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Trump attaque Amazon qu'il accuse de détruire le petit commerce

Amazon est dirigé par un ennemi de Trump : le milliardaire Jeff Bezos.

16/08/2017 11:09 EDT | Actualisé 16/08/2017 11:23 EDT

Donald Trump a attaqué mercredi le géant de la distribution en ligne Amazon, l'accusant de détruire le petit commerce et l'emploi, au moment où il se retrouve en difficulté avec plusieurs grands patrons américains.

"Amazon cause beaucoup de tort aux petits détaillants qui paient des impôts. Des villages, des villes dans tous les Etats-Unis souffrent. Beaucoup d'emplois sont détruits!", a-t-il affirmé dans un tweet.

Le PDG d'Amazon, Jeff Bezos, est également le propriétaire du quotidien Washington Post, cible fréquente des attaques du président américain.

M. Trump n'a pas donné d'exemple précis mais plusieurs secteurs de la vente au détail aux Etats-Unis, notamment l'habillement et l'électronique, ont vu leurs ventes baisser depuis quelques années face à la concurrence du commerce en ligne.

Les derniers chiffres officiels pour les ventes au détail ont montré une hausse de 0,6% au mois de juillet et de 4,2% sur un an aux Etats-Unis. Ce sont toutefois les distributeurs en ligne qui ont connu la plus forte hausse avec une progression de 1,3% le mois dernier.

Le président est actuellement en délicatesse avec plusieurs grands patrons américains qui ont quitté ces derniers jours les différents cénacles qu'il a constitués autour de lui pour le conseiller en matière de politique économique et industrielle. Ils entendaient ainsi protester contre sa réaction après les violences samedi à Charlottesville (Virginie, est) et sa condamnation jugée trop tiède de l'extrême droite.

Il était de nouveau dans la tourmente mercredi après son incroyable sortie de mardi quand il a affirmé que "les deux côtés" étaient responsables des violences qui ont fait un mort, suscitant un profond malaise au sein de son propre camp.

Doug McMillon, le patron du géant de la distribution Wal-Mart, au premier rang face à la concurrence d'Amazon, fait partie du Forum stratégique et politique de M. Trump et a fait part de son intention d'y rester.

Mais il avait néanmoins regretté dans un message posté avant la nouvelle déclaration présidentielle sur le site de Wal-Mart que M. Trump n'ait pas initialement "saisi l'opportunité cruciale de rassembler notre pays en rejetant sans équivoque les actions horribles des suprémacistes blancs".

M. Bezos, qui dès le début de la campagne présidentielle avait pris position contre M. Trump, ne fait partie d'aucun de ces conseils et autres forums.

Il avait ironisé pendant la campagne en émettant l'idée de se débarrasser de M. Trump en lui réservant une place dans la fusée d'une autre de ses sociétés, Blue Origin.

Amazon a annoncé début janvier, avant l'investiture de M. Trump, la création de 100 000 emplois aux Etats-Unis dans les 18 prochains mois. Le porte-parole de M. Trump avait alors déclaré que "le président élu est heureux d'avoir joué un rôle dans cette décision d'Amazon".

Fondé en 1994, le groupe qui propose également un service de diffusion de vidéo en flux dans 200 pays, compte aujourd'hui 180.000 salariés aux Etats-Unis et, selon son site internet, "plus de 300.000 dans le monde".

Le groupe, qui mène une politique d'investissements tout azimut, a annoncé pour le deuxième trimestre un bénéfice net de 197 millions de dollars (près de -75% sur un an) mais un chiffre d'affaires en hausse de près de 25% à 38 milliards de dollars.

M. Bezos fait partie des trois hommes les plus riches du monde avec une fortune de 72,8 milliards de dollars, selon le classement établi par le magazine Forbes. M. Trump est en 544e position avec 3,5 milliards de dollars.

Les entrepôts d'Amazon

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