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La gardienne qui a laissé un bébé seul lors d'un incendie fait face à trois chefs d'accusation

Elle avait consommé du crack cette journée-là.

01/09/2017 10:42 EDT | Actualisé 01/09/2017 19:17 EDT

Josée Milot, la femme arrêtée jeudi pour avoir laissé un bébé sans surveillance dans un appartement qui a pris feu à Montréal, fait face à trois chefs d'accusation.

La femme de 49 ans a comparu pour la première fois vendredi après-midi devant la juge Mélanie Hébert de la Cour du Québec, au palais de justice de Montréal. Sa comparution s'est faite par visio-conférence depuis le centre de détention de Rivière-des-Prairies.

Celle qui agissait comme gardienne temporaire du bébé a été accusée d'abandon d'enfant, d'avoir omis de fournir les nécessités de la vie à l'enfant et de négligence criminelle causant un incendie.

Semblant nerveuse tout au long de sa comparution, elle a plaidé non coupable vendredi.

Le bébé d'environ un an n'a heureusement pas été blessé, grâce à l'intervention rapide de policiers qui se trouvaient à proximité, pour intervenir auprès d'un homme en détresse psychologique, barricadé chez lui.

La Couronne s'est opposée à sa remise en liberté "compte tenu de la gravité des infractions et compte tenu aussi que Mme Milot a plusieurs causes pendantes et de nombreux antécédents de bris de condition", a expliqué la procureure de la Couronne, Roxane Laporte.

Selon les premiers éléments d'enquête policière, elle avait mis quelque chose au feu sur la cuisinière et avait ensuite quitté le logement.

La dame a fait face dans le passé à plusieurs accusations criminelles, notamment pour des infractions liées aux drogues.

"C'est quelqu'un qui n'a pas eu un parcours facile, qui vient d'un milieu défavorisé et qui a des problèmes de consommation", a déclaré peu après sa comparution son avocat Antonio Cabral, qui la représente depuis environ 10 ans. La femme avait entrepris des thérapies à plus d'une reprise, a-t-il ajouté.

"Elle avait l'air un peu choquée par tous les événements qui se sont produits", a-t-il aussi confié, sans pouvoir en dire plus long sur son état.

Selon Me Cabral, elle pourrait écoper d'au moins cinq ans de prison uniquement pour l'accusation de négligence criminelle causant un incendie.

Lors du sauvetage du bébé, huit policiers ont été incommodés par la dense fumée dans l'immeuble en flammes et quatre d'entre eux ont dû être conduits à l'hôpital. Les agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) qui sont intervenus n'étaient munis d'aucun appareil respiratoire.

La mère de l'enfant a expliqué en entrevue à Cogeco Nouvelles qu'elle se trouvait en voyage de courte durée à Toronto.

Mme Milot sera de retour en cour mardi pour son enquête de remise en liberté. Elle demeure détenue dans l'intervalle.

Selon les colocataires de la dame, elle aurait consommé plus de crack qu'à l'habitude, elle qui en ferait usage presque quotidiennement.

Selon les informations de TVA Nouvelles, Josée Milot aurait laissé une casserole de maïs soufflé sur la cuisinière dans l'appartement de sa voisine où elle gardait la fillette. Elle aurait ensuite regagné son propre logement où elle se serait endormie.

En entrevue à Cogeco Nouvelles, la mère de l'enfant, Marie St-Amour, a expliqué qu'elle se trouvait en voyage de courte durée à Toronto.

«Ç'a toujours été une très bonne gardienne», a-t-elle dit au sujet de la suspecte.

Cette dernière lui a d'abord faussement indiqué que l'incendie s'était déclaré dans l'appartement au-dessus du sien, avant qu'elle n'apprenne la vérité.

«J'ai appris durant la soirée que c'était mon appartement qui avait pris feu parce qu'elle avait laissé quelque chose sur (la cuisinière)», a dit la mère.

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Au bon endroit au bon moment

Les policiers, qui venaient d'intervenir auprès d'un homme barricadé, se sont trouvés au bon endroit pour sauver la fillette d'un an d'une mort certaine, jeudi.

Ce sont les policiers du groupe d'intervention, appelés à intervenir auprès d'un homme en détresse psychologique à proximité, qui se sont précipités dans l'immeuble à logements en flammes en début de nuit.

Les agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), qui n'étaient munis d'aucun appareil respiratoire, sont entrés avec les extincteurs de service qui se trouvent dans leurs voitures.

«La porte était entrouverte, et le feu était vraiment très, très pris. Je suis entré et le feu roulait littéralement au plafond. J'ai vidé mon extincteur un peu partout, pour essayer de diminuer ou contrôler la propagation du feu, et derrière moi j'avais deux autres policiers avec des extincteurs. Le mien était vide, je suis sorti et il y en a un autre qui est entré» a relaté à La Presse canadienne le policier Hughes Thibault, disant que douze extincteurs ont été utilisés pour «larguer sur le feu dans la cuisine».

Pendant ce temps, à l'opposé dans l'appartement, des policiers essayaient d'entrer en rampant pour essayer d'avoir un peu d'oxygène.

«Après plusieurs tentatives, il y a un policier qui est parvenu à entrer dans une petite pièce où se trouvait un parc de bébé. L'enfant était couché près du sol - pas totalement exposé à la fumée -, ce qui pourrait expliquer qu'il ait survécu plus longtemps», a expliqué M. Thibault.

L'enfant dans la chambre au troisième étage était en détresse respiratoire.

La fillette, qui venait de fêter son premier anniversaire, a été transportée d'urgence à l'hôpital et s'en est tirée saine et sauve.

«Si nous avions été plus loin dans le secteur, l'enfant n'aurait pas survécu, c'était une question de minutes», a dit croire le policier.

Huit policiers ont été incommodés par la dense fumée qui circulait dans l'immeuble en flammes; quatre d'entre eux ont dû être conduits à l'hôpital et ont obtenu leur congé après quelques heures.

Les policiers ont aussi défoncé des portes pour procéder à l'évacuation d'une trentaine de personnes. «On a défoncé des portes pour dire aux gens de sortir, alors qu'il était aux alentours de 00h45. Ce qui est déplorable, là-dedans, c'est que la plupart des appartements n'avaient aucun détecteur de fumée», a indiqué M. Thibault.

D'autres policiers ont ensuite procédé à l'arrestation de la gardienne de l'enfant.