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Les différences «biologiques» expliqueraient la faible présence des femmes à Silicon Valley selon une lettre de Google

De nombreuses personnes chez Google ont rejeté fermement cette affirmation lancée par un ingénieur masculin.

07/08/2017 14:32 EDT | Actualisé 07/08/2017 14:32 EDT
Nicolas McComber via Getty Images

Google se retrouvait dimanche sur le banc des accusés dans le débat en cours sur le sexisme dans la "tech", milieu dominé par les hommes, après qu'un de ses salariés a expliqué la très faible présence des femmes par des différences "biologiques".

Dans une note interne de 3000 mots, un ingénieur de sexe masculin non identifié affirme que "les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et (donc) ces différences peuvent expliquer pourquoi on n'a pas une représentation égale des femmes dans la tech et (dans les fonctions de) leadership".

Les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, selon l'auteur, plus enclines "aux sentiments et l'esthétique plutôt que vers les idées", ce qui fait qu'elles optent pour des carrières "dans le social ou l'artistique".

"Ce sont des fadaises sexistes, habillées dans un discours sur la protection non méritée de la liberté d'expression", fustige la journaliste Kara Swisher du site spécialisé Recode.net.

"Ce n'est pas un point de vue que moi et l'entreprise soutenons, promouvons ou encourageons", a fermement rejeté dans un courriel aux salariés Danielle Brown, la responsable diversité du géant de l'internet, recrutée il y a quelques mois de chez Intel et en fonction seulement depuis un mois.

Jugeant "incorrectes les hypothèses avancées sur le genre", elle affirme que "la diversité et l'inclusion sont une part fondamentale de nos valeurs et de la culture que nous cultivons".

Dans cette missive que s'est procurée l'AFP, Mme Brown ajoute toutefois que Google a toujours voulu défendre "une culture dans laquelle ceux qui ont des points de vue différents, y compris politiques, se sentent en sécurité pour les exprimer".

Sanctions?

Il était difficile de savoir dimanche soir si le géant de l'internet prévoyait de prendre des mesures disciplinaires contre l'ingénieur en question.

Ari Balogh, le patron des ingénieurs, a pour sa part dénoncé des "stéréotypes nuisibles".

"Un des aspects du message qui m'a le plus profondément troublé est son parti pris sous-jacent qui veut que des hommes ou des femmes ressentent ou agissent d'une certaine façon. Ce sont des stéréotypes et c'est nocif", écrit-il dans un courriel interne, également consulté par l'AFP.

Actuellement, 69 % des salariés de Google sont des hommes, une proportion qui monte à 80 % dans les emplois technologiques, selon les derniers chiffres du groupe.

Chez Facebook, les femmes n'étaient que 27 % parmi les cadres supérieurs en 2016. Quant à Apple, il compte 37 % de femmes au total.

La controverse Google vient s'ajouter à une cascade de scandales et démissions liés au manque de diversité dans la Silicon Valley.

Travis Kalanick, le cofondateur d'Uber, a démissionné le 21 juin, après des accusations de sexisme et de harcèlement à l'encontre de cadres dirigeants du géant de la location de voitures avec chauffeur. Connu pour ses blagues sur ses conquêtes féminines, il était accusé d'avoir lui-même encouragé une culture d'entreprise propice aux dérapages.

Fin juin, c'est l'investisseur ("venture capitalist", VC) Justin Caldbeck, qui a quitté son fonds d'investissement, Binary Capital, six femmes avaient affirmé avoir reçu des avances alors qu'elles cherchaient à lever des fonds.

Quelques jours plus tard, c'est un autre investisseur du secteur, Dave McClure, qui a avoué avoir "fait des avances à de nombreuses femmes dans des situations professionnelles". Il avait intitulé son texte de mea culpa : "je suis un tordu".

Toutes ces affaires éclatent trois ans après qu'Ellen Pao est devenue un symbole du sexisme supposé de la Silicon Valley en poursuivant pour discrimination son ex-employeur, KPBC, une société de capital-risque. Mais elle avait perdu son procès.

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