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TVA Sports loin de la rentabilité, contrairement à RDS, qui accroît ses profits

Groupe TVA vise la rentabilité d'ici 2020.

31/08/2017 15:25 EDT | Actualisé 31/08/2017 16:38 EDT
Francois Laplante/FreestylePhoto via Getty Images

Après une deuxième année comme diffuseur officiel francophone de la Ligue nationale de hockey (LNH), TVA Sports demeurait encore loin des profits en 2016, même si la chaîne sportive été en mesure de réduire sa perte.

Pour la période terminée le 31 août 2016, sa perte nette avant impôts s'est chiffrée à 33,1 millions $, en baisse de 15,5 pour cent, d'après des données dévoilées jeudi par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Le chiffre d'affaires de TVA Sports a également légèrement décliné de 0,2 pour cent, à 81,6 millions $, en 2016, année où le Canadien de Montréal a raté les séries éliminatoires. Les revenus de publicité nationale ont entre autres plongé de 27 pour cent, à 15,4 millions $.

Son nombre d'abonnés a aussi affiché une décroissance d'une année

à l'autre, passant d'environ 2 millions à 1,8 million, indiquent les chiffres de l'organisme fédéral.

La vice-présidente aux communications du Groupe TVA, Véronique Mercier, a tempéré la performance de TVA Sports en affirmant que les données du CRTC dataient déjà d'un an.

"La chaîne a parcouru beaucoup de chemin et connu d'excellents résultats, a-t-elle indiqué par courriel. L'amélioration de la chaîne est déjà en cours."

Le Groupe TVA (TSX:TVA.B) avait prévenu, dès le lancement de sa chaîne sportive, qu'il faudrait plusieurs années afin qu'elle sorte du rouge.

En mai dernier, lors de son assemblée annuelle, la direction de la filiale de Québecor Média avait réitéré que TVA Sports demeurait sur la "bonne voie" pour atteindre le seuil de la rentabilité en 2020.

"L'échéancier (...) n'a pas changé, a réitéré Mme Mercier. Tel que nous l'avons affirmé à maintes reprises, pour obtenir la profitabilité d'une chaîne sportive, il faut compter de cinq à sept ans. Tout ceci s'inscrit dans un contexte où nos redevances doivent refléter la juste valeur de la chaîne."

Depuis la saison 2014-2015, TVA Sports diffuse au moins 22 matchs nationaux de saison régulière du Tricolore (notamment les parties du samedi) en plus d'être le diffuseur officiel francophone des séries éliminatoires du circuit Bettman.

Avant de s'allier à Rogers pour conclure une entente de 12 ans totalisant 5,2 milliards $ avec la LNH, TVA Sports avait affiché des pertes annuelles oscillant autour de 19 millions $ en 2013 et 2014.

Québecor (TSX.QBR.B) avait indiqué en 2015 que la contribution de TVA Sports dans le cadre de l'entente avec la LNH était évaluée à près de 800 millions $, soit un montant annuel d'environ 65 millions $.

Remontée chez RDS

De son côté, même si le Réseau des sports (RDS) ne diffuse plus les matchs du Canadien en séries éliminatoires, la chaîne de Bell Média a tout de même vu son bénéfice net bondir de 38 pour cent, à 27,4 millions $.

Les données du CRTC font état de revenus totaux de 175 millions $, en progression de 7,68 pour cent, notamment en raison d'une augmentation de 14 millions $ des recettes tirées des abonnements résidentiels.

La fin du monopole de la diffusion des matchs du Canadien avait plombé les profits de RDS en 2014-2015, qui avaient presque chuté de moitié, à 19,3 millions $. La chaîne de Bell Média diffuse une soixantaine de parties du Tricolore en saison régulière grâce à son entente pour les droits régionaux.

Par ailleurs, le déclin de l'effectif s'est poursuivi pour une cinquième année de suite chez RDS, qui comptait 176 employés le 31 août 2016, soit 60 de moins par rapport à la même période l'année précédente. La masse salariale du réseau a fléchi 25 pour cent, à 13,4 millions $.

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