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Les chances de voir les «dreamers» venir au Canada sont minces

C'est peu probable, même si certains pourraient quand même essayer, selon Michèle Vatz-Laaroussi, professeure spécialisée en immigration au Québec et au Canada.

06/09/2017 16:13 EDT | Actualisé 06/09/2017 16:13 EDT

La fin annoncée du programme américain qui protégeait de la déportation des centaines de milliers de «dreamers» va-t-elle provoquer une autre vague de gens cherchant à entrer au Canada comme ce fut le cas cet été avec les Haïtiens résidant aux États-Unis? C'est peu probable, même si certains pourraient quand même essayer, évalue une professeure spécialisée en immigration au Québec et au Canada, Michèle Vatz-Laaroussi.

Depuis le début de l'été, quelques milliers de personnes en provenance des États-Unis ont demandé l'asile au Canada, après avoir franchi la frontière de façon irrégulière. Parmi eux, une majorité d'Haïtiens vivant en sol américain depuis quelques années, en vertu d'un statut de protection spécial. Celui-ci venait à échéance bientôt et ils ont tenté de trouver refuge au Canada plutôt que de risquer la déportation vers Haïti.

Les «dreamers», enfants arrivés aux États-Unis clandestinement avec leurs parents, bénéficient aussi d'une protection spéciale. Ils sont quelque 800 000.

Si celle-ci leur est bel et bien retirée, la professeure Vatz-Laaroussi de l'Université de Sherbrooke ne croit pas qu'ils vont cheminer en masse vers la frontière au nord.

D'abord, parce qu'il leur serait difficile de demander l'asile au Canada et de voir leur demande acceptée, croit-elle.

Pour obtenir un tel statut, une personne doit démontrer que sa vie est en danger ou qu'elle serait persécutée dans son pays. Or, beaucoup de ces jeunes «dreamers» sont nés au Mexique, un pays qui n'est pas en guerre.

Et puis, ils n'ont pas les mêmes liens avec le Québec qu'ont les Haïtiens. Ceux-ci sont nombreux à avoir de la famille au Québec et ils ont entendu parler de la province, avec laquelle ils partagent aussi la langue, a expliqué la professeure. Les jeunes «dreamers» sont nombreux à habiter au Texas, fort loin du Québec, avec lequel ils n'ont pas vraiment de réseau.

Le réflexe de se tourner vers le Québec et le Canada serait vraiment moins important, croit-elle.

Si certains sont inquiets et tentent leur chance quand même au Canada, la majorité va sûrement évaluer d'autres solutions, croit-elle.

La situation peut encore changer. Le Congrès a six mois pour trouver une solution législative, avant qu'elle ne cesse de renouveler les permis de ceux déjà couverts par le programme.

C'est l'ancien président Barack Obama qui avait adopté par décret le programme appelé «Deferred Action for Childhood Arrivals» (DACA), qui donnait un sursis aux jeunes sans-papiers grâce à un permis de travail renouvelable tous les deux ans.

Mardi, le procureur général Jeff Sessions a annoncé que l'administration Trump n'acceptera plus les demandes en vertu du DACA.

Le terme «dreamers» («rêveurs», en français) provient du nom d'un précédent projet de loi visant à accorder un statut légal aux jeunes migrants sans papiers, mais qui n'a jamais été approuvé par le Congrès.

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