POLITIQUE

Denis Coderre sort l’artillerie lourde contre Projet Montréal

Le maire de Montréal accueillera dans son parti deux transfuges.

17/08/2017 19:44 EDT | Actualisé 17/08/2017 19:45 EDT
Graham Hughes/PC

Il semble que pour battre Projet Montréal, le maire Denis Coderre utilisera... Projet Montréal. Une deuxième transfuge du parti d'opposition quittera son district pour affronter un de ses anciens collègues.

Érika Duchesne est conseillère de ville dans le district du Vieux-Rosemont. Elle quittera toutefois le siège qu'elle a remporté avec près de 47% des voix en 2013 pour aller affronter Sylvain Ouellet dans le district François-Perreault, dans l'arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Mme Duchesne, qui habite dans François-Perreault, se dit prête à assumer le risque de quitter le district où les électeurs la connaissent le mieux.

«C'est sûr qu'en politique, la convention c'est de dire que le candidat sortant a plus de chances d'être élu, alors c'est sûr qu'il y a un risque. Mais c'est normal», affirme-t-elle en entrevue.

Mme Duchesne ajoute qu'elle respecte beaucoup M. Ouellet et qu'elle n'est pas quelqu'un qui cherche l'affrontement.

Sa décision s'ajoute à celle prise par Marc-André Gadoury, qui a déjà annoncé qu'il quittera son poste de conseiller pour affronter le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau. M. Croteau a été élu avec une majorité confortable de 59.43% en 2013. M. Gadoury avait fait presque aussi belle figure dans son district, avec 54,39%.

Appelé à commenter cette campagne contre d'anciens collègues, M. Gadoury dit ne pas voir cela comme un affrontement.

«Je ne fais pas une campagne contre eux, ce n'est pas comme ça que je le vis. D'ailleurs, quand je fais le bilan des huit dernières années, j'ai passé plus de temps dans une équipe qui affronte le maire Croteau plutôt que d'être dans la même équipe que lui», affirme-t-il, soulignant que M. Croteau s'est d'abord fait élire sous la bannière de Vision Montréal en 2009 avant de se joindre à Projet Montréal en 2011.

Pas des gros noms?

Appelé à commenter cette situation, Projet Montréal a répliqué que M. Gadoury et Mme Duchesne ne sont pas «des gros noms» à Montréal.

Pourtant, M. Gadoury était le leader parlementaire de Projet Montréal avant qu'il ne rejoigne le maire Coderre. Il était donc le numéro 2 du parti à l'intérieur de la salle du conseil.

Érika Duchesne n'avait pas un rôle aussi important, mais lorsqu'elle a claqué la porte, le chef intérimaire Luc Ferrandez a affirmé que le parti avait « tenté de valoriser son rôle de façon à lui donner une place de choix» au sein de l'équipe.

«Ces deux conseillers n'ont aucun pouvoir. Ils ne font que se plier aux volontés de leur chef, sans égard à leurs concitoyens. Notre chef et nos conseillers font passer les intérêts des citoyens en premier», affirme l'attaché de presse de Valérie Plante, Marc-André Viau.

M. Viau souligne que les coffres de Projet Montréal n'ont jamais été aussi pleins qu'après le départ de ces deux individus. Le rapport financier 2016 du parti indique que l'année s'est conclue avec un surplus de 226 348$, bien plus que les autres partis représentés à l'hôtel de ville.

Le HuffPost Québec a tenté d'obtenir des commentaires de Sylvain Ouellet et François Croteau, sans succès.

Et Elsie Lefebvre?

Outre la présence d'Érika Duchesne, l'annonce des candidatures d'Équipe Denis Coderre dans l'arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension réserve une autre surprise. Personne ne se présente dans le district Villeray, présentement représenté par Elsie Lefebvre.

Mme Lefebvre a quitté Coalition Montréal il y a deux mois pour siéger à titre d'indépendante. Elle disait alors réfléchir à son avenir politique. Depuis, elle a été nommée à la vice-présidence de la STM, poste occupé jusqu'alors par son ancien chef Marvin Rotrand.

Mme Lefebvre n'a pas répondu à la demande d'entrevue du HuffPost Québec.

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