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Salh el Karib, un nouveau suspect des attentats en Espagne, en liberté surveillée

L'enquête n'a pas permis de démontrer «que le suspect avait d'autre relation avec les membres de la cellule jihadiste».

24/08/2017 11:30 EDT | Actualisé 24/08/2017 11:30 EDT

Une semaine après les sanglants attentats en Catalogne, la justice espagnole a placé jeudi un deuxième suspect en liberté surveillée, laissant seulement deux membres de la cellule jihadiste sous les verrous.

Salh el Karib, un Marocain âgé de 34 ans, a été relâché après quatre jours de garde à vue. L'enquête n'a pas permis de démontrer "que le suspect avait d'autre relation avec les membres de la cellule jihadiste" que d'avoir effectué pour eux des virements d'argent "sporadiques" depuis sa boutique, selon l'ordonnance du juge.

Un premier membre présumé de la cellule, Mohammed Aalla, propriétaire d'une voiture utilisée dans les attentats, avait été relâché mardi. Les charges pesant contre lui ayant été jugées trop minces.

Le noyau dur de la cellule semble donc se réduire à dix personnes.

Deux ont été inculpés d'assassinats terroristes: Mohamed Houli Chemlal, 20 ans, blessé dans l'explosion accidentelle d'une planque du groupe, et Driss Oukabir, 27 ans, qui avait loué la camionnette qui a foncé dans la foule jeudi dernier sur les Ramblas de Barcelone.

Les huit autres sont morts.

La police a formellement identifié jeudi les restes du dernier d'entre eux, Youssef Aalla, retrouvés dans les décombres de cette planque à Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, où les suspects préparaient des explosifs.

Privés de leur arsenal, les jihadistes s'étaient rabattus sur des véhicules, comme dans les attentats de Nice, de Londres ou de Berlin.

Attaque terroriste sur La Rambla à Barcelone

'Difficile de revenir'

Après la camionnette qui avait tué 13 piétons sur les Ramblas, une avenue touristique au coeur de Barcelone, cinq jeunes à bord une Audi 3 avaient fauché les passants à Cambrils, une station balnéaire plus au sud, avant de poignarder une femme puis d'être abattus par la police.

Un vidéo de surveillance mise en ligne par le journal catalan Ara montre trois d'entre eux, Houssaine Abouyaaqoub, Moussa Oukabir et Omar Hichamy, en T-shirts et maillots de foot faisant leurs courses dans une station-service, quelques heures avant l'attentat.

Les deux attaques, revendiquées par l'organisation jihadiste Etat islamique, ont fait au total 15 morts et plus de 120 blessés, dont sept toujours étaient jeudi dans un état critique.

Jeudi à Barcelone, les Ramblas tentaient de reprendre le dessus. "Le plus dur, ça a été le lendemain", a confié à l'AFP José Gomez, un fleuriste qui a vu passer la camionnette blanche qui a tué 13 passants. "C'était difficile de revenir ici. Mais maintenant, à vrai dire, je me sens plutôt bien".

"On est plus protégés, il y a beaucoup de forces de l'ordre, de policiers..." constate un touriste italien, Gonario Sirca.

Les enquêteurs cherchent encore à retracer le parcours des jihadistes en Espagne et à l'étranger, ainsi que leur profil. Celui de l'imam marocain Abdelbaki Es Satty, qui aurait endoctriné les jeunes de la petite ville de Ripoll, au pied des Pyrénées, commence à prendre corps.

L'imam au coeur de la cellule?​​​​​

Après sa sortie de prison pour trafic de drogue, en 2014, il avait tenté de trouver un emploi en Belgique en 2016. Mais la mosquée de Diegem, près de Bruxelles, avait refusé de le recruter en raison de la violence de ses prêches. Le maire de Diegem Jean-Pierre De Groef a expliqué que selon le président de la mosquée, Abdelbaki Es Satty "ne suivait pas le prophète, il y allait avec plus de violence" et était "plus extrême".

L'imam avait failli être expulsé d'Espagne mais un juge avait estimé en 2015 qu'il s'était intégré et ne constituait pas "une menace réelle et suffisamment grave (...) pour la sécurité publique" pour justifier cette mesure, selon la justice espagnole.

L'imam est mort dans l'explosion de la maison d'Alcanar, où étaient entreposés des bonbonnes de gaz et les ingrédients du TATP, un explosif artisanal utilisé par l'EI. Il voulait se faire sauter dans un attentat suicide, d'après Mohamed Houli Chemlal, survivant de l'explosion.

A Madrid, une femme musulmane a été agressée mercredi soir "par deux ou trois personnes" qui n'ont pas encore été identifiées. Les agresseurs ont crié "Arabe de m..." et l'ont frappée sur la poitrine, selon la police.

La communauté musulmane a organisé plusieurs marches pour dénoncer le terrorisme, la dernière mercredi à Grenade, dans le sud-ouest de l'Espagne, mais des actes islamophobes se multiplient dans le pays.

Jeudi, la maire de Barcelone Ada Colau et le président de la région de Catalogne Carles Puigdemont devaient participer à une cérémonie religieuse interconfessionnelle en mémoire des victimes.

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