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Osheaga Jour 2 | Muse, Major Lazer, Liam Gallagher, Broken Social Scene et Jain

De Muse à Jain, voici nos commentaires à propos de la performance de certains artistes.  

06/08/2017 10:01 EDT | Actualisé 07/08/2017 14:15 EDT

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Le festival Osheaga s'est poursuivi samedi sous un ciel clément, voire ensoleillé. Contrairement à la journée précédente, les festivaliers ont pu profiter du beau temps pour la quasi-totalité de l'événement, excepté durant la prestation de Major Lazer. De Muse à Jain, voici nos commentaires à propos de la performance de certains artistes.

La grandiloquence de Muse

Le mythique groupe britannique Muse était la tête d'affiche d'Osheaga, samedi. Bien que son spectacle soit d'une impitoyable efficacité sur le plan des éclairages et des projections, on ne peut pas dire que musicalement c'est la crème de ce qui se fait en rock sur la planète. Génies pour certains, hautement surestimés pour d'autres, les gars de Muse ont néanmoins donné ce qu'il fallait pour la majorité de leurs amateurs, présents en très grand nombre sur l'espace vert devant la scène de la Rivière.

Pour les néophytes, les curieux ou les sceptiques, cela dit, il n'y a rien eu de renversant dans l'offrande de Muse. Oui, nous comprenons l'approche conceptuelle et parfois expérimentale de la musique de la formation, mais disons-le franchement, Muse a trop peu de bonnes chansons.

Guidé par le chanteur-guitariste à lunettes colorées Matt Bellamy, le groupe a proposé un rock pesant qui contient peu de subtilité. Muse c'est d'abord les prouesses guitaristiques, les drones et les rythmes énergiques, qui flirtent parfois avec le metal. Et que dire de l'instrument qui brille dans le noir grâce à des lumières LED...?

C'est avec le tout récent extrait Dig Down que la formation a commencé le concert. Devant la scène, une marée (30 000 personnes?) d'humains apprivoisait ce nouveau morceau qui prend sa place lentement. Muse a ensuite catapulté Psycho (de l'album Drones, paru en 2015). Pas mal.

Durant la première demi-heure, on a aussi entendu Hysteria (de l'album Absolution) et son buzz final en hommage à AC/DC, Time Is Running et Stockholm Symdrome.

Au terme de ces morceaux, un constat : le travail de Muse sur scène se ressemble beaucoup d'une pièce à l'autre.

C'est là que nous avons décidé d'aller voir ailleurs (un peu de Nicolas Jaar, ce très respecté DJ qui proposait en formule live sa musique électro sur la scène de l'île Bacardi) ce qui se passait sur le site et d'abandonner l'univers futuriste et alarmé de Muse. Note : dans le cadre du festival Osheaga, l'amplitude surdimensionnée de l'oeuvre de Muse convient quand même très bien au public. Existait-il un meilleur artiste ou groupe pour clore la journée de samedi ? Possiblement. Cela dit, c'est plus facile à dire qu'à concrétiser. Il faut le dénicher tout en arrivant à fédérer des dizaines de milliers de festivaliers. Pas simple.

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Major Lazer

Devenu extrêmement populaire il y a quelques années, ce groupe américain (formé en 2008) a envoyé plusieurs «galettes» électro sur la scène de la Montagne, à compter de 20h20. Accompagnée par le travail fort réussi de quelques superbes danseuses noires (ayant de courts vêtements noirs ajustés au corps), la bande du DJ Diplo a balancé ses rythmes dansants devant une énorme foule de personnes, qui dans l'ensemble, ont paru avoir un plaisir fou. Même la pluie, qui est finalement tombée sur le site à partir de la moitié du spectacle, n'a pas paru jouer les trouble-fête. Étrange, cette averse est arrivée aussi subitement qu'elle est repartie, une demi-heure plus tard.

Que ce soit sur le tube monstre Lean On (plus de 2 milliards d'écoutes sur YouTube) ou sur des morceaux d'inspiration caribéenne (même le Brésil a eu son moment de gloire), Major lazer a livré la marchandise. Mémorable? Pas du tout. Inspirant ? Non plus. Cela dit, ce collectif de DJ a fait le travail, comme on dit. Avec Major Lazer, l'idée est de lâcher un peu son fou (ça dansait un peu partout) et de vivre le moment présent.

