POLITIQUE

Il est temps d'adhérer au «bouclier antimissile», croit le Parti conservateur

Il a fait remarquer que le Canada faisait face, pour la première fois depuis la guerre froide, à une menace crédible.

31/08/2017 19:48 EDT | Actualisé 31/08/2017 19:57 EDT
THE CANADIAN PRESS

Le temps est venu pour le Canada d'envisager sérieusement d'adhérer au controversé système de défense antimissile balistique des États-Unis, a déclaré le nouveau porte-parole du Parti conservateur en matière d'affaires étrangères.

La Corée du Nord a augmenté ses capacités balistiques. Le fait que ses missiles aient le potentiel d'atteindre l'Amérique du Nord change la donne, a souligné Erin O'Toole dans une interview réalisée jeudi.

Il a fait remarquer que le Canada faisait face, pour la première fois depuis la guerre froide, à une menace crédible. En refusant d'adhérer au système américain de défense antimissile, le premier ministre Justin Trudeau fait preuve de naïveté, a déploré M. O'Toole.

Le député de Durham, en Ontario, exhorte le gouvernement fédéral à soulever la question lorsque le Canada et les États-Unis entameront les discussions en vue d'actualiser le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad).

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La question de la participation du Canada à l'Initiative de défense stratégique (IDS) — aussi connue sous le nom de «guerre des étoiles» — soulève les passions depuis des décennies. Un gouvernement libéral minoritaire avait décidé de ne pas adhérer à l'IDS en 2005, en raison notamment de la forte opposition au Québec. Les conservateurs, même s'ils ont été au pouvoir pendant près de 10 ans, ont évité de ramener le sujet sur le tapis.

Les membres du caucus conservateur ont refusé de définir une position sur la défense antimissile lorsque le comité parlementaire sur la défense a tenu la semaine dernière une réunion d'urgence sur la Corée du Nord.

Au moins deux députés libéraux ont affirmé que le Canada devait songer à adhérer à l'IDS. Leur suggestion a reçu une fin de non-recevoir du premier ministre Justin Trudeau, qui a affirmé que le gouvernement ne changerait pas d'idée à ce sujet.

Le député de Scarborough—Guildwood, en Ontario, John McKay, a souligné jeudi que le refus du Canada datait d'il y a 12 ans. «Il se fondait sur une série de faits surgissant d'un certain environnement politique. La menace a évolué de façon importante. L'environnement politique a également évolué de façon importante», a-t-il dit.

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