BIEN-ÊTRE

«C’est mon histoire!»: Du Maghreb au Québec, le succès de Danièle Henkel (PODCAST)

L’entrepreneure et célèbre «Dragonne» témoigne de son immigration réussie au Québec.

25/07/2017 12:19 EDT | Actualisé 26/07/2017 09:08 EDT
Courtoisie

Vivre à la lisière de deux pays, deux cultures, deux mondes, sans être pleinement dans l'un ou entièrement dans l'autre. Un exercice d'équilibriste sur un fil suspendu entre deux univers, oscillant entre nostalgie et promesse d'avenir. Les exilés se retrouvent sur une frontière ténue entre le monde qu'ils ont laissé derrière eux en partant et une terra incognita qui suscite un étrange mélange d'inquiétude, d'exaltation et de folles espérances.

L'immigrant se retrouve alors face un dilemme, pris entre deux feux, celui d'adopter la nouvelle culture du pays d'accueil pour optimiser ses chances de réussite, et celui de rester fidèle à ses origines évitant à tout prix de passer pour un renégat. Comment écrire dès lors, une nouvelle page de sa vie sans trahir les siens et surtout sans se trahir soi-même ?

Des mouvements identitaires ayant de plus en plus pignon sur rue dans les pays d'accueil, exigent des immigrants de faire table rase du passé en gommant leur identité, leur vécu, leurs valeurs, leurs souvenirs, quitte à devenir des êtres sans mémoire, donc sans futur.

Mais quel serait le destin d'une société d'accueil qui voudrait gommer les différences, uniformiser les esprits et cloner les individus ? Qui voudrait vivre dans un tel univers orwellien ?

À l'ère de la mondialisation et des mouvements migratoires, l'exil et le déracinement guettent de plus en plus d'individus, qui seront acculés en permanence à faire un choix identitaire. Comment concilier alors leur passé et leur présent, gages d'un futur meilleur? Comment préserver leurs racines tout en se coulant dans le moule culturel de leur pays d'accueil?

La réponse pourrait résider dans cette phrase de l'écrivain François Cheng :« Pour me définir, je dirais que je suis dialogue ». Un dialogue incessant entre les deux cultures qui l'habitent, la chinoise et la française. Un dialogue fécond qui a accouché d'une œuvre littéraire en langue française d'une grande richesse, au point qu'il fut le premier asiatique élu à l'Académie Française.

Pour rester dans le domaine littéraire, on pourrait prendre l'exemple d'autres écrivains qui ont réussi leur parcours d'immigrés au Québec, notamment Dany Laferrière d'origine haïtienne ou Kim Thuy d'origine vietnamienne, et ce, sans jamais renier leurs racines, assumant totalement leurs appartenances plurielles, leur double je.

Afin d'asseoir la conception d'une identité ouverte, peut-être faudrait-il prendre exemple sur la nature, et à l'instar des arbres majestueux, puiser dans nos racines la sève qui nous nourrit, puis à travers nos feuillages, nous déployer dans le temps et l'espace pour nous épanouir dans l'ailleurs et nous tourner vers des cieux nouveaux.

Notre témoin aujourd'hui est Danièle Henkel, entrepreneure, auteure, conférencière et mentor devenue célèbre au Québec de par ses interventions remarquées dans l'émission : Dans l'œil du dragon.

Née au Maroc, elle décida d'immigrer au Québec à l'âge de 34 ans pour réaliser ses rêves et réinventer sa vie. Cependant, comme dans tout parcours d'immigrant, les obstacles, les contraintes et les déceptions étaient bien au rendez-vous.

Ce que d'autres auraient perçu comme des échecs, Danièle Henkel les vécut comme des tremplins vers le succès, de par son aptitude à saisir ces écueils à bras le corps pour les transformer en conquêtes. Stoïque, elle a su tenir le gouvernail de sa vie, nous rappelant que la réussite n'est que la face visible de l'iceberg, qui n'est rien en comparaison de la partie immergée faite d'efforts constants, de sacrifices, de moments de doutes et parfois même d'échecs. Ce qui nous renvoie au poème Invictus de William Henley:

Aussi étroit soit le chemin, nombreux les châtiments infâmes,

Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme.

Invitées :

1re partie : Témoignage de Danièle Henkel, entrepreneure, auteure et conférencière. Elle a publié une autobiographie intitulée «Quand l'intuition trace la route» ainsi qu'un livre paru récemment «Au coeur de mes valeurs», publiés aux éditions La Presse.

2e partie : Rachida Azdouz, psychologue spécialisée en relations interculturelles à l'Université de Montréal. Elle nous parle d'immigration, de choc culturel, des critères d'intégration et de réussite dans le pays d'adoption.

Conception, animation: Victoria Vidal

Réalisation: Sandrine Duval

C'est mon histoire

« Le chemin le plus court d'un être humain à la vérité, est une histoire simple », disait le psychothérapeute, Anthony de Mello. Nos parcours de vie sont souvent plus transfigurants que les écrits et les discours savants, puisqu'ils nous révèlent les vérités les plus profondes et, par là même, nous libèrent.

Dans cette nouvelle série de storytelling, nous donnons la parole à des gens ordinaires aux histoires touchantes, captivantes et profondément humaines. Des histoires vraies sur des thèmes divers et variés de notre vie quotidienne, où l'on parle de chair, de désirs, d'épreuves et de résilience.

Tout un chacun a une vie singulière, qui mérite d'être racontée.

Suivez cette série de huit podcasts sur le HuffPost Québec, chaque mardi à partir du 6 juin 2017.

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