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Washington promet «une réponse militaire massive» en cas de menaces de Pyongyang

La Corée du Nord a procédé à un sixième essai nucléaire.

03/09/2017 16:22 EDT | Actualisé 03/09/2017 16:50 EDT
Mike Theiler / Reuters

Le président américain Donald Trump a dénoncé dimanche l'essai nucléaire "hostile" mené par la Corée du Nord, le Pentagone haussant le ton et promettant une "réponse militaire massive" à Pyongyang en cas de menaces visant son territoire.

Peu après ce test d'une bombe à hydrogène d'une puissance sans précédent — "une réussite parfaite" selon la télévision publique nord-coréenne — le général Jim Mattis, secrétaire américain à la Défense, est monté en première ligne.

Depuis la Maison-Blanche, il a adressé une mise en garde solennelle au régime de Kim Jong-Un, tout en l'appelant à entendre les injonctions de la communauté internationale.

"Nous avons de nombreuses options militaires et le président voulait être informé sur chacune d'entre elles", a-t-il lancé à l'issue d'une réunion avec Donald Trump et son équipe de sécurité nationale.

"Toute menace visant les États-Unis ou ses territoires, y compris Guam, ou ses alliés, fera l'objet d'une réponse militaire massive", a-t-il ajouté, le général Joe Dunford, chef d'état-major inter-armées des États-Unis, debout à ses côtés.

M. Mattis a aussi précisé que les États-Unis ne cherchaient en aucune manière "l'anéantissement total" de la Corée du Nord et appelé cette dernière à prêter attention aux mises en garde du Conseil de sécurité de l'ONU.

Ce dernier, qui a d'ores et déjà infligé — en vain jusqu'ici — sept trains de sanctions à Pyongyang le contraindre à renoncer à ses ambitions nucléaires, se réunira lundi matin en urgence.

Quelques heures auparavant, le régime nord-coréen avait publié des photos montrant son dirigeant Kim Jong-Un en train d'inspecter ce qui était présenté comme une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) pouvant être installée sur le nouveau missile balistique intercontinental dont dispose le régime nord-coréen.

«Nous verrons»

Donald Trump, qui a dénoncé "des actions dangereuses pour les États-Unis", avait un plus tôt laissé planer le doute sur ses intentions. À un journaliste qui lui demandait à la sortie de l'église, en cette journée nationale de prière pour les victimes de la tempête Harvey, s'il envisageait une réponse militaire, le président américain a répondu: "Nous verrons".

"La Corée du Sud s'aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d'apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu'une chose!", a-t-il lancé sur Twitter à l'intention de son homologue sud-coréen Moon Jae-In, partisan d'un dialogue avec le régime de Kim Jong-Un.

Cette pique visant l'allié sud-coréen, sous la menace directe de son voisin du nord, a provoqué de vives réactions aux États-Unis. "L'heure n'est pas aux attaques contre nos alliés ou à de nouveaux tweets belliqueux", a estimé l'élu démocrate Adam Schiff.

Les experts estiment que l'option militaire contre le régime de Kim Jong-Un est extrêmement risquée, car elle pourrait provoquer une réaction en chaîne et un grave conflit régional.

Alors que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin évoquait de possibles nouvelles sanctions, le président américain a brandi la menace d'arrêter "tous les échanges commerciaux" avec "tout pays faisant des affaires avec la Corée du Nord".

Le locataire de la Maison-Blanche n'a donné aucune précision sur cette mise en garde qui apparaît impossible à appliquer à la lettre: la Chine, partenaire économique central des États-Unis, est destinataire de quelque 90 % des exportations nord-coréennes.

Les États-Unis ont également commencé à frapper de sanctions des entités chinoises et russes, qui ont des relations d'affaires avec la Corée du Nord. Mais l'exercice est politiquement délicat vis-à-vis de Pékin.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a condamné ce qu'il a qualifié d'acte "profondément déstabilisant".

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont également prôné des sanctions bilatérales de l'Union européenne en plus de celles qui pourraient être décidées à l'ONU.

Ordre manuscrit de Kim Jong-Un

Principal allié de Pyongyang, la Chine a "condamné vigoureusement" la nouvelle provocation de Pyongyang. Elle a également entrepris des contrôles de radiations nucléaires à sa frontière avec la Corée du Nord.

Les agences géologiques étrangères ont d'abord détecté dimanche une secousse sismique d'une magnitude de 6,3 près du principal site nord-coréen d'essais nucléaires, à Punggye-Ri dans le nord-est.

Pyongyang n'a jamais caché que ses programmes interdits avaient pour but de mettre au point des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

La télévision d'État nord-coréenne a diffusé une image de l'ordre manuscrit de Kim Jong-Un demandant que l'essai soit conduit ce 3 septembre à midi. M. Kim a souligné que "tous les composants de cette bombe H ont été fabriqués à 100 % nationalement", selon l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Selon des spécialistes sud-coréens, la puissance de la nouvelle secousse était cinq à six fois supérieure à celle du précédent essai de septembre 2016, d'une puissance de 10 kilotonnes.

Quelle que soit la puissance de la déflagration, Jeffrey Lewis, du site armscontrolwonk.com, a estimé qu'il s'agissait d'une arme thermonucléaire, ce qui constitue un progrès notoire dans les programmes nucléaire et balistique nord-coréens pourtant interdits.

Pour Koo Kab-Woo, spécialiste de la Corée du Nord à l'Université de Séoul, "la Corée du Nord continuera avec son programme d'armes nucléaires à moins que les États-Unis proposent des discussions".

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