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Kenya: un bébé meurt après avoir été frappé par la police

La police réprimait des émeutes post-électorales

15/08/2017 12:57 EDT | Actualisé 15/08/2017 12:59 EDT
omersukrugoksu via Getty Images

Un bébé de six mois a succombé à ses blessures mardi au Kenya après avoir été frappé vendredi soir par la police à son domicile dans un bidonville de Kisumu (ouest du pays) alors que cette dernière réprimait des émeutes post-électorales, a annoncé le père de l'enfant.

Samantha Pendo avait été admise à l'hôpital et se trouvait dans le coma depuis vendredi soir. Selon Joseph Abanja, le père de l'enfant, la police a lancé des grenades lacrymogènes dans leur maison avant de forcer la porte d'entrée puis de rouer de coups de bâtons son épouse et lui-même.

Le bébé, qui se trouvait dans les bras de sa mère, a reçu un coup à la tête.

"J'ai perdu ma fille il y a quelques instants, qu'elle repose en paix", a déclaré à l'AFP mardi Joseph Abanja. "Pourquoi devaient-ils nous frapper et blesser mon ange innocent? Nous avions suivi l'ordre du gouvernement de voter et puis de rester chez nous. Pourquoi devaient-ils venir nous chercher dans nos maisons?".

Samantha Pendo est devenue le visage de la brutalité de la répression des émeutes ayant suivi l'annonce de la réélection d'Uhuru Kenyatta, que l'opposant Raila Odinga estime entachée de fraudes, alors que les médias locaux ont rapporté des récits similaires de raids policiers dans des maisons.

Dans un incident distinct, une fillette de neuf ans qui se trouvait au balcon de sa maison dans le bidonville de Mathare, à Nairobi, a été tuée par une balle perdue alors que la police tirait des coups de feu pour disperser les manifestants.

Au moins 17 personnes ont été tuées et 177 blessées dans les violences ayant éclaté de vendredi soir à samedi soir dans certains bastions de l'opposition, dans les bidonvilles de Kibera, Mathare et Kawangware, à Nairobi, ainsi qu'à Kisumu et Siaya, dans l'ouest du pays.

La police a nié que des manifestants pacifiques aient été tués, et affirmé que ceux qui l'ont été commettaient des actes criminels tels que des viols et pillages, et s'en étaient pris à des policiers.

Dans un éditorial acerbe mardi, le Daily Nation a dénoncé "les mensonges éhontés au sujet des morts dans les émeutes", et appelé les forces de police à ne pas se substituer à la loi.

Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a pour sa part estimé qu'il revenait au gouvernement de "s'assurer que les forces de sécurité donnent la priorité au dialogue et aux solutions non violentes, qu'elles agissent avec retenue et qu'elles ne fassent usage d'une force proportionnée que si elles ne peuvent l'éviter".