NOUVELLES

Combat Mayweather-McGregor: un cirque payant, mais risqué pour la boxe?

La MMA a beaucoup à gagner et la boxe... beaucoup à perdre.

24/08/2017 11:29 EDT | Actualisé 24/08/2017 11:52 EDT

Floyd Mayweather et la boxe ont beaucoup à perdre samedi à Las Vegas: en cas de défaite face à Conor McGregor, champion MMA, l'Américain ternira à jamais son incroyable palmarès et donnera aux arts martiaux mixtes (MMA) une exposition sans précédent.

Mayweather est le grandissime favori. Il est resté invaincu durant toute sa carrière professionnelle, égalant le record du légendaire Rocky Marciano (49 victoires), avec ses succès face à Oscar de la Hoya, Canelo Alvarez ou encore Manny Pacquiao pour devenir l'un des meilleurs boxeurs de l'histoire.

Mais l'Américain doit encore disputer à 40 ans, deux ans après sa dernière apparition sur un ring, son combat le plus important. Non pas pour sa carrière, sa popularité ou son compte en banque déjà très bien garni (il a amassé plus de 800 millions de dollars et a déjà reçu 100 millions pour ce combat), mais pour le renom de son sport.

"C'est clair que je suis celui qui prend le plus de risques dans ce combat", a lâché "Money" ou "Pretty Boy", plus préoccupé par son destin et son dernier mirobolant chèque que par l'impact de ce combat pour sa discipline.

Steve Marcus / Reuters
Floyd Mayweather Jr. devant Conor McGregor lors d'une conférence de presse à Las Vegas, mercredi 23 août.

Spectacle, cirque ou farce


Plusieurs grands noms de la boxe - en activité ou retraités - comme le Kazakh Gennady Golovkin et le Britannique Lennox Lewis, ont présenté le combat qui se déroulera selon les règles de la boxe, comme un spectacle, un cirque ou une farce, dont Mayweather sortira facilement vainqueur.

Mais si les bookmakers de Las Vegas n'accordaient initialement aucune chance à McGregor (50 contre 1 le mois dernier), la cote de l'Irlandais est nettement remontée (25 contre 1), même s'il disputera samedi à 29 ans son premier... combat de boxe.

"Tout est possible lorsque deux hommes se retrouvent face à face sur un ring", résume Dana White, le patron de l'UFC (Ultimate Fighting Championship), le principal organisateur de combats MMA, dont McGregor est la star.

Rien ne semble arrêter l'UFC, créée en 1993 et rachetée en 2016 pour quatre milliards de dollars par WME-IMG, mastodonte omniprésent à Hollywood et dans le sport professionnel.

Spectaculaires et violents - au point d'être interdits dans certains pays dont la France -, les arts martiaux mixtes sont en train de devenir l'un des sports majeurs aux États-Unis, notamment chez les plus jeunes.

LIRE AUSSI:
» Pour composer ses tableaux, ce peintre utilise ses gants de boxe
» BLOGUE Mayweather-McGregor: davantage un spectacle qu'un combat de boxe!

Mayweather conspué à domicile

"Quand les combats de boxe ont l'air d'être arrangés par avance, en MMA, il n'y a pas de calculs: c'est intense, sanglant même, cela ne s'éternise pas (trois rounds de cinq minutes contre 12 de trois minutes en boxe), c'est de l'excitation pure", a expliqué à l'AFP Ben Washington, l'un de ses amateurs américains de MMA qui conspuaient Mayweather et soutenaient à tout rompre McGregor lors de la présentation du combat à Los Angeles le mois dernier.

La tentation de voir dans ce combat, qui pourrait devenir le plus rémunérateur de l'histoire, un duel entre boxe et MMA est grande.

Le patron de l'UFC s'en défend et assure qu'il n'a pas de stratégie à long terme pour prendre définitivement le dessus sur la boxe: "C'est un combat que les spectateurs à travers le monde voulaient voir. A terme, il n'y en aura pas d'autre de cette magnitude, aucun sport ne sortira vainqueur", a insisté White.

Mais l'affiche Mayweather/McGregor va sans doute donner des idées à la multitude d'organisateurs de combats MMA: le sulfureux Tyson Fury, ancien champion des lourds, a déjà fait savoir qu'il était prêt à défier Cain Velasquez, ex-roi des lourds de l'UFC, dans un octogone selon les règles des combats libres.

"Les combinaisons sont sans fin comme dans des jeux vidéos ou des films d'action", a admis, avec appétit, Ben qui paiera 99,99 dollars pour suivre le combat de samedi à la télé.