POLITIQUE

Jane Philpott veut rapatrier dans son ministère la santé des Autochtones

«Les services de soins de santé sont intimement liés à d'autres facteurs sociaux et plusieurs autres enjeux qui seront regroupés dans un même portefeuille», explique la ministre.

31/08/2017 18:59 EDT | Actualisé 31/08/2017 19:04 EDT

La titulaire du tout nouveau portefeuille des Services aux Autochtones, Jane Philpott, souligne que son nouveau ministère pourrait éventuellement rapatrier les soins de santé des Premières Nations et des Inuits, actuellement sous la supervision de Santé Canada, son ancien portefeuille.

Mme Philpott rappelle que dès 1996, la Commission royale sur les peuples autochtones avait recommandé qu'un nouveau ministère rapatrie la santé et délègue petit à petit aux Autochtones les compétences fédérales sur la fourniture des divers services.

Lors d'un remaniement ministériel, lundi, le premier ministre Justin Trudeau a scindé le ministère des Affaires autochtones et du Nord: Carolyn Bennett, qui occupait ce poste jusque-là, devient ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, alors que l'ex-ministre de la Santé, Jane Philpott, s'occupera spécifiquement des Services aux Autochtones.

«La structure proposée par la commission (royale) est assez semblable à l'approche que nous adoptons: tous les services de soins de santé devraient être chapeautés par un nouveau ministère (...) jusqu'à ce que des gouvernements autonomes ou des communautés autochtones soient prêts, disposés et capables de prendre la relève», a soutenu Mme Philpott dans une entrevue accordée à La Presse canadienne.

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La ministre qualifie de «séparation artificielle» l'approche actuelle du gouvernement fédéral, qui prévoit que les soins de santé et les autres services sociaux pour les Autochtones soient offerts par des ministères distincts. «Les services de soins de santé sont intimement liés à d'autres facteurs sociaux, comme l'éducation, les services de garde et plusieurs autres enjeux qui seront regroupés dans un même portefeuille», a expliqué Mme Philpott. «D'une certaine façon, ma tâche immédiate consistera à réparer les injustices et tout ce qui ne fonctionne pas (...), mais ce ministère ne devrait pas être éternel.»

La ministre Philpott a cité en exemple l'entente conclue récemment entre Ottawa, l'Ontario et la Première Nation nishnawbe-aski, qui vise notamment à remettre à la communauté le contrôle des services sociaux et des services de soins de santé. Le grand chef de cette nation, Alvin Fiddler, se réjouit de la création du nouveau ministère, et espère que cela se traduira par de nouvelles façons de faire à Ottawa. «Nous devons abolir le système actuel et créer un nouveau système qui répondra enfin aux besoins des communautés», a-t-il soutenu.

Le docteur Alika Lafontaine, ex-président de l'Association des médecins autochtones du Canada, estime que le gouvernement Trudeau et la ministre Philpott doivent saisir l'occasion historique qui s'offre à eux de réparer les injustices systémiques en matière de soins de santé aux Autochtones.

Mme Philpott est bien consciente de l'«occasion unique» que lui offrent son nouveau ministère et le premier ministre. «Notre gouvernement doit maintenant écouter attentivement les conseils judicieux de ceux qui réfléchissent à ces questions depuis très longtemps, sur ce qui risque d'être des changements fondamentaux.»

Le député néo-démocrate du nord de l'Ontario Charlie Angus, candidat dans la course à la direction du parti, estime qu'il faudra plus que changer de guichet pour offrir des services décents aux Autochtones.

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