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L'ouragan Harvey arrive et pourrait être le pire depuis Katrina

L'ouragan passe en catégorie 4 sur une échelle de 5.

25/08/2017 09:13 EDT | Actualisé 25/08/2017 19:49 EDT

L'ouragan Harvey, qui fait planer sur la côte sud des États-Unis une menace inédite depuis une décennie, s'est encore renforcé vendredi soir juste avant de frapper de plein fouet Corpus Christi, première grande ville sur son passage, en cours d'évacuation pour éviter le pire.

Avec en tête le dramatique précédent de l'ouragan Katrina en 2005, qui avait fait plus de plus de 1800 morts, Donald Trump a assuré vendredi après-midi suivre "de près la trajectoire de l'ouragan Harvey", qui vient de passer en catégorie 4 sur une échelle de cinq et affiche des vents de 215 km/h.

"Soyez prudent", a demandé le président américain face à l'imminence des premiers vents violents et inondations qui vont s'abattre sur le Texas. La Maison-Blanche a confirmé le passage d'Harvey dans la catégorie d'"ouragan majeur", qui sera "sûrement dévastateur pendant plusieurs jours".

Selon le dernier bilan du centre américain des ouragans (NHC) publié à 23 h GMT, Harvey ne se trouve plus qu'à 70 kilomètres de Corpus Christi. Il se déplace à 8 km/h.

Les secours sont sur le pied de guerre dans cette cité de quelque 300 000 âmes où les autorités s'inquiètent pour les riverains qui entendent rester coûte que coûte chez eux, quitte à risquer leur vie. Les gardes-côtes américains ont déjà assuré avoir secouru douze personnes par les airs au large de cette ville qui donne sur le Golfe du Mexique et où 26 000 personnes sont déjà privées d'électricité, selon AEG Texas.

"Aussi loin que je me souvienne, je ne pense pas qu'il y ait eu quelque chose de ce genre" auparavant, a commenté pour l'AFP Brian McNoldy, chercheur sur les ouragans à l'université de Miami.

"Je ne me souviens pas d'un ouragan majeur qui fait du surplace et reste coincé, c'est une combinaison qui est très inquiétante", explique-t-il à propos d'Harvey, qui ne devrait en effet pas s'enfoncer très profondément dans les terres et ravager particulièrement la côte et menacer ses raffineries de pétrole.

Traumatisme Katrina

Face au "désastre majeur" qui se profile, le gouverneur du Texas Greg Abbott a déployé 1000 membres de la Garde nationale du Texas et demandé à Donald Trump de décréter l'état de catastrophe naturelle, afin de débloquer davantage de fonds fédéraux. Le président républicain n'a pas écarté cette possibilité.

Ce dernier, qui avait souhaité "bonne chance à tout le monde" avant de prendre l'avion pour Camp David, "va s'organiser pour se rendre au Texas en début de semaine prochaine", a par ailleurs assuré la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders.

Harvey a ravivé aux États-Unis le traumatisme de Katrina, ouragan qui avait dévasté La Nouvelle-Orléans et engendré une gravissime catastrophe humanitaire.

"Ne faites pas les mêmes erreurs qu'a faites Bush avec Katrina", a d'ailleurs supplié le sénateur républicain Chuck Grassley au président Trump. À l'époque, le manque de préparation et les failles criantes de l'état fédéral avaient eu des conséquences dramatiques. À cela s'ajoutaient les critiques envers l'ex-président George W. Bush, accusé par beaucoup d'indifférence envers le sort des habitants de la région très défavorisée et majoritairement noire.

En ce qui concerne Harvey, "ce qui m'inquiète, c'est de savoir si les habitants ont tenu compte ou pas des avertissements" et des demandes d'évacuation, a déclaré vendredi le responsable de l'Agence fédérale des situations d'urgence (Fema), Brock Long.

Plusieurs comtés et villes du Texas ont ordonné l'évacuation et d'autres, comme Corpus Christi, ont très fortement encouragé leurs habitants à le faire, provoquant des embouteillages monstres sur les autoroutes pour quitter le littoral.

