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Trump: la culture américaine «mise en pièces» par les retraits de statues

Une déclaration remarquée, quelques jours après les violences de Charlottesville.

17/08/2017 11:33 EDT | Actualisé 17/08/2017 14:06 EDT
Kevin Lamarque / Reuters

Très critiqué après ses propos sur Charlottesville, Donald Trump a tenté de déplacer le débat jeudi en affirmant que l'histoire américaine était "mise en pièces" par le retrait de statues de personnages des Etats sudistes confédérés, favorables à l'esclavage.

En trois tweets, le président américain a pris position de manière tranchée dans ce débat sensible qui a refait surface après les violences de Virginie où des suprémacistes blancs s'étaient initialement rassemblés pour protester contre la suppression annoncée d'une statue du général sudiste Robert E. Lee.

Certains Américains voient dans ces monuments en hommage à la confédération d'Etats du sud, qui a déclenché la guerre civile notamment pour défendre l'esclavage, la célébration d'un passé raciste. D'autres estiment que les enlever revient à effacer un pan entier de l'histoire américaine. Les suprémacistes blancs, eux, en ont fait leur cheval de bataille.

Selon le sondage NPR/PBS et NewsHour/Marist publié jeudi, près de deux Américains sur trois (62%) sont favorables à ce que les statues célébrant des personnages des Etats confédérés restent en place. Si les républicains sondés apportent un soutien massif au statu quo, les démocrates eux sont divisés: 44% veulent les conserver, 47% les voir disparaître.

Plusieurs d'entre elles ont été retirés ces derniers jours, à Baltimore et ailleurs.

Au-delà du débat de fond, les termes utilisés par le président américain et le moment choisi contribueront à alimenter les critiques de ceux qui, au sein-même de son propre camp, s'indignent de son manque de clarté dans la dénonciation des groupuscules d'extrême droite.

- 'Magnifiques statues' -

"Triste de voir l'histoire et la culture de notre grand pays mises en pièces par le retrait de nos magnifiques statues et monuments", a tweeté Donald Trump, jugeant que c'était "stupide".

"La beauté qui est retirée de nos villes et de nos parcs nous manquera terriblement et ne pourra jamais être remplacée!", a-t-il ajouté.

Selon un récent rapport du Southern Poverty Law Center (SPLC), spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de 1.500 symboles confédérés demeurent encore dans l'espace public aux Etats-Unis, la plupart dans le sud. Ce chiffre inclut plus d'une centaine d'écoles publiques.

Mardi, lors d'une conférence de presse houleuse depuis la Trump Tower à New York, où il avait renvoyé dos à dos militants d'extrême droite et contre-manifestants, M. Trump avait déjà semblé donner raison aux défenseurs de ces monuments, même s'il n'était pas allé aussi loin.

"George Washington possédait des esclaves (...). Est-ce qu'on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson ? Est-ce qu'on va enlever ses statues ? Il possédait beaucoup d'esclaves", avait-il déclaré, en référence aux premier et troisième présidents des Etats-Unis, tous deux morts bien avant la guerre de Sécession (1861-1865).

Cette controverse rappelle celle sur les drapeaux confédérés, ravivée en juin 2015 après l'assassinat de neuf Noirs dans une église de Caroline du Sud par un suprémaciste blanc qui aimait poser avec.

Lors d'un hommage au pasteur noir abattu, le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama avait appelé l'Amérique à reconnaître que ces symboles allaient au-delà du simple souvenir historique et qu'il était en temps de changer d'approche

"Pendant trop longtemps, nous avons été aveugles face à la douleur que ce drapeau confédéré causait dans de trop nombreuses villes", avait-il lancé. Le retirer, c'est "reconnaître que la cause pour laquelle les soldats confédérés se sont battus, la cause de l'esclavage, n'était pas la bonne".

- Propos 'déformés' -

Dans un climat particulièrement tendu au sein de l'équipe présidentielle, Steve Bannon, le très controversé conseiller stratégique de Donald Trump, a défendu dans le New York Times les tweets matinaux de l'ancien magnat de l'immobilier.

"En demandant +Washington, Jefferson, Lincoln, où est-ce que tout cela nous mène?+, le président créé un lien avec les Américains, leur culture, leur histoire, leur tradition", a-t-il déclaré, ironisant que "la gauche qui veut dire que tout est du racisme".

Face au malaise suscité par ses propos sur Charlottesville, Donald Trump s'en est aussi pris jeudi à sa cible favorite: les journalistes.

"Le public apprend (encore davantage) combien les médias Fake News sont malhonnêtes. Ils ont totalement déformé ce que j'ai dit sur la haine, le sectarisme, etc. Honte!", a-t-il tweeté au petit matin.

De l'autre côté de l'Atlantique, le président français Emmanuel Macron s'est gardé de commenter directement les prises de position de son homologue américain, mais s'est dit "aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie". "Notre combat commun, hier comme aujourd'hui. #Charlottesville".

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La controverse autour de ces drapeaux avait été ravivée en juin 2015, après le meurtre de neuf Noirs dans une église de Caroline du Sud par un suprémaciste blanc qui aimait poser avec. Un mois plus tard, cet Etat du sud-est décidait d'enlever ce drapeau de son parlement. L'Alabama (sud) de même.

Selon un récent rapport du Southern Poverty Law Center (SPLC), spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de 1 500 symboles confédérés demeurent encore dans l'espace public aux Etats-Unis, la plupart dans le sud. Ce chiffre inclut plus d'une centaine d'écoles publiques.

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