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Un pâtissier français détenu en Chine depuis 5 mois

Laurent Fortin et trois de ses collègues chinois avaient été inculpés pour avoir "utilisé des farines périmées".

16/08/2017 10:38 EDT | Actualisé 16/08/2017 10:38 EDT
Jason Lee / Reuters

Un pâtissier français, employé d'une chaîne de boulangeries à Shanghai, est en détention depuis cinq mois dans le cadre d'une affaire de farine périmée, a indiqué sa famille.

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé que Laurent Fortin, 48 ans, était bien emprisonné en Chine depuis mars 2017 et que les agents consulaires français lui avaient rendu visite à 5 reprises.

Laurent Fortin était parti en décembre 2016 à Shanghai pour travailler dans un petit groupe français, Farine Bakery, selon le texte d'une pétition demandant sa libération, postée sur le site Change.org.

Interrogé par l'AFP, le quai d'Orsay a assuré que "les autorités françaises suivent avec la plus grande attention la situation de notre compatriote."

"Les services consulaires français à Shanghaï sont en contact régulier avec les autorités chinoises pour suivre le déroulement de la procédure judiciaire, dans le cadre de l'exercice de la protection consulaire", a ajouté le ministère.

M. Fortin a été interpellé le 23 mars avec sept autres employés, après un contrôle des autorités de régulation ayant découvert des stocks de farine "périmés", selon la presse d'État chinoise.

"Nous réclamons la libération immédiate de Laurent ainsi qu'une réelle implication de notre gouvernement", conclut la pétition.

Le quotidien officiel Shanghai Daily a rapporté le 28 mars que Laurent Fortin et trois de ses collègues chinois avaient été inculpés pour avoir "utilisé des farines périmées".

Quatre boulangeries gérées par Farine Bakery ont été fermées depuis.

Déclenchée par une vidéo tournée par un ex-employé, l'affaire avait causé un vif émoi parmi les internautes chinois, la chaîne de boulangeries vantant précisément la qualité de ses farines pour justifier des prix de vente élevés.

Farine Bakery avait reconnu en mars, dans un communiqué en mandarin, avoir "de toute évidence commis une erreur", expliquant s'être référé aux "dates limites de consommation optimale" mais "sans réaliser que les normes chinoises étaient plus strictes".

Depuis son interpellation, le Français est détenu dans des conditions difficiles, et ne disposait au début de sa détention ni d'un lit, ni d'une chaise dans sa cellule, a affirmé à l'AFP son frère David Fortin.

"Il risque entre un an et quinze ans de détention, selon le chiffre d'affaires réalisé, alors qu'il n'était que le salarié de l'entreprise", a déclaré sa mère, qui a pu échanger des courriers avec lui.

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