DIVERTISSEMENT

L’heure du déménagement pour Éric Salvail

«Il y a une vibe autour de Rouge actuellement, que j'aime énormément...»

14/08/2017 13:54 EDT | Actualisé 14/08/2017 19:43 EDT
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Le déménagement est effectif dès aujourd'hui. Éric et les fantastiques, alias Éric Salvail et ses collaborateurs forts en gueule, laissent Énergie derrière eux et plantent leur drapeau à Rouge ce lundi, 14 août, à 16h.

L'émission change de chaîne, mais demeurera exactement la même, si ce n'est du fait que Renée-Claude Brazeau a quitté le panel de «fantastiques» et qu'Étienne Boulay et Dominic Paquet, qui étaient auparavant des «fantastiques chouchous» (ou occasionnels) y seront maintenant réguliers. Réal Béland, Stéphane Gendron, Antoine Vézina, Pierre Hébert, Jean-François Breau, Rémi-Pierre Paquin, Phil Roy, Mike Ward, Virginie Fortin, Mélanie Maynard, Maripier Morin, Anne Casabonne et Anne-Élisabeth Bossé continueront d'aller et venir autour du capitaine Salvail.

Pour le reste, Salvail et ses troupes n'ont pas l'intention de s'assagir ou de se censurer parce qu'ils changent d'adresse. Au contraire : on a utilisé le concept qui faisait lever les fins d'après-midis depuis deux ans à Énergie pour remodeler littéralement le contenu et l'image de Rouge (on ne dit désormais plus Rouge FM). Nouveau logo, nouvelles affiches promotionnelles (dévoilées lundi, où les différents intervenants de l'antenne s'amusent sur fond rouge avec différents accessoires), ton un peu plus léger ou corrosif, ambiance musicale davantage au goût du jour : quiconque effleurera la fréquence Rouge dans les prochaines semaines remarquera les modifications. On notera même une évolution dans les voix des autopromotions de la station. Et c'est Éric et les fantastiques qui a servi de point de départ à cette mise à niveau.

«Ça ne devient pas un show musical parce qu'on s'en va à Rouge, nuance Éric Salvail à propos de ses Fantastiques. On ne touche à rien. Ça marchait, et on continue dans ce sens-là, à part le fait que, derrière moi, il y aura des drapeaux rouges au lieu de ceux d'Énergie. On ne veut pas qu'un Mike Ward ou une Maripier Morin changent de ton parce qu'on est dans un autre station.»

Audacieux et actuel

Éric Salvail n'est pas qu'un as communicateur. Il est également un pro du marketing, capable de faire passer son message. L'enthousiasme avec lequel il cause de la transformation de Rouge ferait pâlir d'insécurité n'importe quel relationniste aguerri. Il le répètera à plusieurs reprises, directement ou indirectement, pendant l'entrevue : le «nouveau» Rouge est plus dynamique, plus frais et pétillant, moins dans la confidence et les «grands slows» de l'époque Rock Détente.

«Il y a une vibe autour de Rouge actuellement, que j'aime énormément, plaide l'homme de la situation avec conviction. Je le sens dans les bureaux, avec les gens qui me parlent dans la rue. Il y a une énergie extraordinaire autour de ce rebranding-là.»

«Je pense vraiment qu'on tient quelque chose. On propose un produit plus audacieux et actuel, qui va être agréable pour les auditeurs.»

Lui qui n'avait jamais fait de radio ailleurs qu'à Énergie depuis ses premiers balbutiements comme animateur, au début des années 2000, a eu son mot à dire sur le brassage de cartes à Rouge, aussi marqué par l'arrivée de Mélanie Maynard et Dominic Arpin, autres transfuges d'Énergie, à la barre d'On est tous debout, le matin.