En cas de décès

"Il y a toujours des personnes qui ne veulent pas partir. C'est leur choix. Il faut juste qu'elles comprennent (...) qu'elles seront toutes seules", a prévenu Matt Sebesta, un responsable du comté de Brazoria, près de Houston.

"Partez. Partez maintenant", a lui supplié le maire de la petite ville de Rockport, Patrick Rios. Si 60% de ses administrés sont partis, il a conseillé aux récalcitrants de "marquer au feutre indélébile leur numéro de Sécurité sociale sur leur bras", pour qu'ils puissent être identifiés en cas de décès.

Ceux qui ont décidé de rester ont construit des digues artisanales, faites de sacs de sable.

Michael Brennan, le responsable en chef des ouragans au NHC, a en effet expliqué redouter avant tout la "montée des eaux", pouvant atteindre de 1,8 à 3,7 mètres, sur la côte.

San Antonio, qui se situe à environ 200 kilomètres à l'intérieur du territoire, s'est également préparée pour Harvey.

La ville, centre d'évacuation fédéral depuis Katrina, compte de nombreux abris "prêts à être utilisés", ont expliqué les pompiers locaux.

Harvey devrait également avoir un impact sur le prix du pétrole côté, qui a terminé en légère hausse vendredi soir, le Texas étant un des principaux Etats pétroliers du pays.

"L'évacuation du personnel de certaines plateformes situées dans le Golfe du Mexique a déjà réduit la production de brut", a affirmé David Martin de JPMorgan.

Selon un relevé des autorités effectué à la mi-journée, environ 22% de la capacité de production de brut dans la région était suspendue.

Mais les riverains redoutent avant tout de perdre leur toit. Comme le déclarait une résidente de South Padre Island à la télévision, "il faut qu'on soit des voisins qui s'entraident"

Les catégories d'ouragans:

Catégorie 1: Vents entre 120 et 150 kilomètres/heure. Onde de tempête entre 1 et 1,5 mètre. Structures fragiles ou mal construites sont endommagées. Pannes électriques pouvant durer plusieurs jours.

Catégorie 2: Vents entre 155 et 175 kilomètres/heure. Onde de tempête entre 1,8 et 2,4 mètre(s). Dommages aux toits, portes et fenêtres de certains immeubles. Maisons mobiles sont lourdement endommagées. Des arbres sont déracinés et bloquent les routes. Pannes électriques pouvant durer plusieurs jours, voire quelques semaines.

Catégorie 3: Vents entre 180 et 210 kilomètres/heure. Onde de tempête entre 3 et 4 mètres. Dommages structuraux aux petites maisons. Des maisons mobiles sont détruites et des arbres imposants déracinés. Inondations jusqu'à 15 kilomètres des côtes. (Ouragan Katrina, en 2005).

Catégorie 4: Vents entre 210 et 250 kilomètres/heure. Onde de tempête entre 4 et 5 mètres. Les murs et les toits des petites maisons sont arrachés. Lourds dommages aux portes et aux fenêtres. Certaines maisons, notamment les maisons mobiles, sont entièrement détruites. Pannes électriques pouvant durer plusieurs semaines, voire des mois. Secteur inhabitable pendant des semaines ou des mois. (Ouragans Charley et Ivan, en 2004. Dommages totaux: 15 milliards $ US).

Catégorie 5: Vents de 250 kilomètres/heure et plus. Onde de tempête de plus de 5 mètres. Le toit des maisons et édifices commerciaux est arraché. Petits édifices et maisons mobiles anéantis. Dommages importants aux étages inférieurs de toutes les structures situées moins de 4,5 mètres au-dessus du niveau de la mer et à moins de 500 mètres des côtes. Évacuations à 15 kilomètres des côtes possiblement nécessaires. (Ouragan Andrews, 1992: 250 000 sans-abri, 55 morts, dommages de 20 milliards $ US).

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