POLITIQUE

Le Québec n'a pas à payer pour les «invités de Justin Trudeau», dit Jean-François Lisée

Le chef de l'opposition officielle a également rappelé que le Québec accueille 3000 à 4000 demandeurs d'asile,

28/08/2017 13:35 EDT | Actualisé 28/08/2017 17:34 EDT
Le devoir

QUÉBEC — Le Québec n'a pas à payer pour les «invités de Justin Trudeau», les milliers de demandeurs d'asile en provenance des États-Unis, a déclaré le chef péquiste Jean-François Lisée lundi.

Il a réclamé qu'Ottawa assume tous les coûts de cet afflux de migrants d'origine haïtienne aux frontières. Actuellement, le Québec paie pour les héberger, les nourrir, en plus de distribuer des chèques d'aide sociale.

En conférence de presse en matinée à Saint-Augustin, en banlieue de Québec, M. Lisée a rappelé que le premier ministre fédéral avait souhaité «welcome to Canada» (bienvenue au Canada) aux personnes persécutées de par le monde.

Donc, selon le chef péquiste, la situation actuelle est «le résultat des déclarations irresponsables» de Justin Trudeau.

«Il faut qu'ils (ces demandeurs d'asile) soient bien traités, ça c'est certain. Mais la question, c'est: combien ça va coûter et qui va payer? a demandé M. Lisée. Depuis quelques jours on essaie de savoir quelle sera la compensation fédérale pour ces invités de Justin Trudeau.»

Le chef de l'opposition officielle a également rappelé que le Québec accueille bon an mal an 3000 à 4000 demandeurs d'asile, mais qu'au-delà de ce seuil normal, Ottawa devrait payer la facture, les coûts d'hébergement temporaire, d'aide sociale, d'éducation, etc.

«Si j'étais premier ministre (du Québec), je commencerais à faire mes comptes (...), c'est au fédéral de payer ce que ça va coûter en plus et je n'entends pas M. Couillard dire ça.»

M. Lisée estime qu'il brise «un tabou» en soulevant cette question que beaucoup de gens se posent, selon lui: «L'argent qu'on va mettre là, on va le prendre où? Ça ne pousse pas dans les arbres, on vient de vivre trois ans d'austérité libérale très sévère.»

Distribution de chèques

Québec distribuera à compter de mercredi au Palais des congrès de Montréal les chèques d'aide sociale à environ 4000 demandeurs d'asile. Le montant minimal par personne est d'un peu plus de 600 $ par mois. Les prestataires seront ensuite invités à quitter le Stade olympique où environ 3000 sont hébergés temporairement.

Cette distribution de chèques devrait coûter environ 2,5 millions $ au Trésor québécois, et pourrait se répéter mois après mois. C'est le fédéral qui verra à traiter les demandes de statut de réfugié, ce qui pourrait prendre au moins six mois, selon les plus récentes informations. La moitié des demandeurs d'asile haïtiens accueillis au pays en 2016 ont été refusés.

À la fin du mois d'août, on rapportait une baisse de l'affluence dans les camps situés aux abords des frontières. De 250 par jour, on est passé à 59 en date de samedi dernier.

Depuis quelques semaines déjà, le débat fait rage au Québec concernant cet afflux que plusieurs ont qualifié de «crise». Ces demandeurs d'asile d'origine haïtienne avaient été accueillis temporairement par la précédente administration Obama à la suite du tremblement de terre de 2011, mais Washington pourrait bien ne pas renouveler leur statut de protection temporaire.

Les trois chefs de parti ont croisé le fer à de nombreuses reprises sur cet enjeu. Le chef caquiste François Legault avait d'abord affirmé que le Québec était devenu une passoire en appelant les autorités à refouler les «migrants illégaux». Le premier ministre Philippe Couillard l'avait pour sa part accusé d'exploiter le thème des «étrangers.

Jean-François Lisée avait quant à lui demandé aux premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau de suspendre l'entente sur les tiers pays sûrs conclue avec les États-Unis, tenus pour responsable de ce problème d'afflux hors des postes frontaliers.

En vertu de l'Entente sur les tiers pays sûrs, les réfugiés doivent demander l'asile au premier des deux pays où ils arrivent. Pour plusieurs migrants, il s'agit des États-Unis. S'ils essaient de se rendre ensuite au Canada par un poste frontalier, ils sont refoulés dans le premier pays où ils ont demandé l'asile. Mais s'ils franchissent la frontière de façon irrégulière, il est possible pour eux de demander le statut de réfugié au Canada.

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