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Le maire et le chef de police de Montréal s'excusent à la communauté LGBTQ+

Entre les années 1960 et 1990, des policiers armés entraient de force dans les bars gais.

18/08/2017 16:54 EDT | Actualisé 18/08/2017 20:04 EDT
NICHOLAS KAMM via Getty Images

Un des présidents d'honneurs de Fierté Montréal, Puelo Deir, dit avoir été pris par surprise par les excuses officielles qu'ont présenté le maire et le chef de police à la communauté LGBTQ+.

"Je me suis dit: "Oh. My. Gay!''", raconte M. Deir, qui était présent à l'hôtel de ville lorsque le maire Denis Coderre s'est excusé au nom de de l'administration municipale et de la Ville de Montréal pour la discrimination dont la communauté LGBTQ+ a été la cible entre les années 1960 et 1990.

Mais blague à part, a-t-il poursuivi, Puelo Deir se rappelle de temps sombres où des policiers armés entraient de force dans les bars gais.

"Non seulement la police se présentait avec des mitraillettes et des caméras, mais ils prenaient des photos des gens, qui aboutissaient dans les journaux, a-t-il rappelé. Ça a détruit des vies."

"C'est pour cette raison que je veux, au nom de la Ville de Montréal, offrir publiquement nos excuses et travailler ensemble non seulement pour protéger nos acquis, reconnaitre le passé, mais je veux offrir officiellement à la communauté LGBTQ+ nos plus sincères excuses", a déclaré M. Coderre.

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, a présenté des excuses pour ces descentes. Il a dit "prendre acte de ce qui est arrivé", reconnaissant que les raids portaient atteinte à la dignité des personnes visées.

M. Deir, qui a fondé une série d'événements courus chaque année par la communauté LGBTQ+, souligne que les descentes policières étaient fréquentes à l'époque.

L'une des plus tristement célèbres est survenue en 1990, lors d'une fête dans le loft privé Sex Garage - considérée comme un point tournant dans l'histoire de la communauté LGBTQ+ montréalaise.

M. Deir précise que c'est à ce moment qu'elle a cessé de se résigner à subir les violences policières.

Les manifestations subséquentes et la réponse brutale des forces de l'ordre sont perçues comme l'étincelle du mouvement québécois pour les droits de la diversité sexuelle.

La candidate à la mairie Valérie Plante - qui est aussi conseillère dans l'arrondissement où se trouve le Village gai - soutient que son parti avait exhorté le maire à présenter ces excuses la semaine dernière.

"Les gens nous en parlaient et nous avons aussi l'exemple de Toronto, qui a fait quelque chose de similaire", a-t-elle expliqué.

L'été dernier, le chef de police de Toronto, Mark Saunders, a déclaré que le corps policier "regrette" la série de descentes qui avaient mené à l'arrestation de plusieurs centaines d'hommes en 1981.

Alors que Fierté Montréal accueillait vendredi une conférence sur la francophonie, M. Coderre a saisi l'occasion pour annoncer l'élaboration d'une politique sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres.

"C'est de mettre en place un code de conduite, un code d'éthique; de s'assurer qu'on puisse aussi avoir un vocabulaire adéquat; que l'on puisse reconnaître les droits non seulement en droit, mais en geste", a-t-il exposé.

Le maire a également précisé qu'un agent de liaison sera nommé auprès de la communauté LGBTQ+, qui comprend notamment les personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres et queer.

Le défilé de Fierté Canada prendra place dimanche, à Montréal.

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