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Une pétition pour retirer à Aung San Suu Kyi sa citoyenneté canadienne honoraire

Pétition lancée par un militant des droits de la personne.

07/09/2017 17:24 EDT | Actualisé 07/09/2017 17:24 EDT
Soe Zeya Tun / Reuters

Un homme de Gatineau a lancé une pétition pour demander au premier ministre Justin Trudeau de dépouiller la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi de son titre de citoyenne honoraire canadienne.

La pétition, mise en ligne tard lundi soir par Fareed Khan, qui se présente comme un militant des droits de la personne, avait recueilli près de 7000 signatures, jeudi en fin d'après-midi.

Selon l'instigateur de la démarche, Aung San Suu Kyi ne mérite plus ce titre honorifique compte tenu de son refus de dénoncer les exactions commises contre la minorité musulmane rohingya.

Les critiques sur le silence de la conseillère d'État de la République de l'Union du Myanmar (la Birmanie) se font de plus en plus vives depuis la reprise des violences dans l'ouest du pays.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué jeudi qu'environ 164 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh depuis le 25 août.

Dans un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, la dirigeante birmane a prévenu qu'il ne s'agissait là que de la «pointe d'un immense iceberg de désinformation».

Elle a soutenu que cette campagne, qui sert les intérêts de «terroristes», passait notamment par la publication de «fausses photos journalistiques» prises ailleurs dans le monde.

L'étoile de la lauréate du prix Nobel de la paix de 1991 a considérablement pâli en raison de son mutisme sur la situation de la minorité apatride des Rohingyas.

La dernière en lice à critiquer le silence d'Aung San Suu Kyi est une autre récipiendaire de cette distinction internationale, la jeune Malala.

En plus de faire partie du club sélect des lauréats du prix Nobel de la paix, les deux femmes font partie de la courte liste de six dignitaires qui détiennent la citoyenneté honoraire canadienne.

La dirigeante birmane l'a obtenue en 2007, alors qu'elle était toujours assignée à sa résidence de Yangon (Rangoun).

Or, compte tenu de son inaction face à la répression de la minorité rohingya, il faut maintenant la lui retirer, a plaidé Fareed Khan en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«Quand on lui a offert cet honneur, on a expliqué dans les discours en Chambre qu'elle incarnait les idéaux de démocratie, de liberté, de droits humains et de primauté du droit», a-t-il exposé.

«Il semble qu'elle a totalement abandonné ces idéaux», a fait valoir M. Khan.

Le gouvernement Trudeau n'avait pas réagi à la pétition, jeudi.

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