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Pendant que l'avion était cloué au sol, des employés d'Air Transat prenaient des égoportraits

Un passager avait appelé le 911 pour dénouer la crise.

30/08/2017 11:10 EDT | Actualisé 30/08/2017 13:51 EDT

Des employés d'Air Transat ont pris des égoportraits devant l'un des deux avions qui étaient demeurés cloués au sol durant des heures à l'aéroport d'Ottawa le 31 juillet, selon la première personne à témoigner lors du début des audiences sur cet incident mercredi.

Marie-Hélène Tremblay était à bord du vol TS507 en provenance de Rome en compagnie de son conjoint et de leur bébé de 13 mois. Des orages avaient forcé l'avion, qui devait atterrir à Montréal, à se poser à Ottawa.

"Tous les passagers étaient découragés et eux trouvaient la situation un peu cocasse", a-t-elle relaté.

Des passagers de deux vols d'Air Transat ont attendu six heures dans le premier avion et près de cinq heures dans le deuxième appareil.

Marie-Hélène Tremblay, qui s'était fait voler ses bagages durant son voyage, commençait à manquer de lait en poudre pour son bébé. Elle a demandé aux agents de bord si elle pouvait quitter l'avion avec sa famille pour retourner à Montréal par ses propres moyens, ce qu'ils ont refusé.

Aucun passager n'était autorisé à quitter l'appareil. Les agents de bord lui ont plutôt offert de faire livrer du lait en poudre à l'avion si la situation devenait urgente. Ceux-ci étaient généralement courtois, à l'exception d'un employé, mais semblaient toutefois prendre la situation à la légère.

Les deux autres témoins, Patricia et Alan Abraham, ont rapporté que la climatisation était fermée dans l'avion tout au long de leur attente et que les mauvaises odeurs s'accumulaient à l'arrière de la cabine.

Il restait peu de nourriture à bord, quelques sacs de croustilles et barres de chocolat qui ont été distribués aux passagers de première classe, et presque plus d'eau.

"Je me suis senti comme si j'étais un bagage, a affirmé Alan Abraham. Ils voulaient nous transporter à Montréal coûte que coûte."

Les passagers de ce vol n'ont obtenu aucun dédommagement, contrairement aux passagers du vol TS157 en provenance de Bruxelles dont l'un avait téléphoné au 911 après six heures d'attente pour avoir du secours.

"Il n'y avait pas d'air dans l'avion, il faisait chaud, on n'a pas reçu la nourriture et les rafraîchissements dans des proportions qui étaient suffisantes, les gens étaient malades, ils ont refusé d'ouvrir la porte tout le long qu'on était dans l'avion, je pense que la moindre des choses, c'est de recevoir un dédommagement pour tous les passagers dans l'avion", a souligné Marie-Hélène Tremblay à la fin de son témoignage.

Elle a suggéré que la compagnie aérienne prévoie assez de nourriture à bord pour les situations d'urgence, qu'elle améliore sa communication avec les passagers et, surtout, qu'elle reconnaisse ses torts.

La compagnie aérienne et l'aéroport d'Ottawa se sont mutuellement jeté le blâme au lendemain de l'incident.

Cette première journée d'audience se poursuit toute la journée. L'Office des transports du Canada déterminera si Air Transat a respecté ou non les termes du contrat qui la liait à ses passagers.

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