POLITIQUE

Le tireur aurait pu faire des dommages considérables lors de l'attentat au Métropolis

Un technicien est décédé le soir du 4 septembre 2012, tandis qu'un autre homme a été blessé.

29/08/2017 10:46 EDT | Actualisé 29/08/2017 10:46 EDT

Des témoins de l'attentat au Métropolis du 4 septembre 2012 reviennent sur l'événement à l'aube du triste 5e anniversaire...

- Yves Desgagnés, acteur et metteur en scène

L'animateur de la soirée électorale, Yves Desgagnés, garde un souvenir amer de cette expérience, pendant laquelle il aurait pu «se faire fusiller», étant dans les coulisses, situées tout près de la porte où l'assaillant a ouvert le feu. «Un enquêteur m'a révélé quelques mois plus tard que j'étais la prochaine cible. La balle a tué Denis Blanchette, mais comme j'étais près de la porte, j'étais la personne qui allait mourir si son fusil ne s'était pas enrayé», a-t-il relaté en entrevue téléphonique.

Le metteur en scène a témoigné du chaos qui régnait au Métropolis lorsque les événements ont commencé à s'enchaîner «à la vitesse de l'éclair». «Il y a quelqu'un qui a crié que quelqu'un était tombé dans les escaliers à deux mètres de moi, on a aidé cette personne à rentrer à l'intérieur, et c'était Dave Courage qui était ensanglanté», a-t-il raconté. «Pendant ce temps, on apprend qu'une autre (personne) était tombée dans les escaliers, on apprendra plus tard que c'était Denis Blanchette qui venait de mourir. Tout ça, ça s'est passé en quelques secondes», a-t-il ajouté. M. Desgagnés dit avoir craint que l'incendie qui avait été allumé à l'arrière de l'édifice «vétuste» se propage rapidement dans un Métropolis plein à craquer. «Je me suis dit: c'est une boîte d'allumettes.»

L'animateur trouvait d'ailleurs que la sécurité autour de Mme Marois était plutôt «bancale». «Il y avait des imprécisions, il y avait des gardes du corps qui changeaient, il y en avait des nouveaux, une partie était à l'extérieur en train de fumer des cigarettes, d'autres étaient à l'intérieur. Il me semblait que ce n'était pas très clair.»

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- Martin Bouffard, caméraman de Radio-Canada

Lors de la soirée électorale, Martin Bouffard était responsable de tourner des images à l'entrée de la première ministre Marois. Satisfait de ce qu'il avait capté à l'arrivée de Mme Marois, il a décidé de rester jusqu'à la fin pour filmer également sa sortie. Le caméraman attendait dans un camion en face du Métropolis lorsqu'il a entendu une détonation. «Au même moment, il y a des jeunes qui se mettent à courir de cette petite rue-là, et à l'avant, il y a des policiers de la Sûreté du Québec qui se sont mis à courir vers l'arrière avec des (fusils)», a-t-il raconté.

M. Bouffard ne se pose pas de question et se dirige rapidement vers l'arrière du Métropolis, où l'entrée des artistes est en train de brûler. Les policiers ont crié peu de temps après: «On l'a.» Le suspect est alors maîtrisé au sol et les policiers découvrent un pistolet et une arme longue. Le caméraman pensait qu'il s'agissait seulement d'un incendie, il a appris après qu'il y avait eu un mort et un blessé grave. «Quand l'ambulance est arrivée, il n'y avait pas d'état de panique. Je n'ai jamais vu Dave (Courage) partir dans l'ambulance», a-t-il expliqué.

M. Bouffard s'est souvenu que le Métropolis était ce soir-là particulièrement plein et que si un tireur avait pénétré à l'intérieur, il aurait pu faire des dommages considérables. «Si je me replace dans le moment où Mme Marois arrive avec sa garde rapprochée, il y a des moments où mes pieds ne touchaient plus au sol tellement on était les uns sur les autres», a-t-il dit. «Tu mets un coucou là-dedans, puis le party est fini.»

* La Sûreté du Québec a refusé d'accorder une entrevue à La Presse canadienne, évoquant des raisons de sécurité.

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