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L'ouragan Harvey laisse la destruction dans son sillage, avant les inondations

Plus de 293 000 clients étaient privés de courant sur la côte texane.

26/08/2017 08:21 EDT | Actualisé 26/08/2017 14:29 EDT

L'ouragan Harvey soufflait encore samedi sur le Texas déversant au passage des trombes d'eau qui font craindre des "inondations catastrophiques" au cours des prochains jours, et l'ampleur des dégâts commençait à apparaître sur le littoral.

"Des entreprises et des maisons ont été complètement détruites et, à coup sûr, un grand nombre de vies vont être perturbées de manière importante", a déclaré C.J. Wax, maire de la ville de Rockport, sur la chaîne de télévision MSNBC. "Nous subissons encore des vents et des pluies importantes", a-t-il ajouté.

C'est en catégorie 4 --sur une échelle de 5-- que le plus puissant ouragan à frapper les États-Unis depuis 2005 et le Texas depuis 1961 a accosté cet État du sud vendredi vers 22h (3h GMT samedi) entre Rockport et Port Aransas, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Corpus Christi.

Au moins dix personnes ont été blessées vendredi à Rockport, ville de 10 000 habitants, par la chute de toitures, de nombreux arbres ont été arrachés et des véhicules endommagés étaient visibles "partout", a dit à des médias locaux Kevin Carruth, un responsable municipal. Son aéroport a également beaucoup souffert.

M. Wax n'a pas de bilan humain faute d'avoir pu joindre les équipes de secours. Les routes sont "actuellement inondées et infranchissables", le réseau de téléphonie mobile et internet "très perturbés".

Sur CNN, il a décrit une "destruction étendue", évoquant la chute de murs, des "dégâts importants" au lycée. "Nous avons déjà subi un coup sévère avec la tempête mais nous en anticipons un autre avec les inondations qui vont arriver de l'intérieur des terres" où Harvey s'est ancré.

L'ouragan Harvey déferle sur le Texas

Totale destruction

En effet, les services météorologiques ont renouvelé leurs mises en garde samedi concernant des "pluies torrentielles" qui "vont s'abattre aujourd'hui et jusqu'à lundi avec des zones pluvieuses qui vont rester ancrées sur certaines régions". Ils anticipent de 38 à 88 cm d'accumulation par endroits d'ici mercredi.

Plusieurs comtés avaient déjà reçu samedi matin plus de 25 cm de pluie en 24 heures, selon un pointage à 14H17 GMT.

Le maire de Port Arensas Keith McMullin a affirmé à la télévision que les premières équipes de déblayage avaient atteint une partie de la ville "totalement détruite".

Le dernier bulletin du Centre national des ouragans (NHC) à 15H00 GMT montrait que la progression d'Harvey avait encore ralenti à seulement 4km/h, ce qui le rend d'autant plus dangereux, et que ses vents s'affaiblissaient davantage à 120 km/h. Il a été rétrogradé en catégorie 1 au petit matin.

Mais le danger est "encore bien réel. Historiquement, l'eau est davantage une menace pour la vie que le vent", a prévenu le National Weather Center (NWS). Entre 1963 et 2012, le vent n'a causé que 11% des décès survenus lors d'ouragans aux États unis côté Atlantique tandis que 82% l'ont été par l'eau (49% avec la montée de la mer, 27% par la pluie et 6% par les vagues).

La police de Corpus Christi a signalé "de nombreux débris sur les routes et des lignes électriques à terre. La plupart des feux tricolores ne fonctionnent pas", demandant la "patience" des habitants pour la laisser "sécuriser les choses avant votre retour".

Selon le gestionnaire d'électricité du Texas ERCOT, plus de 293 000 clients étaient privés de courant sur la côte texane. Dont près de 62 000 à Houston et sa banlieue.

Le maire de la plus grande ville texane Sylvester Turner a déclaré sur CNN qu'elle était "préparée" en termes d'équipements et d'abris. Plus d'une trentaine d'églises ont mis leurs locaux à disposition.

Le président Donald Trump a signé dès vendredi une déclaration de catastrophe naturelle. "Surveillance étroite de l'ouragan Harvey depuis Camp David. Nous ne laissons rien au hasard", a-t-il tweeté samedi matin.

Tempête «effrayante»

Des milliers d'habitants des régions côtières ont fui à l'intérieur des terres, souvent à San Antonio, à quelque 200 kilomètres, sous l'insistance des autorités et devant la peur de se retrouver sous l'eau.

"C'est la tempête la plus effrayante de toute ma vie", a commenté Cherylyn Boyd, qui a bravé les éléments en restant à Corpus Christi.

Mais ce n'est pas terminé.

"Les mêmes endroits vont recevoir la pluie pendant les prochains jours", a relevé samedi auprès de l'AFP Brian McNoldy, chercheur sur les ouragans à l'université de Miami. "C'est assez inhabituel" qu'un ouragan fasse du sur-place "peut-être pendant six jours".

Outre la pluie, Harvey a provoqué une montée des eaux pouvant atteindre jusqu'à quatre mètres dans certains secteurs.

Or la côte texane accueille près d'un tiers des capacités de raffinerie de pétrole des États-Unis et le Golfe du Mexique 20% de la production américaine.

Avant même l'arrivée de l'ouragan, 86 plateformes avaient été évacuées vendredi à la mi-journée (21,5% de la production quotidienne de brut et 23% de gaz) et de nombreuses installations à terre fermées.

Harvey a ravivé aux États-Unis le traumatisme de Katrina, qui a provoqué en 2005 une catastrophe humanitaire avec plus de plus de 1.800 morts et la destruction de quartiers entiers de La Nouvelle-Orléans (Louisiane).

À l'époque, le manque de préparation et les défaillances criantes de l'état fédéral avaient eu des conséquences dramatiques. Le président George W. Bush avait été accusé par beaucoup d'indifférence envers les habitants d'une région très défavorisée et majoritairement noire.

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