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Donald Trump de retour au Texas à la rencontre des sinistrés

La tempête Harvey a fait au moins 42 morts et causé des dégâts estimés entre 30 et 100 milliards de dollars.

02/09/2017 08:50 EDT | Actualisé 02/09/2017 15:20 EDT

Poignées de main, selfies, enfants dans les bras: le président américain Donald Trump est allé samedi à Houston, au Texas, à la rencontre des rescapés de la tempête Harvey qui a semé la désolation dans cette immense ville portuaire de 2,3 millions d'habitants.

Accompagné de sa femme Melania, casquette "TEXAS" vissée sur la tête et chaussures de sport aux pieds, il a passé près de 45 minutes dans un centre de conférence de la ville aménagé pour accueillir des milliers de personnes ayant fui leur maison face à la montée des eaux.

Très à l'aise et tout sourire, le président septuagénaire, huit fois grand-père, s'est longuement assis pour discuter et jouer avec des enfants autour d'une table basse, avant de participer à une distribution de repas (hot-dog et chips).

"J'ai vu beaucoup de bonheur. Même si cela a été très dur, (la réaction) a été fantastique. Il y a beaucoup d'amour", a-t-il déclaré lors d'un bref échange avec les journalistes. "Les choses se passent bien, les gens apprécient ce qui a été fait".

"Nous signons beaucoup de documents pour que l'argent arrive à Houston", a-t-il ajouté, rappelant que son administration avait demandé au Congrès de débloquer près de 8 milliards de dollars en urgence après le passage de la tempête Harvey, qui a fait au moins 42 morts et causé des dégâts estimés entre 30 et 100 milliards de dollars.

Si le locataire de la Maison-Blanche s'était déjà rendu dans cet État du Sud en début de semaine, il était resté loin des zones les plus touchées.

Le retour du baseball

"Je pense qu'il était plus intéressé par les jouets", a lancé en riant Ima George, 42 ans, dont le fils de 4 ans était dans la zone des enfants lorsque Donald Trump s'y est arrêté.

Quatrième ville américaine, Houston a été durement frappée par les inondations, mais les signes de retour à la vie normale se multipliaient: rétablissement du courant, reprise des réseaux de transport en commun, vastes opérations de nettoyage en cours.

Symbole fort: l'équipe vedette locale de baseball, les Houston Astros, a annoncé qu'elle jouerait ses deux matchs prévus samedi contre les New York Mets.

Dans un des centres d'accueil de la ville, des "cheerleaders" de l'Université de Houston avaient fait le déplacement.

La tempête, au départ un ouragan de force 4 à son arrivée voilà une semaine, s'est maintenant largement dissipée, laissant la place à une "dépression tropicale" selon le Centre national des ouragans.

Selon la présidence américaine, qui a déclaré que dimanche serait "une journée nationale de prière", plus de 100 000 maisons sont endommagées, tandis que 43 500 personnes se trouvent dans des abris et 436 000 foyers ont présenté une demande d'aide.

"Déménager, changer d'État"

"Je n'ai jamais rien vu de tel durant les 37 années de ma vie", se lamentait Tobias James en inspectant vendredi les dégâts dans sa maison de Port Arthur. Cet employé d'une raffinerie se console de savoir tous ses proches vivants: deux jours auparavant, il avait été évacué par hélitreuillage avec sa femme et ses enfants.

Mais des dizaines de milliers d'habitants restent hébergés dans des centres d'accueil d'urgence. La lenteur de la décrue interdit tout retour chez eux. Et l'incertitude domine.

"Je n'ai aucune nouvelle de ma maison, j'attends toujours, la semaine a été angoissante", racontait April King, 35 ans, mère de trois enfants dont la maison à Cypress, au nord de Houston, a été lourdement endommagée.

"La prochaine étape est de trouver un hôtel", poursuivait la jeune femme en veste de survêtement verte, les cheveux retenus en palmier. La suite ? "Probablement déménager, changer d'État. Trop d'ouragans ici...".

À Rockport, au sud-ouest de la métropole de Houston, l'électricité demeurait coupée, des maisons penchées étaient promises à la destruction. D'autres n'étaient plus qu'un amas de débris.

Le retour à la normale prendra des années, a averti vendredi Greg Abbott, le gouverneur républicain du Texas.

"Les gens doivent comprendre que ce n'est pas un projet à court terme. Cela va être un programme sur des années pour que le Texas puisse émerger de cette catastrophe", a prévenu l'élu.

Un nouvel incendie s'est par ailleurs déclenché vendredi en fin de journée dans l'usine de produits chimiques d'Arkema. Au total, neuf conteneurs contenant quelque 225 tonnes de peroxyde organique sont sur le site. Le président d'Arkema États-Unis, Richard Rowe, a indiqué que de nouveaux incendies étaient inévitables et que ces conteneurs "devraient prendre feu dans les prochains jours".

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