POLITIQUE

Trump permet aux policiers de se munir d'équipement militaire

Les services de police locaux aux États-Unis auront maintenant accès à des lance-grenades, à des armes de haut calibre et à d'autres équipements militaires.

28/08/2017 19:36 EDT | Actualisé 28/08/2017 19:36 EDT

Les services de police locaux aux États-Unis auront maintenant accès à des lance-grenades, à des armes de haut calibre et à d'autres équipements militaires. Le président Donald Trump a signé un décret, lundi, pour remettre en place un programme du Pentagone qui, selon des groupes de défense des droits civiques, suscite des tensions entre les policiers et les communautés.

L'ex-président Barack Obama avait considérablement restreint le programme en 2015, alors que plusieurs contestaient l'intervention musclée des policiers à un moment où plusieurs Afro-Américains étaient tombés sous les balles de la police.

L'administration Trump martèle que le programme est nécessaire pour protéger la sécurité du public et qu'une telle mesure démontre la confiance que porte le gouvernement envers la police.

La relance du programme permettra aux policiers de se munir «d'un équipement salvateur» afin d'accomplir leur travail, a déclaré le procureur général Jeff Sessions devant un public enthousiaste à la convention nationale du Fraternal Order of Police, une organisation de policiers qui avait appuyé la candidature de Donald Trump à la présidence.

M. Sessions estime que les restrictions imposées par l'administration Obama allaient trop loin.

Il a affirmé devant les policiers réunis à Nashville, au Tennessee, que le gouvernement actuel «n'allait pas placer des inquiétudes superficielles au-dessus de la sécurité du public».

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Lutte contre la criminalité

M. Trump respecte ainsi l'un de ses engagements de campagne. Le candidat républicain avait promis d'appuyer les policiers qui, selon lui, sont confrontés à une hausse de la criminalité.

Le président américain, qui fait face à un barrage de critiques depuis quelques semaines, a multiplié les mesures dernièrement pour plaire à sa base. La semaine dernière, il a gracié l'ancien shérif controversé de l'Arizona Joe Arpaio, qui avait été reconnu coupable d'outrage au tribunal pour avoir refusé de mettre fin aux contrôles routiers qui visaient les Latino-Américains.

Depuis son arrivée au département de la Justice, M. Sessions a adopté plusieurs mesures sévères pour lutter contre la criminalité.

Les groupes de défense des libertés civiles et certains élus ont accusé l'administration Trump de militariser la police et de contribuer par le fait même à alimenter les tensions entre les forces de l'ordre et les communautés.

Le sénateur républicain Rand Paul a parlé d'un «élargissement dangereux» du pouvoir du gouvernement, alors qu'un autre républicain, le représentant Mark Sanford, a déclaré que le programme encourageait la police à utiliser plus d'équipement qu'elle n'en a réellement besoin.

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