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Omar Khadr demande d'annuler ses conditions de libération

Il souhaite entre autres avoir des contacts sans entrave avec sa controversée soeur aînée.

27/08/2017 13:53 EDT | Actualisé 27/08/2017 13:54 EDT

L'ancien détenu de Guantanamo, Omar Khadr, retournera en cour cette semaine pour demander d'annuler ses conditions de libération afin de lui permettre des contacts sans entrave avec sa controversée sœur aînée, une plus grande liberté de mouvement au Canada et un accès illimité à l'internet.

Pour justifier sa requête, M. Khadr souligne que les conditions qui lui avaient été imposées il y a deux ans étaient nécessaires dans le cadre d'un plan d'intégration graduel après qu'il eut passé 13 ans en prison aux États-Unis et au Canada.

Il n'y a eu aucun problème depuis sa libération et les différentes restrictions ont été revues plusieurs fois — la dernière fois, c'était en mai de l'année dernière, a-t-il rappelé.

En ce moment, M. Khadr peut seulement parler à sa sœur Zaynab si l'un de ses avocats ou un surveillant de liberté est présent. Cette condition n'est plus nécessaire, selon lui.

Dans sa déclaration sous serment, l'homme de 30 ans explique qu'il est maintenant un adulte et qu'il ne se laisserait pas «influencer négativement» par un membre de sa famille qui souhaiterait imposer ses opinions religieuses ou autres.

Zaynab Khadr, qui a récemment eu son quatrième enfant en Égypte selon les documents de cour consultés par La Presse canadienne, s'était fait arrêter en Turquie l'année dernière parce que son visa était expiré. Elle et son quatrième mari étaient ensuite déménagés en Malaisie, mais ils vivraient maintenant au Soudan et prévoiraient visiter le Canada.

«J'aimerais pouvoir passer du temps avec elle et le reste de notre famille lorsqu'elle sera ici. À ma connaissance, Zaynab n'est pas impliquée dans des activités criminelles et elle est fréquemment en contact avec l'ambassade canadienne pour s'assurer que ses documents soient à jour», soutient Omar Khadr.

Zaynab Khadr, âgée de 37 ans, est née à Ottawa. À un certain moment, il lui avait été impossible de se procurer un passeport parce qu'elle avait signalé l'avoir perdu à quelques reprises. La femme de 37 ans a aussi fait l'objet d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), mais elle n'avait fait face à aucune accusation.

Son troisième mari, Joshua Boyle, est apparemment encore tenu en otage par les talibans avec sa femme américaine et ses enfants en Afghanistan. En 2008, Mme Khadr avait entamé une grève de la faim à la colline du Parlement pour défendre son frère qui était détenu à Guantanamo Bay.

Il y a quelques années, elle et sa mère avaient provoqué la colère de plusieurs Canadiens en exprimant leurs opinions favorables au groupe Al-Qaïda. Omar Khadr a dit à La Presse canadienne qu'il ne jugeait pas bon de les dénoncer.

«Je n'excuse pas ce qu'elles ont dit. Je ne justifie pas ce qu'elles ont dit. Elles passaient à travers une période difficile, elles ont dit des choses parce qu'elles étaient en colère et frustrées», avait-il affirmé.

M. Khadr, qui s'est récemment marié, dit qu'il a été accepté dans un programme de sciences infirmières d'un collège à Red Deer, en Alberta. Il prévoit quitter son appartement d'Edmonton à la fin du mois de septembre pour se trouver un nouveau logis.

Autre requête sur les déplacements et internet

Dans une autre requête qu'un tribunal d'Edmonton étudiera jeudi prochain, M. Khadr demande à mettre fin à une condition qui l'oblige à informer son surveillant de libération de ses itinéraires de voyage en Alberta. Il voudrait aussi obtenir la permission de voyager à l'extérieur de la province — lui demander de rester au Canada suffirait, selon le document.

M. Khadr veut aussi que le tribunal lève les restrictions sur son accès aux ordinateurs et à l'internet.

En mai 2015, la juge de la Cour du banc de la reine en Alberta June Ross avait accordé la libération à M. Khadr en attendant l'appel de sa condamnation par une commission militaire américaine. Les démarches de son appel aux États-Unis n'ont pas avancé pour des circonstances hors de son contrôle et rien n'a changé depuis sa libération, est-il écrit dans le document.

M. Khadr s'est retrouvé au cœur d'une controverse politique le mois dernier alors que certains médias rapportaient que le gouvernement canadien lui avait versé une compensation de 10,5 millions $.

«Je veux devenir indépendant et mettre les affaires judiciaires derrière moi. Je suis un citoyen qui respecte les lois et je souhaite vivre libre de mes conditions», a-t-il écrit dans sa déclaration sous serment.

En juillet 2002, des soldats américains avaient capturé Omar Khadr, âgé de 15 ans, alors qu'il était gravement blessé après des combats féroces en Afghanistan qui ont mené à la mort d'un soldat américain.

M. Khadr a affirmé plus tard qu'il avait plaidé coupable du meurtre du soldat parce que c'était son seul moyen de quitter la prison américaine où il était détenu. Il est retourné au Canada en 2012 pour purger le reste de sa peine de huit ans.

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