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Trump promulgue des sanctions contre la Russie

«La loi reste très imparfaite», a déploré le président américain.

02/08/2017 13:01 EDT | Actualisé 02/08/2017 13:04 EDT

Donald Trump a promulgué mercredi les nouvelles sanctions économiques contre la Russie voulues par le Congrès américain, tout en prenant immédiatement ses distances avec ce texte "très imparfait" susceptible de saper ses efforts pour réchauffer des relations au plus bas avec Moscou.

Ces sanctions, qui frappent notamment le secteur énergétique russe, visent à punir Moscou après les accusations d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine, ainsi que pour l'annexion de la Crimée et son attitude en Ukraine. Le texte sanctionne aussi l'Iran et la Corée du Nord.

Outre une riposte immédiate de Moscou, il a entraîné des critiques dans l'Union européenne, qui craint pour son approvisionnement en gaz et dénonce une action unilatérale pouvant frapper certaines de ses entreprises en lien d'affaires avec la Russie.

L'exécutif américain n'avait pas caché ses réserves avant l'adoption des nouvelles sanctions par le Congrès. Mais les élus américains les ont adoptées la semaine dernière à la quasi-unanimité et Donald Trump a donc décidé de ne pas y opposer son veto, car le Congrès aurait pu facilement passer outre le non présidentiel en revotant son projet de loi à la majorité des deux tiers.

"La loi reste très imparfaite", a déploré le président américain dans un communiqué, après y avoir apposé sa signature à l'abri des caméras.

Les nouvelles sanctions "ne changent rien" pour Moscou

La promulgation par le président américain Donald Trump de nouvelles sanctions économiques contre la Russie "ne change rien" pour Moscou, a assuré mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"De facto, cela ne change rien", a-t-il déclaré, cité par les agences de presse russes, en rappelant que la Russie "avait déjà pris des mesures de rétorsion" à ces sanctions adoptées par Washington pour punir Moscou de son ingérence présumée dans l'élection présidentielle américaine.

La réaction de la Russie n'a pas attendu la signature de Donald Trump. Dès vendredi, elle a annoncé une prochaine réduction drastique de la présence diplomatique américaine sur son territoire : Washington devra réduire à partir du 1er septembre à 455 les effectifs du personnel de son ambassade et de ses consulats.

L'élection à la Maison-Blanche du magnat de l'immobilier avait laissé entrevoir une possible amélioration des relations entre Washington et Moscou, qui ne s'est toutefois pas concrétisée, sur fond d'accusations d'ingérence russe dans la présidentielle américaine.

"Les relations sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide, et peuvent encore se détériorer", a redit mardi le secrétaire d'État américain Rex Tillerson. Il est même allé plus loin, redoutant que cette aggravation soit désormais en cours avec "les événements de cette dernière semaine". Il rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov en tête-à-tête au cours du weekend en marge d'une réunion à Manille.

"Nous espérons qu'il y aura une coopération entre nos deux pays sur les principaux dossiers internationaux, de manière à ce que ces sanctions ne soient plus nécessaires", a déclaré le président Trump dans son communiqué.

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