POLITIQUE

Le Canada accueille des réfugiés homosexuels tchétchènes dans le plus grand secret

Grâce à un programme clandestin unique au monde.

01/09/2017 16:43 EDT | Actualisé 02/09/2017 13:17 EDT
Neil Hall / Reuters
Des manifestants déposent des fleurs sur un drapeau arc-en-ciel alors qu'ils manifestent pour les droits LGBT en Tchétchénie à l'extérieur de l'ambassade russe, à Londres. (REUTERS/Neil Hall)

Le Canada accueille depuis trois mois des réfugiés homosexuels tchétchènes dans le plus grand secret grâce à un programme clandestin unique au monde, révèle une enquête du Globe and Mail.

La stratégie a été gardée secrète pendant des mois au sein de l'appareil fédéral et parmi les organisations leur venaient en aide, pour ne pas nuire aux personnes qui tentent de quitter leur pays qui persécute les personnes de la communauté LGBT.

Kimahli Powell, directeur général de l'ONG Rainbow Railroad basée à Toronto, a indiqué dans un message vendredi sur sa page Facebook que son organisme avait pu aider 31 personnes LGBTQ à quitter la Russie et à bénéficier de l'asile au Canada. D'autres devraient arriver au Canada dans les prochains jours et les prochaines semaines.

« Nous avons travaillé avec le gouvernement canadien à un programme qui a permis l'entrée de Tchétchènes LGBTQ dans le pays », a-t-il précisé à la chaîne publique CBC, en soulignant que le gouvernement canadien avait joué un « rôle majeur ». Les autorités canadiennes n'avaient pas fait de commentaires sur l'annonce de Rainbow Railroad samedi matin.

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Le journaliste John Ibbitson a parlé à Hamzat (nom fictif), un jeune homme tchétchène dans la vingtaine qui vient d'arriver au Canada. Il raconte avoir été arrêté en mars, puis battu et torturé afin de dénoncer d'autres hommes gays. Il dit avoir menti à ses tortionnaires.

Hamzat a par la suite fui en Russie centrale, où un ami l'a mis en contact avec une organisation russe qui vient en aide aux personnes LGBT. Il a vécu dans un refuge, à l'instar de plusieurs de ses confrères qui craignent pour leur vie.

Ce printemps, le journal russe d'opposition Novaya Gazeta a révélé que la Tchétchénie, une république musulmane profondément conservatrice, kidnappait, torturait et assassinait des homosexuels. Le leader politique Ramzan Kadyrov continue de nier qu'il existe des homosexuels dans son pays.

« Nous n'avons pas ce genre de personnes ici. Nous n'avons pas de gays et s'il y en a, emmenez-les au Canada. Emmenez-les loin d'ici pour que nous n'en ayons pas chez nous, pour purifier le sang de notre peuple », a-t-il déclaré à la chaîne HBO Sport plus tôt cette année.

Pour lire l'article complet du Globe and Mail (en anglais), cliquez ici.

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