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La Corée du Nord tire un nouveau missile balistique dans la mer du Japon

«Nous évaluons la situation et nous aurons plus d'informations bientôt», a déclaré le porte-parole du Pentagone.

28/07/2017 11:49 EDT | Actualisé 28/07/2017 16:04 EDT
KCNA KCNA / Reuters

La Corée du Nord a procédé vendredi à un nouveau tir de missile balistique, qui a fini sa course en mer du Japon, conduisant les Etats-Unis et la Corée du Sud à envisager des "options de réaction militaire".

Washington, Tokyo, Séoul, l'UE et Paris ont immédiatement condamné le tir de Pyongyang, qui serait selon le Pentagone le second missile balistique intercontinental (ICBM) lancé par la Corée du Nord en un mois.

"Notre analyse est que ce missile était un missile balistique intercontinental" (ICBM), a déclaré le capitaine de vaisseau Jeff Davis, porte-parole de la Défense américaine. Le missile "a été tiré depuis Mupyong-ni et a volé sur environ 1000 kilomètres avant de tomber dans les eaux de la mer du Japon".

Selon la Russie, qui entretient des relations avec Pyongyang, ce missile serait toutefois un engin "portée intermédiaire".

Les chefs militaires américains et sud-coréens ont discuté d'"options de réaction militaire", selon le Pentagone. Le général Joe Dunford, chef d'état-major inter-armées, et l'amiral Harry Harris, chef du commandement Pacifique de la marine américaine, se sont entretenus avec le chef d'état-major inter-armées sud-coréen, le général Lee Sun Jin.

"Au cours de cet appel, Dunford et Harris ont exprimé l'engagement irrévocable envers l'alliance américano-sud-coréenne", a indiqué le bureau du général Dunford dans un communiqué.

Le Pentagone prépare depuis longtemps l'éventualité d'un conflit avec la Corée du Nord, mais le langage tranchant de ce communiqué marque une évolution par rapport aux précédentes réactions publiques ayant suivi des essais de missiles.

Auparavant, il s'agissait de critiquer les tirs, mais sans mentionner d'options militaires de représailles.

Ce lancement survient un mois à peine après le premier test réussi par Pyongyang d'un missile balistique intercontinental (ICBM) susceptible d'atteindre le nord-ouest des Etats-Unis, en particulier l'Alaska.

Ce succès technologique, réalisé le 4 juillet, jour de la fête d'indépendance des Etats-Unis, rapproche le régime communiste de son objectif : être en mesure de menacer le territoire continental américain du feu nucléaire.

Réunions d'urgence à Tokyo et à Séoul

Tiré le lendemain du 64e anniversaire de l'armistice qui a mis fin à la guerre de Corée (1950-1953), il a atteint une altitude de 681 km et a parcouru 732 km avant de tomber en mer du Japon, sans poser de menace pour la Russie, selon Moscou.

Du côté du Japon, l'un des pays les plus exposés à la menace nord-coréenne, le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé une réunion de son conseil de sécurité nationale.

Le "missile balistique lancé depuis la Corée du Nord a volé pendant 45 minutes et est tombé dans notre zone économique exclusive, en mer du Japon". Il n'y a pas eu de "dégâts infligés à des bateaux ou à des avions", a déclaré le porte-parole du Premier ministre japonais.

Le président sud-coréen Moon Jae-In a lui aussi convoqué une réunion d'urgence de son équipe de sécurité nationale, selon l'agence de presse Yonhap.

L'Union européenne a condamné le nouveau tir de missile, estimant qu'il "menaçait sérieusement la paix et la sécurité internationales". Ce tir "est une violation flagrante des obligations internationales de la Corée du Nord telles que posées dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a indiqué un communiqué de la diplomatie européenne.

La France a pour sa part appelé à "l'adoption rapide de sanctions additionnelles et fortes" par le Conseil de sécurité de l'Onu.

Jusqu'ici, la stratégie des Etats-Unis - qu'il s'agisse de l'administration de Donald Trump ou de celle de Barack Obama - n'a pas porté ses fruits : malgré un renforcement des sanctions internationales à l'ONU et des pressions sur la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, le régime du dirigeant Kim Jong-Un a poursuivi ses programmes militaires balistique et nucléaire.

Aux Nations unies, l'ambassadrice américaine Nikki Haley a fait état cette semaine de progrès avec Pékin pour imposer de nouvelles sanctions "assez dures" contre la Corée du Nord.

Le Japon a décidé unilatéralement vendredi d'imposer de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, tandis que la chambre basse du Congrès américain a adopté mardi à la quasi-unanimité une proposition de loi imposant de nouvelles sanctions contre plusieurs pays dont la Corée du Nord.

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