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Des tâches policières transférées à des civils permettront à la Ville de Montréal d'économiser 11 millions $

La gestion de la circulation près des chantiers sera maintenant assurée par des cadets.

16/08/2017 10:00 EDT | Actualisé 16/08/2017 19:14 EDT
La Presse canadienne/Denis Beaumont

La Ville de Montréal économisera à terme 11 millions $ par année en confiant certaines tâches à des cadets ou à des agents civils plutôt qu'à des policiers, notamment la gestion de la circulation près des chantiers.

Les fonctionnaires de la Ville ont présenté publiquement mardi la convention collective entérinée la semaine dernière par la Fraternité des policiers de Montréal. On note que les cadets effectueront désormais la sécurité aux abords des chantiers de construction, jusqu'à concurrence de 75% des heures de travail nécessaires. Les 25% restants seront réservés aux policiers qui superviseront les cadets, surtout sur les chantiers plus complexes.

Jusqu'ici, la circulation était assurée par des policiers en temps supplémentaire. Les cadets étant moins bien rémunérés, les contribuables économiseront ainsi 6,2 M$ annuellement.

Des agents civils remplaceront des policiers pour d'autres tâches non policières pour des économies de 5,8 M$ à terme.

Le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, s'est réjoui de l'entente.

«C'est une entente qui reconnaît la complexité du travail d'un policier de Montréal dans son ensemble et qui s'assure que la rémunération des policiers demeure compétitive», a-t-il affirmé.

L'opposition doute

Le conseiller municipal Alex Norris, porte-parole de Projet Montréal en matière de sécurité publique, doute toutefois des chiffres avancés par la Ville.

«Je suis dubitatif, affirme-t-il en entrevue. Les cadets travaillent seulement à temps plein pendant les mois de juin, juillet et août. Je ne crois pas qu'on atteindra 75% des besoins pendant ces trois mois.»

M. Norris, qui est aussi vice-président de la Commission de la sécurité publique, se réjouit que la Ville tente d'éviter le «gaspillage du talent et de l'expertise des policiers et de l'argent des contribuables». Il croit toutefois que la Ville devrait créer un corps d'agents civils à temps plein pour gérer la circulation.

Salaires et suspensions

Divers éléments de la convention avaient déjà été coulés dans les médias. On note une augmentation de plus de 20% du salaire et des primes au cours des sept prochaines années. Ces augmentations font contrepartie à l'augmentation des cotisations au régime de retraite et au partage des risques avec la Ville. Ces mesures ont été imposées par la Loi sur les régimes de retraite dans le milieu municipal.

La convention collective abroge aussi les suspensions sans solde. Les policiers qui sont visés par une enquête au criminel ou en déontologie seront désormais toujours payés, à moins qu'ils soient emprisonnés ou qu'ils soient accusés pour des gestes commis en dehors de leur fonction.

«C'est une tendance qu'on voit dans d'autres villes», affirme la directrice des ressources humaines de la Ville, Diane Bouchard.

La semaine dernière, le porte-parole de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP) a dénoncé cette mesure, qu'il qualifie de «prime à la délinquance».

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