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Le député Emmanuel Dubourg à Miami pour apaiser le flot de demandeurs d'asile

"Nous devons nous rendre à la source".

21/08/2017 15:07 EDT | Actualisé 21/08/2017 18:01 EDT
Christinne Muschi / Reuters

Le député libéral fédéral Emmanuel Dubourg, né en Haïti, se rendra à Miami cette semaine dans le cadre de la stratégie du gouvernement fédéral pour endiguer le flot de ressortissants haïtiens qui traversent la frontière dans le but de demander le statut de réfugié au Canada.

Emmanuel Dubourg a été nommé la semaine dernière au sein d'un comité provincial-fédéral spécial créé pour faire face à l'arrivée de milliers de personnes - majoritairement des Haïtiens - à la frontière entre le Québec et les États-Unis depuis juillet.

Cet élan inattendu a nécessité la création de camps temporaires le long de la frontière canado-américaine. Les agents des services frontaliers et de l'immigration travaillent sans relâche afin de traiter tous les dossiers.

Le gouvernement tente parallèlement de freiner le flot de demandeurs d'asile, et c'est dans ce cadre que le député Emmanuel Dubourg sera dépêché à Miami, où vit une importante communauté haïtienne.

M. Dubourg doit y arriver mercredi et aura en quelque sorte un rôle d'ambassadeur. Le député de la circonscription de Bourassa, à Montréal, parle créole et entretient des liens étroits avec la diaspora haïtienne.

"Nous devons nous rendre à la source", a-t-il commenté lundi.

Il aura notamment pour tâche d'accorder des entrevues aux médias et d'organiser des rencontres avec des leaders de la diaspora haïtienne à Miami pour rectifier les informations erronées concernant les politiques canadiennes d'immigration et d'accueil de réfugiés.

Ce ne sont pas tous les Haïtiens venant au Canada qui sont originaires de Miami ou des environs, mais la ville compte plus de 200 000 Haïtiens et plusieurs médias influents dans la communauté haïtienne.

Crainte de déportation

Bon nombre des Haïtiens qui tentent leur chance au Canada résidaient aux États-Unis en vertu d'un statut de protection temporaire - accordé après le terrible tremblement de terre de 2010 - qui risque de ne pas être renouvelé par l'administration de Donald Trump. Ils craignent d'être renvoyés en Haïti.

Lorsque l'administration Trump a laissé entrevoir la fin du statut de protection temporaire en mai, des informations ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux et d'autres sources suggérant aux Haïtiens résidant aux États-Unis de tenter d'entrer au Canada, où ils recevraient un accueil chaleureux et sans problème.

Néanmoins, la vérité de la politique canadienne est que seulement environ 50 pour cent des Haïtiens qui font une demande d'asile au Canada sont acceptés. Par ailleurs, le gouvernement du Canada a repris les déportations vers Haïti.

"Il est important de leur dire avant qu'ils ne vendent leurs biens, avant qu'ils ne prennent une décision", a souligné M. Dubourg. "Ils doivent être tout à fait conscients de ce qui peut survenir."

L'arrivée massive de demandeurs d'asile à la frontière a suscité la mobilisation de groupes opposés à l'immigration au Canada. Dimanche, à Québec, des militants du groupe La Meute, une organisation proche de l'extrême droite, se sont retranchés dans le stationnement d'un édifice, alors qu'une contre-manifestation se tenait à l'extérieur.

De passage à Montréal pour le défilé de la Fierté gaie, dimanche, le premier ministre Justin Trudeau a défendu le système d'immigration canadien en demandant à la population de continuer de lui accorder sa confiance.

Il a déclaré qu'aucun demandeur d'asile qui traverse irrégulièrement la frontière n'obtiendra de faveur lorsque son cas sera étudié. Il a souligné que ces demandeurs devront aussi subir les habituels contrôles de sécurité et les évaluations.

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