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MUTEK: Kara-Lis Coverdale offrira un show unique dans la Satosphère de la SAT

La musicienne proposera du nouveau matériel lors de ce concert inédit.

26/08/2017 15:10 EDT | Actualisé 26/08/2017 15:10 EDT
Scott Pilgrim

Kara-Lis Coverdale proposera un spectacle singulier dans le cadre du festival de musique électronique MUTEK, dimanche soir. Cette artiste fort respectée, que l'on appelle aussi K-LC, mélange l'orgue, le piano et les claviers pour créer un alliage avant-gardiste avec la musique sacrée et les influences du post-postmodernisme : voix synthétiques, échantillonnages préenregistrés et outils numériques dernier cri. Entrevue.

En peu de temps, la jeune musicienne de 29 ans s'est forgé une excellente réputation dans le monde de la musique électronique. Née à Hamilton, Ontario, elle a décidé de s'établir à Montréal en 2010, afin de pouvoir évoluer dans un milieu qu'elle considère comme riche au plan artistique.

«Enrichie par une maîtrise en musicologie et composition ainsi que d'un amour inébranlable pour le hip-hop, le sampling et des sonorités new age renouvelées, la musique de Coverdale mobilise des sources sonores vocales et instrumentales traditionnelles et les utilise comme éléments constitutifs de rêves éveillés, permis au sein des libertés électroniques terrestres.»

Voici comment on décrit en partie le travail de Coverdale sur le site internet de MUTEK. Il faut surtout en retenir qu'elle a un parcours unique dont se dégage une musique intemporelle tout aussi originale que contemplative. Notons que l'émotivité est un puissant moteur.

Çà et là dans le monde, on reconnait de plus en plus la qualité de la démarche artistique de Coverdale, qui a fait paraître deux EP (Triptych I en 2012 et Grafts en 2017) ainsi que trois longs jeux (A 480 en 2014, Aftertouches en 2015, puis Sirens créé avec David Sutton alias LVX, en 2015) jusqu'à ce jour.

«Je suis investie dans une tournée qui dure depuis environ un an et demi, raconte la musicienne au bout du fil, en anglais. Une telle tournée, pour ma part, a demandé beaucoup de préparation. J'ai participé à une très grande variété d'événements musicaux. Je suis donc souvent partie, mais Montréal demeure ma base. Aujourd'hui, je commence à regarder vers l'avenir. Prochainement, je vais prendre une pause pour me ressourcer. Ensuite, je vais reprendre le collier. Je pourrai éventuellement me concentrer sur d'autres projets.»

Improvisation

Questionnée quant à sa propension à improviser durant ses spectacles, Kara-Lis Coverdale a répondu qu'elle ne pouvait visiblement échapper à cette manière de travailler, même après la multiplication de ses expériences scéniques.

«Que ce soit dans le cadre d'une performance acoustique ou d'un concert de musique électronique, il semble que j'aime rester flexible à l'environnement et au public.»

EDM et hip-hop

Autre caractéristique particulière du travail de Coverdale, la musique dansante (traduction libre et douteuse de l'auteur au sujet de la danse music) acquiert malgré les apparences une place significative dans le processus créatif de la musicienne : « C'est un sujet fort intéressant puisque la majorité des gens qui écoute de la musique électronique croit que c'est de la dance music. Pourtant, ce n'est pas le cas. En ce qui me concerne, je ne crois pas que la dance music soit primordiale dans mon travail, mais je m'en inspire.

«À vrai, je n'en écoute pas énormément. Toutefois, étant donné ma participation à de nombreux festivals qui propose notamment de l'EDM (electronic dance music), je pense qu'il existe une relation entre la musique dansante et mon travail, surtout dans une dimension écologique des sons. La force de ma musique ne provient pas ultimement d'une machine [mais d'une voix, d'un orgue ou d'un piano]. Cela dit, je comprends pourquoi on est tenté de créer des associations entre mon travail et la dance music

Autre genre musical d'importance : le hip-hop. Celui-ci serait une des raisons pour laquelle Coverdale s'est investie dans la musique électronique. «Au départ, j'ai même essayé de simuler les rythmes du rap avec des instruments acoustiques (dont le piano), en vain. C'est très difficile de reproduire les subtilités dans une boucle [produites par des machines], par exemple. Inconsciemment, mes efforts en production se sont déployés dans la musique électronique.»

Un show sur mesure

Il y a environ un an, l'équipe de MUTEK a demandé à Kara-Lis Coverdale de créer un spectacle spécifique pour son événement montréalais. Le concert devrait durer environ 40 minutes.

«Je mijote cette performance depuis longtemps. Tout ce que je vais proposer, dimanche soir, sera du nouveau matériel. Je me suis inspirée d'archives de divers organistes à Montréal. J'ai enregistré note par note ce que j'ai retenu pour mon spectacle.»

«J'ai aussi travaillé à partir de Vox Humana (un orgue au timbre particulier utilisé avec un tremblement), qui émule la voix humaine. Le rendu sera plus opaque, dans la mesure où parfois, le spectateur ne sera pas exactement d'où provient la source originale du son. Ça s'inscrit dans une démarche plus large qui consiste, depuis le début de ma carrière, à réfléchir sur les manipulations vocales que l'on effectue dans notre monde, particulièrement notre monde digital du XXIe siècle.»

Kara-Lis Coverdale - dimanche 27 août, 20h40 – dans la Satosphère de la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal

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