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Les obscénités de Scaramucci causent des maux de tête aux médias américains

Propos vulgaires: diffuser ou ne pas diffuser?

28/07/2017 10:54 EDT | Actualisé 28/07/2017 16:29 EDT

Les insultes et obscénités lancées par Anthony Scaramucci ont causé de sérieux maux de tête aux médias américains.

Le nouveau directeur des communications de la Maison-Blanche a communiqué tard mercredi avec le journaliste Ryan Lizza. M. Scaramucci aurait à ce moment déclaré que le chef du cabinet du président Trump, Reince Priebus, est un «enfoiré de schizophrène paranoïaque» (f*****g paranoid schizophrenic).

Il aurait ensuite ajouté qu'il ne ressemble pas à l'un des principaux stratèges du président, Steve Bannon, «qui essaie de se s***r lui-même» (I'm not Steve Bannon, I'm not trying to s**k my own c**k).

M. Scaramucci laissait à ce moment entendre à M. Lizza que M. Priebus était responsable de la fuite de renseignements financiers le concernant, et que M. Bannon était plus intéressé à promouvoir ses propres intérêts que ceux du président.

Le magazine The New Yorker, pour qui écrit M. Lizza, a reproduit les propos de M. Scaramucci intégralement, sans censure. Le quotidien The New York Times a fait de même: l'éditeur adjoint Clifford Levy a expliqué sur Twitter que l'équipe éditoriale a conclu qu'il était digne d'une couverture médiatique qu'un proche du président utilise un tel langage, et que ses lecteurs ne devraient pas devoir fouiller ailleurs pour savoir ce qu'il a dit.

Le Washington Post a lui aussi repris les propos de M. Scaramucci a l'endroit de M. Priebus, mais il a laissé de côté les actes autoérotiques attribués à M. Bannon. Un représentant du quotidien a dit que l'explosion de M. Scaramucci est «vulgaire, revancharde et volatile».

«Habituellement nous ne reproduisons pas de tels mots en entier, mais quand ils sont ceux d'un haut dirigeant du gouvernement dans l'exercice de ses fonctions, nous croyons qu'une exception est justifiée», a dit la porte-parole Kris Coratti.

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Deux journalistes de l'Associated Press, Julie Bykowicz et Jonathan Lemire, ont écrit que M. Scaramucci «expose au grand jour les querelles intestines (à la Maison-Blanche) avec un langage plus approprié à un film de mafia qu'au siège de la présidence». L'agence de presse a utilisé des tirets pour censurer la description de M. Priebus par M. Scaramucci.

Les règles de l'Associated Press interdisent l'utilisation d'obscénités, d'épithètes raciales ou d'autres injures «sauf si elles font partie d'une citation directe ou s'il y a une raison essentielle de les utiliser». Les propos de M. Scaramucci répondaient au premier critère, mais les éditeurs de l'AP ont jugé qu'il n'y avait pas de raison essentielle de répéter les obscénités.

Les réseaux de télévision ont fait preuve d'une grande prudence. CNN n'a pas utilisé les mots en ondes, mais on les trouvait sur son site internet accompagnés d'une mise en garde sévère concernant le contenu de l'article.

Du côté de NBC, la journaliste Kristen Welker a dit que les termes utilisés par M. Scaramucci pour attaquer M. Bannon «sont si vulgaires qu'ils ne peuvent être répétés à la télévision».

Enfin, la journaliste Rachel Maddow, du réseau MSNBC, a expliqué que M. Scaramucci a décrit «un acte anatomiquement difficile, mais non impossible, pour laisser entendre que (M. Bannon) est plus intéressé à faire la promotion de ses propres intérêts que ceux du président».