POLITIQUE

Des bancs de granite «honteux» sur le mont Royal, estime Valérie Plante de Projet Montréal

Les blocs sont des bancs censés inviter les passants à se détendre en observant la montagne.

08/08/2017 13:06 EDT | Actualisé 08/08/2017 16:47 EDT
Olivier Robichaud

La chef de Projet Montréal Valérie Plante a «inauguré» les bancs de granite installés sur le mont Royal lors d'une cérémonie sarcastique critiquant le choix de ce legs du 375e anniversaire de Montréal.

Les bancs, de simples blocs sensés inviter les passants à se détendre en observant la montagne, reçoivent des commentaires mitigés depuis leur installation. Ayant coûté 3,5 M$, ils font partie du projet Escales découvertes, un projet de 8,26 M$ qui comprend diverses structures mettant en valeur le patrimoine du mont Royal.

Les bancs n'ont pas fait l'objet d'une cérémonie officielle et ne sont pas mentionnés dans le communiqué annonçant l'inauguration d'Escales découvertes en juin dernier, mais leur installation a été soulignée dans le cadre de l'événement.

«Je crois que le maire a honte de ces blocs. Quand M. Coderre est fier d'un projet, il est bien content d'être devant les médias», lance-t-elle.

Un constat qui n'est pas partagé par Réal Ménard, responsable des grands parcs au comité exécutif de la Ville.

«Lors de l'événement, tout le monde était admiratif. Escales Découvertes est un projet bien intégré», affirme-t-il.

Rappelons qu'Escales découvertes comprend une série de textes écrits par des poètes montréalais, ainsi que des panneaux décrivant la valeur historique et patrimoniale du chemin de la Côte-des-Neiges. La portion du parc du Mont-Royal située sur le sommet d'Outremont a aussi été renommée pour devenir le parc Tiohtià:ke Otsira'kéhne.

Assis par terre... tout près des bancs

Selon la chef de l'opposition, les bancs de granite sont un échec.

«Avez-vous déjà vu des gens assis sur les blocs? Souvent, on les voit assis à côté parce qu'ils ne savent pas à quoi ça sert», souligne Mme Plante.

Lors de la conférence de presse, deux groupes étaient effectivement installés sur le gazon, à quelques pas des fameux blocs.

Olivier Robichaud

Contrer l'agrile du frêne

La chef de Projet Montréal estime que les 3,5 M$ investis pour les blocs auraient dû être investis pour contrer l'agrile du frêne. Environ 27 000 arbres seraient menacés sur le mont Royal, selon le parti d'opposition.

Projet Montréal promet d'investir 30 millions $ sur 10 ans afin de planter 30 000 nouveaux arbres sur la montagne.

Réal Ménard qualifie cette sortie de «démagogue».

«Nous avons un plan pour planter 300 000 arbres dans toute la ville sur un horizon de 10 ans. Nous avons d'ailleurs augmenté le budget de verdissement de Montréal, qui est passé de 2 ou 3 M$ annuellement à 23 M$.»

Selon M. Ménard, la Ville s'affaire toujours à détecter les problèmes d'agrile du frêne et à sauver, si possible, les arbres infectés. Lorsqu'un arbre doit être abattu sur le mont Royal, il est remplacé.

En juin, un rapport de la vérificatrice générale indiquait que Montréal n'est pas en mesure de déterminer si sa stratégie de lutte contre l'agrile du frêne fonctionne.

Olivier Robichaud