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Donald Trump isolé après ses propos sur Charlottesville

Il y a un profond malaise au sein de son propre camp et cela pourrait marquer un tournant dans sa présidence.

16/08/2017 13:33 EDT | Actualisé 16/08/2017 13:36 EDT

Donald Trump était dans la tourmente mercredi après sa virulente sortie sur Charlottesville qui suscitait un profond malaise au sein de son propre camp et pourrait marquer un tournant dans sa présidence.

Fait rarissime, ses deux prédécesseurs républicains encore en vie, George H.W Bush et son fils George W. Bush, ont diffusé un communiqué commun appelant l'Amérique à "toujours rejeter le racisme, l'antisémitisme et la haine sous toutes ses formes".

Sans citer le 45e président, les 41 et 43e insistent sur la nécessité de garder à l'esprit les mots de Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d'indépendance: "Tous les hommes sont créés égaux".

En renvoyant dos à dos les groupuscules suprémacistes blancs - dont un sympathisant a tué une jeune femme samedi à Charlottesville - et les manifestants antiracistes, Donald Trump a franchi un cap, un peu plus de 200 jours après sa prise de fonction.

Ses propos, livrés sur un ton acerbe et accusateur depuis la Trump Tower et salués par l'ex-leader du Ku Klux Klan David Duke, ont laissé nombre d'élus sans voix.

Et donné l'impression très nette que c'est dans ce torrent de paroles que Donald Trump a dit ce qu'il pensait, plutôt que la veille lorsqu'il lisait sur téléprompteur, depuis la Maison Blanche, un discours condamnant les "violences racistes".

Le parti de Lincoln

Signe clair d'embarras: les républicains ne se bousculaient pas sur les plateaux de télévision pour défendre l'ancien magnat de l'immobilier. Et les seules voix qui émergeaient étaient critiques.

"A Charlottesville, les torts sont clairement du côté du KKK et des suprémacistes blancs", a tranché sur ABC Ronna Romney McDaniel, qui dirige le parti républicain (RNC).

De son côté, le sénateur Lindsey Graham s'inquiétait ouvertement que "le parti de Lincoln offre un siège accueillant aux David Duke de ce monde".

Lors d'une conférence de presse improvisée et décousue dans le lobby de la Trump Tower à Manhattan, Donald Trump a renvoyé dos-à-dos les membres de la droite suprémaciste et les manifestants venus les dénoncer.

Dénonçant "l'Alt left qui a attaqué l'Alt right (terme qui désigne la droite alternative)", il a aussi souligné, dans une formule qui a marqué les esprits, qu'il y avait des gens "très bien" des deux côtés.

"Pourquoi sommes-nous surpris que le président qui avait lancé sa campagne par des appels à l'intolérance donne aujourd'hui des gages à ceux qui la prônent ?", s'interrogeait David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama.

Nombre d'observateurs rappellent que le magnat de l'immobilier a pendant des années alimenté une théorie du complot aux relents racistes sur le lieu de naissance de Barack Obama, avant de virer de bord vers la fin de la campagne.

Tweet d'Obama plébiscité

Samedi, peu après les violences, il avait provoqué une première vague d'indignation en refusant de condamner explicitement les groupuscules dont est issu le militant néofasciste ayant projeté sa voiture contre des manifestants.

Mercredi, il a finalement tweeté un bref hommage à la victime Heather Heyer "une jeune femme vraiment spéciale", pendant la cérémonie funéraire.

Son prédécesseur démocrate, Barack Obama avait réagi dès dimanche en tweetant une phrase de Nelson Mandela: "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau ou de ses origines, ou de sa religion".

Ce tweet est devenu le plus "aimé" de l'histoire du réseau social, a indiqué Twitter mercredi.

Dans son éditorial, le New York Times déplorait le comportement de M. Trump devenu "malheureusement non surprenant".

Soulignant les espoirs qui avaient été placés par nombre d'élus dans la nomination récente de John Kelly, un ancien général des Marines, au poste de secrétaire général de la Maison Blanche, le quotidien ajoutait: "Le coeur du problème n'est pas lié à la composition de l'équipe présentielle: il est lié l'homme qui est au sommet".

Depuis Saint-Louis dans le Missouri, où il fait un éphémère retour à la compétition, le légendaire joueur d'échecs russe Garry Kasparov a fait entendre sa voix, insistant sur la nécessité pour l'Amérique de "combattre la haine et rester libre".

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a lui ironisé sur Twitter sur les priorités des Etats-Unis, conseillant à la première puissance mondiale de "s'attaquer aux adeptes de la suprématie blanche plutôt que de se mêler des affaires d'autres nations".

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