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Andrew Scheer dénonce la réforme fiscale proposée par les libéraux

Le gouvernement Trudeau «démonise» les petits entrepreneurs, selon lui.

08/09/2017 07:23 EDT | Actualisé 08/09/2017 07:24 EDT
John Woods/CP

Le chef conservateur Andrew Scheer soutient que le gouvernement libéral de Justin Trudeau «démonise» les petits entrepreneurs avec une réforme fiscale destinée essentiellement à renflouer ses coffres pendant qu'il dépense sans compter.

En amorçant la réunion présessionnelle de deux jours du caucus conservateur, jeudi à Winnipeg, M. Scheer s'en est pris vigoureusement au projet de réforme fiscale des libéraux, qui vise à abolir certains privilèges consentis aux propriétaires de petites entreprises et aux professionnels.

Il a prévenu ses troupes que ce dossier serait en tête de liste des débats parlementaires lors de la rentrée à Ottawa, le 18 septembre.

M. Scheer a soutenu que le premier ministre Trudeau fraye dans des milieux où l'évasion fiscale est répandue, alors que d'honnêtes plombiers et fermiers rencontrés par les conservateurs tentent simplement de créer des emplois et d'épargner pour leur famille.

Les libéraux veulent notamment empêcher des commerçants, des petits entrepreneurs et des professionnels — médecins, avocats — de se constituer en sociétés afin de payer moins d'impôts. Selon le ministère des Finances, le gouvernement se priverait ainsi de 250 millions $ par année en recettes fiscales.

Cette réforme, qui est fortement contestée dans les milieux touchés — et même au sein du caucus libéral —, tombe à point nommé pour les conservateurs, qui y trouveront un nouveau tremplin après l'élection de leur nouveau chef, en mai.

«Ces personnes travaillent fort, elles sont honnêtes, et elles sont démonisées par les politiques mal avisées de Justin Trudeau», a lancé M. Scheer, jeudi.

Omar Khadr et les demandeurs d'asile

Le chef conservateur a aussi évoqué le règlement de 10,5 millions $ versé par le gouvernement fédéral à Omar Khadr, et le dossier des demandeurs d'asile en provenance des États-Unis.

«Nous rencontrons des gens tout le temps qui nous disent qu'ils ont voté pour les libéraux et qui nous disent maintenant qu'ils regrettent de l'avoir fait. Pourquoi? Il y a le problème à la frontière (...) les milliers de personnes qui arrivent ici et demandent le statut de réfugié», a-t-il dit aux députés et sénateurs.

Mais le nouveau chef devra aussi maintenir l'unité du parti après une course à la direction qu'il a remportée au 13e tour de scrutin avec une fraction des voix.

Déjà, le candidat malheureux Brad Trost veut demander au tribunal de forcer le Parti conservateur à lui rembourser les 50 000 $ réclamés à son équipe pour avoir soi-disant transmis la liste des membres à l'Association canadienne des armes à feu. Le député de Saskatoon n'y voit pas une source de discorde au sein du parti et soutient que le cabinet de M. Scheer collabore avec lui dans cette affaire.

M. Trost est l'un des deux seuls députés conservateurs qui avaient été candidats dans la course à la direction du parti mais qui ne font pas partie du «cabinet fantôme» du nouveau chef. La deuxième est Kellie Leitch, qui n'a pas été aperçue jeudi à la réunion présessionnelle du caucus à Winnipeg.