainistes.

Pour ménager la chèvre et le chou, M. Lisée propose cependant d'offrir aux cégépiens qui fréquentent un établissement francophone de pouvoir faire une session dans un cégep anglophone pour parfaire leur anglais. L'accès à des cours d'anglais serait du même coup étendu dans les cégeps de langue française.

Sur un enjeu de tout temps délicat, voire explosif, au sein du mouvement souverainiste, M. Lisée a dit croire avoir trouvé le point d'équilibre, en adoptant une position de compromis, cherchant ainsi à éviter de braquer son aile plus radicale.

«On a pris une décision, c'est de ne pas avoir de confrontation», a-t-il indiqué.

Si les cégeps francophones offrent un meilleur enseignement de l'anglais, tout en ouvrant la porte à une session en anglais, ils deviendront plus attrayants tant pour les étudiants francophones de souche que les allophones, croit le chef péquiste, convaincu que ce sera suffisant pour freiner l'exode des francophones et allophones vers les établissements anglophones.

Il faut offrir aux jeunes «un vrai parcours pour apprendre l'anglais correctement» au cégep, selon lui.

Chaque année, le nombre d'inscriptions de ces derniers dans les cégeps de langue anglaise ne cesse de croître.

Le PQ est d'avis qu'en adoptant sa position, la fréquentation des cégeps anglophones diminuera «graduellement».

Autour du thème «Le chemin des victoires», le congrès, qui réunit quelque 2000 délégués et observateurs, vise à adopter le nouveau programme du PQ, à partir de la proposition présentée en janvier dernier par M. Lisée.