Broken Social Scene, peu convaincant

On ne sait jamais trop ce que Broken Social Scene nous réserve sur scène. À Osheaga, le collectif indie-rock torontois, mené par Kevin Drew, était composé de six musiciens. Du moins, au départ. En ouverture, Broken Social Scene a offert une pièce assez mélodique et plutôt réussie. Cinq minutes plus tard, Emily Haines (la chanteuse du groupe de Toronto, Metric) est arrivée sur scène pour interpréter Halfway Home. Autour d'elle, ils étaient maintenant une douzaine de personnes. La main gauche dans une poche de son pantalon, Haines a fait ce qu'elle pouvait pour nous convaincre que la fête était heureuse, en vain.

Cause = Time, Texico Bitches et autres pièces n'ont pu nous persuader que la performance du groupe était de qualité, malheureusement. Trop d'improvisation ? Trop de gens ? Trop peu de temps passé ensemble, les musiciens ? Seul Broken Social Scene pourra en tirer ses propres conclusions.

À la fin du concert, il fallait bien se rendre à l'évidence, quelque chose ne collait pas dans la proposition générale.

L'unique Liam Gallagher

Vêtu d'un parka noir malgré les 27 degrés Celsius, le chanteur du cultissime groupe britannique Oasis (ce duo complété par son frère guitariste Noel est en hiatus depuis huit ans) était sur la scène de la Montagne. «Someone told me it was fucking cold here! That's why I'm wearing a parka.» Traduction libre : «Quelqu'un m'a dit qu'il faisait horriblement froid à Montréal. Voilà pourquoi je porte un parka.»

Tout est possible quand l'énergumène (il a un tempérament et un égo surréel) est dans les parages... Heureusement, il a cette fois livré un spectacle plus que respectable en enchaînant les morceaux rock'n'roll (les lettres étaient d'ailleurs écrites en noir sur une grosse affiche blanche tout comme son nom à l'écran géant derrière le groupe). Quoi de plus éloquent qu'un concert qui commence avec le titre Rock'n'Roll Star (1994), d'Oasis. Liam, 45 ans, se qualifie lui-même de dernière véritable vedette rock de la planète. C'est ça !

Durant les 45 minutes de concert, il a partagé un mélange de chansons signées par son frangin (Morning Glory, Slide Away, Be Here Now), sans négliger quelques pièces de son premier album solo (As You Were), qui paraîtra en octobre. Mentionnons Bold et l'efficace Wall of Glass. Ce dernier morceau a déjà été diffusé et est même accompagné d'un vidéoclip.

Gallagher était accompagné pour l'occasion de deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un claviériste. Quant à lui, il est resté la plupart du temps devant un micro posé sur trépied. De sa voix légèrement plaintive et nasillarde, il a chanté sans anicroche une dizaine de morceaux. Impossible de passer sous silence son interprétation de l'énorme succès d'Oasis, Wonderwall.

Visiblement satisfait de son expérience, contrairement à celle à Chicago (il a quitté abruptement la scène après 4-5 chansons pour des justifications vocales !), Liam Gallagher a pris le temps de dire que les spectateurs avaient été sensationnels. Ça fait changement du «Fuck you» habituel qu'il affectionne dans la vie de tous les jours... À suivre.

La belle Jain

La jeune chanteuse Jain – qui portait son classique col Claudine - donnait son 200e spectacle de sa carrière dans le cadre du festival. Seule sur scène, la nouvelle princesse de la pop française s'est donnée corps et âme sur la scène de la Montagne pour capter l'attention des quelques milliers de festivaliers dispersés devant elle. D'ailleurs, la majorité d'entre eux semblait déjà vendue à la cause.

Avec l'aide de sa boîte à rythmes, Jain, 25 ans, a partagé ses bonnes pièces de pop métissée, dont Come (sur laquelle Jain jouera de la guitare) et Makeba, bien entendu. Mentionnons que beaucoup d'Américains, voire de Canadiens anglophones, ne semblaient pas trop connaître cette artiste. Pourtant, plusieurs dansaient çà et là, sur les propositions musicales de l'auteure-compositrice-interprète.

Nous avons eu l'impression que son cercle de fans grossissait à vu d'œil.

Osheaga - Jour 2