POLITIQUE

Labeaume réclame de bannir la burqa et les cagoules dans l'espace public

«La cagoule d'un casseur (...) et la burqa et le niqab, c'est la même affaire.»

22/08/2017 06:12 EDT | Actualisé 22/08/2017 06:12 EDT

Le maire de Québec, Régis Labeaume, réclame de bannir la burqa et les cagoules de l'espace public. Pour lui, «c'est pareil».

Il réagissait ainsi lundi à la décision récente du gouvernement Couillard d'élargir l'application du projet de loi 62 sur la neutralité religieuse aux municipalités et aux sociétés de transport. Sa déclaration survient en outre au lendemain de manifestations de groupes proches de l'extrême droite et de l'extrême gauche dans la capitale, où des protestataires avaient le visage masqué.

«Personnellement, pour moi, on ne devrait pas permettre tout visage caché dans l'espace public, a-t-il déclaré dans une conférence de presse à l'hôtel de ville. La cagoule d'un casseur (du groupe du militant gauchiste) Jaggi Singh et la burqa et le niqab, c'est la même affaire.»

II a ajouté qu'il avait du mal à comprendre que le port d'une cagoule dans une manifestation soit légal au Canada.

Et du même souffle, il a affirmé qu'il était d'accord avec la loi française qui interdit le port de la burqa dans l'espace public, en évoquant qu'il serait possible au Canada d'invoquer la clause dérogatoire si la Constitution ne permet pas cette interdiction. Selon lui, le port du voile islamique va à l'encontre du principe d'égalité entre les femmes et les hommes.

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«Ça braque les gens»

«Ça braque les gens de voir les cagoulards, ça les dégoûte, comme ils sont dégoûtés de voir des femmes avec une burqa, un niqab. Ça les agresse. C'est incroyable comme ça avilit la femme. C'est la religion des hommes. Le niqab et la burqa, c'est un geste politique.»

Le maire a toutefois ajouté qu'il ne demandait pas au premier ministre Philippe Couillard de durcir son projet de loi 62, mais que lui le ferait à sa place.

En vertu de cette pièce législative controversée déposée en 2015, on ne peut donner ou recevoir un service de l'État qu'à visage découvert, mais on autorise des accommodements raisonnables en fonction de certains critères.

M. Labeaume estime que dans sa forme actuelle, ce projet de loi sera une «patate chaude» pour les municipalités, parce qu'il est «inapplicable».

«Des gens vont vouloir judiciariser des cas, et nous, les villes, cela ne nous tente pas d'être pris avec ça», a-t-il commenté.

La semaine dernière, le maire de Montréal, Denis Coderre, avait soutenu que la Ville n'allait pas appliquer le projet de loi une fois adopté, mais le premier ministre Philippe Couillard a répliqué que la loi s'appliquerait partout.

Le gouvernement a élargi la portée de son projet de loi aux municipalités, aux sociétés de transport et à l'Assemblée nationale en vertu de ses amendements déposés la semaine dernière par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, en commission parlementaire.

En conférence de presse, elle a refusé de dire si un chauffeur d'autobus pourrait refuser à une personne voilée le droit de monter à bord.

En vertu du projet de loi 62, une demande d'accommodement pour motif religieux serait ainsi traitée si:

- elle est sérieuse;

- elle respecte le droit à l'égalité homme-femme;

- elle respecte la neutralité religieuse de l'État;

- si elle est raisonnable, c'est-à-dire qu'elle n'impose aucune contrainte excessive, eu égard au respect des droits d'autrui, à la santé et à la sécurité des personnes, au bon fonctionnement de l'organisme, ainsi qu'aux coûts qui s'y rattachent.

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