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Alexandre Bissonnette faisait sans doute partie d'un réseau, selon un membre de la communauté musulmane

L'auteur présumé de la fusillade à la grande mosquée de Québec était de retour en cour.

08/09/2017 09:58 EDT | Actualisé 08/09/2017 17:28 EDT
Mathieu Belanger / Reuters

Alexandre Bissonnette, le présumé auteur de la fusillade de la grande mosquée de Québec, faisait sans doute partie d'un réseau, selon un membre de la communauté musulmane venu assister à la troisième comparution du prévenu au palais de justice de Québec, vendredi.

Boufeldja Benabdallah, vice-président du Centre culturel islamique, maintient que plusieurs incidents à caractère haineux sont survenus après l'attaque du 29 janvier, qui a fait six morts.

Entre autres, la voiture d'un membre influent de la communauté a été incendiée le 6 août dernier.

"Il faut que ça se termine. Il faut que cette personne ou son réseau soit démantelé, trouvé et qu'on puisse passer à autre chose", a déclaré M. Benabdallah.

"Ce n'est pas uniquement une personne; ce sont plusieurs personnes, a-t-il soutenu. La preuve, c'est qu'on a été injurié, attaqué, excréments, brûlage de la voiture du président, tête de cochon. Est-ce que je vous en rajoute d'autres? Donc, ça n'arrête pas. Il y a une connivence."

Cette "immensité d'intolérance de groupe qui n'arrête pas de viser les citoyens musulmans de Québec" doit cesser, a-t-il renchéri.

Bissonnette, rachitique, vêtu d'un chandail gris, s'est présenté devant le tribunal vendredi les cheveux ébouriffés et les traits tirés. Il a suivi les procédures le regard hagard, et a levé ses mains menottées à quelques reprises pour se gratter la tête.

Il est resté silencieux durant sa brève apparition.

M. Benabdallah a dit s'être senti "en colère" en apercevant Bissonnette dans le box des accusés, parce qu'il "est encore là".

Les familles des victimes sont fatiguées, tannées, et vivent difficilement leur deuil, a-t-il poursuivi. "On pensait qu'aujourd'hui le dépôt de la preuve serait complet."

Vendredi, des éléments de preuve supplémentaires ont été remis aux avocats de la défense, notamment l'ensemble de l'extraction informatique, a indiqué l'un des procureurs de la Couronne, Me Thomas Jacques. Mais la divulgation de la preuve n'est pas complétée.

Il reste encore à transmettre un élément "marginal" provenant du Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal, a-t-il affirmé.

Alexandre Bissonnette, âgé de 27 ans, est accusé du meurtre prémédité de six fidèles qui se trouvaient à la grande mosquée de Québec, le soir du 29 janvier dernier, où il se serait présenté armé sur les lieux. Il est aussi accusé de cinq autres chefs de tentative de meurtre.

Son avocat, Me Charles-Olivier Gosselin, a dit ne pas avoir encore formellement envisagé une éventuelle demande de remise en liberté.

Le juge Alain Morand a également entendu, vendredi, la requête de médias pour que certains documents soient rendus publics. Les médias désirent entre autres obtenir les déclarations sous serment de la police et les mandats de perquisition.

En mai, le juge avait fait part de ses préoccupations en lien avec l'arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, car toute la preuve n'a pas encore été divulguée.

L'arrêt Jordan prévoit des délais dans lesquels les procédures criminelles doivent être complétées. Dans un dossier comme celui de Bissonnette, en Cour supérieure, un délai maximal de 30 mois a été déterminé.

Le prévenu sera de retour devant le tribunal le 2 octobre prochain.

Des mesures de sécurité exceptionnelles seront toujours en vigueur à l'entrée de la salle, où chaque personne doit subir une fouille et passer au détecteur de métal.

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