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Une rentrée scolaire à la croisée des chemins, selon les syndicats d'enseignants

Après des années de restrictions budgétaires, le gouvernement Couillard commence à réinvestir en éducation.

22/08/2017 16:03 EDT | Actualisé 22/08/2017 16:03 EDT
Klaus Vedfelt
Schoolgirls walking hand in hand at school isle

À quelques jours de la rentrée scolaire, l'école publique est «à la croisée des chemins», à cause des réinvestissements qui doivent impérativement y être faits, estiment les deux grandes organisations syndicales qui représentent les enseignants du primaire et du secondaire.

Au cours d'entrevues avec La Presse canadienne, mardi, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, et le président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Sylvain Mallette, ont exprimé leur espoir pour l'école publique, mais aussi leur impatience et leur frustration.

Le gouvernement Couillard a commencé à réinvestir en éducation, après des années de restrictions budgétaires. Il a notamment annoncé l'ajout de ressources pour des professionnels de l'éducation, qui doivent soutenir les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage, et épauler ainsi les enseignants surchargés. Dans la région montréalaise, en plus, des enseignants se retrouvent avec un fort contingent d'enfants dont la langue maternelle n'est pas le français. Et le gouvernement réinvestit aussi dans les infrastructures scolaires.

Même des parents, aux côtés d'enseignants, d'élèves et d'autres membres du personnel, ont fait des chaînes humaines autour d'écoles publiques pour les protéger, démontrer à quel point ils y tenaient. Les attentes dans le milieu sont donc importantes pour cette rentrée scolaire.

Dans les faits, les syndicats ignorent encore combien de ressources seront finalement ajoutées, parce que les budgets passent par chaque commission scolaire, a précisé M. Mallette.

«Faudra voir si véritablement les ressources seront présentes dans les milieux. Il faut être très réaliste: il y aura encore des élèves qui n'auront pas accès à des services et des ressources. Il y a des profs et d'autres ressources professionnelles qui devront faire des choix, qui vont choisir parmi les élèves en difficulté lesquels auront des services ou pas», a résumé M. Mallette.

«Le gouvernement a réussi à donner l'impression qu'il réinvestissait. Ce n'est pas un réinvestissement, c'est un remboursement; il a procédé timidement à un remboursement. Et on est loin d'atteindre le niveau qu'on avait avant les compressions de 1,3 milliard $», a jugé le président de la FAE.

Il souligne toutefois que le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a le mérite d'être allé sur le terrain et d'avoir dit qu'il réinvestirait dans l'école publique.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, quant à elle, croit qu'il est trop tôt pour parler de soulagement ou d'allègement de la tâche des enseignants, malgré les annonces de réinvestissements en éducation.

«Il va falloir qu'il passe de la parole aux actes, parce qu'en termes d'ajout de ressources, que ce soit les professionnels ou les techniciens en éducation spécialisée, au-delà des annonces, concrètement on n'a pas d'ajout sur le terrain actuellement. On n'a pas encore eu la démonstration que dans les classes, il y aura un réel ajout de ressources», a résumé Mme Chabot.

La présidente de la CSQ manifeste son impatience. «On va s'attendre dès les premières semaines à voir un changement important, parce qu'il faut que ça porte des fruits.»

Lors de la présentation du dernier budget, en mars, Québec avait annoncé un ajout de 637 millions $ pour le préscolaire, le primaire et le secondaire. Également, il avait annoncé que dès le mois de septembre, il ajouterait 1500 personnes vouées à l'aide directe aux élèves.

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