Non, Éric Salvail n'est pas en charge de faire signer les contrats à ses collègues ou de réprimander l'un ou l'autre en cas de résultats de sondages décevants, mais la tête d'affiche a voulu s'assurer d'une certaine unité et vérifier si l'ensemble de Rouge irait dans le même sens qu'Éric et les fantastiques, lorsqu'il a accepté de bouger d'une plateforme à l'autre. Et ce n'est pas que dans le rayon montréalais que les «rénovations» seront apportées, mais bien sur l'ensemble du réseau Rouge. Éric Salvail était d'ailleurs en entrevue dès 7h, aujourd'hui, dans différentes régions, pour propager la bonne nouvelle et annoncer les couleurs de la marque revampée.

«Quand on m'a proposé ce changement-là, je voulais voir ce qu'on avait en arrière de la tête. Nous, on était là entre quatre heures et six heures, mais c'était quoi, le reste? Je n'ai pas droit de vie ou de mort sur les animateurs de Rouge, mais j'ai donné mon opinion sur la grille. On a mis cartes sur table devant moi pour me permettre de savoir où j'allais. Je ne voulais pas qu'on amène Éric et les fantastiques à Rouge, mais que le reste ne bouge pas. Il y avait des changements à faire, je voulais que ça soit majeur. La marque Rouge n'est pas morte, loin de là!»

«Je veux gagner, ajoute Éric Salvail. J'ai des amis ailleurs, sur d'autres chaînes : José Gaudet, Richard Turcotte, Sébastien Benoît, Marie-Soleil Michon. Ce sont des gens que j'aime, que j'apprécie. Je ne pars pas en guerre contre eux, pas du tout, mais je veux que nous, on soit meilleurs que la dernière fois.»

Équipe tissée serré

Éric Salvail est conscient de tenir une formule de qualité avec Éric et les fantastiques. Il faut avoir écouté cette joute verbale au moins une fois pour constater à quel point le mélange des tempéraments des «fantastiques» est gagnant en ondes, et les sujets de débats, bien choisis. À cet égard, Salvail rend hommage à Janik Richard, productrice au contenu, une complice qu'il qualifie de «vraiment exceptionnelle».

«Gérer les Fantastiques, tout comme les Échangistes (qu'il produit, à Radio-Canada), c'est une garderie, illustre Éric Salvail. On est 16, chacun a sa personnalité différente. Janik gère ça, elle recueille les sujets, les volontés de tout le monde, tous les jours. Je lui lève mon chapeau, bien bas. C'est une passionnée de la radio, cette émission-là lui va comme un gant. Elle a une drive que j'apprécie chez les gens avec qui je travaille, qui sont passionnés et qui ont le couteau entre les dents. Elle et moi, à la radio, nos regards se croisent et on sait qu'on pense la même chose.»

Deux scripteurs, Félix Turcotte et Guillaume Arcand, et un réalisateur, Simon Collins (nouveau venu cette année), complètent le bataillon d'artisans invisibles, mais bien présents, d'Éric et les fantastiques. Les vedettes qu'on entend, elles, forment un clan tissé très serré. Elles se tirent la pipe en ondes, en toute autodérision et authenticité. Rien de ce qu'on entend, les taquineries et les fous rires comme les malaises, n'est planifié ou calculé, jure Éric Salvail.

«On prend souvent des verres ensemble, on a vraiment du fun», signale-t-il au sujet de sa bande.

Éric et les fantastiques se diffuse chaque jour du deuxième étage de l'Astral, là où se déploient les bureaux de sa maison de production, Salvail et co, et où il enregistre quotidiennement En mode Salvail.

Chaque jour, notre hyperactif arrive dans son studio «maison» à 15h, histoire de s'imprégner des thèmes à venir et de l'actualité, et il ouvre son rendez-vous une heure plus tard avec ses acolytes. Dans les derniers mois, le contenu d'Éric et les fantastiques a été analysé au peigne fin, minute par minute, pour étudier ce qui est populaire auprès de l'auditoire et ce qui l'est moins.

«On a un plan de match très serré et solide à chaque jour. Éric et les fantastiques, c'est un show d'émotions : on rit en masse, on pleure, on se «pogne». Comme dans la vie des gens. On a les mêmes préoccupations que ceux et celles qui nous écoutent», décrète Éric Salvail.

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