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Probiotique: une bactérie prévient des infections graves du nouveau-né

Réduction de 40% le risque d'infections graves et de décès consécutifs

16/08/2017 15:36 EDT | Actualisé 16/08/2017 15:39 EDT
Edgar Su / Reuters

Une préparation orale contenant une bactérie bénéfique pour la flore intestinale, associée à des sucres dérivés de plante, a permis de réduire de 40% le risque d'infections graves et de décès consécutifs chez des nouveau-nés, selon une étude publiée mercredi.

Les septicémies (infections graves qui peuvent être dévastatrices pour les organes) chez les nourrissons provoquent un million de décès chaque année dans le monde, la plupart dans les pays en développement, notent les auteurs de l'étude parue dans la revue scientifique Nature.

L'essai clinique comparatif (traitement contre placebo) a porté sur plus de 4.500 bébés d'une région rurale indienne dans l'Etat d'Odisha (est) où les taux de mortalité néonatale et infantile sont parmi les plus élevés d'Inde.

Les nouveau-nés répartis par tirage au sort ont reçu pendant sept jours au cours des deux premières semaines de leur vie, soit le placebo, soit une dose quotidienne de la préparation orale.

Cette dernière contient une souche probiotique d'une bactérie intestinale (Lactobacillus plantarum) et un glucide (dit prébiotique) d'origine végétale, qui favorise les bactéries saines. Une combinaison connue sous le nom de "synbiotique".

Les cas de septicémie bactérienne et de décès qui s'en sont suivis ont affecté 5,4% des nourrissons du groupe traité contre 9% de ceux du groupe témoin sous placebo, soit une réduction notable de 40% du risque d'infections graves et de décès qui en résultent dans les deux premiers mois de la vie.

"Ces résultats remarquables démontrent que les effets préventifs substantiels des probiotiques observés chez les nourrissons prématurés se produisent également pour les bébés nés à terme - un segment beaucoup plus large de la population infantile" concernée par ce fardeau infectieux, relève Daniel Tancredi, de l'Université de Californie à Sacramento, dans un commentaire dans Nature.

Les auteurs, Pinaki Panigrahi (Université du Nebraska à Omaha, dans le Nebraska) et ses collègues, relèvent en outre une réduction significative (de 34%) des infections respiratoires basses (bronchite aiguë, bronchiolite, pneumonie...) dans le groupe traité préventivement.

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Le traitement préventif avec ce complément alimentaire coûte environ un dollar par bébé, selon Nature.

L'étude a été arrêtée avant la date prévue, à la demande d'un comité indépendant, les premiers résultats de cette préparation préventive ayant été jugés suffisamment convaincants.

L'essai n'incluait pas les bébés prématurés ou les nouveau-nés atteints à la naissance de pathologies, qui présentent un risque plus élevé de développer une septicémie. De plus amples tests seraient nécessaires pour déterminer si les résultats s'étendent à toutes les populations à risque des nourrissons dans les pays en développement, selon la revue.