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«Valérian et la cité des mille planètes», le voyage intersidéral de Luc Besson

Le réalisateur a gagné son pari...

18/07/2017 11:02 EDT | Actualisé 18/07/2017 14:58 EDT

Luc Besson en rêvait depuis des années, tourner une version cinéma de la bande dessinée de science-fiction qui a bercé sa jeunesse, Valérian et Laureline. Le réalisateur du Grand Bleu et du Cinquième Élément a gagné son pari avec une superproduction à 290 millions de dollars.

Nées il y a un quart de siècle dans les pages du journal Pilote et devenues depuis un classique du 9e art, les bédés conçues par Jean-Claude Mézières et Pierre Christin ont nourri l'imaginaire du réalisateur depuis ses 10 ans.

«J'ai été bluffé par l'univers coloré et foisonnant, explique en entrevue Luc Besson. J'ai lu tous les albums de la série, car à l'époque, internet n'existait pas. Je découvrais dans les cases et les dessins une vaste histoire, elle-même constituée d'une petite romance entre deux êtres humains entourés d'extraterrestres. C'était fabuleux.»

Bien que le budget du film soit pharaonique, ce qui l'inscrit d'emblée comme la production européenne la plus chère de l'histoire, pour l'ultra créatif Luc Besson, Valérian et la cité des mille planètes valait bien tous ces investissements.

«Je voulais avoir dès le départ la capacité de créer sans entrave. Aujourd'hui, il existe beaucoup de compétition, par exemple, Marvel, DC Comics et les autres franchises. Je savais que ce genre de projet allait être difficile à monter, alors j'ai pris mon temps, rédigeant au fil des années un scénario étoffé.»

Et puis, en 2009, vient le choc. La sortie d'Avatar a forcé le cinéaste français à repenser sa propre version de Valérian. «J'ai jeté mon script à la poubelle. Avatar a été une véritable révolution technique au même titre que Star Wars de Georges Lucas dans les années 1970. Avec sa planète Pandora et ses créatures bleues, James Cameron a ouvert des voies nouvelles en matière d'effets visuels. Tout devenait soudainement possible.»

Une dose d'humour

Son nouvel opus, en salle le vendredi 21 juillet, se situe au 28e siècle après notre ère. Valérian (Dane DeHaan) et sa compagne Laureline (Cara Delevingne) sont des agents spéciaux ayant la capacité de voyager dans le temps. À travers une course contre la montre, le couple a pour mission de protéger la station orbitale Alpha, composée d'une multitude d'espèces vivantes d'origines humaines et intergalactiques.

«J'aborde la fragilité des êtres vivants et le thème de l'écologie. Notre monde est menacé et il suffit d'un rien pour tout détruire. Malgré les sujets graves abordés durant toute l'intrigue, le film comporte sa part de rigolade. J'ai souvent besoin d'ajouter une dose de légèreté à mes films. Par expérience, je sais que l'humour est un bon moyen de faire passer un message sérieux.»

Pour jouer les deux héros, Luc Besson voulait une distribution différente de ce que l'on trouve habituellement dans les superproductions américaines. «J'ai pensé à Dane DeHaan et Cara Delevingne parce qu'ils sont d'un autre archétype, loin du model à la Schwarzenegger. Ils incarnent les personnages d'une manière avant-gardiste, plus proche des bédés originales.»

«Valérian n'est pas un héros classique, poursuit le réalisateur. Il possède une sensibilité plus européenne avec un côté presque prétentieux. Quant à Laureline, son caractère plus terre à terre la rend responsable.»

Habitué à des rôles sombres et torturés, Dane DeHaan parle d'un tournage exigeant, mais à l'atmosphère joyeuse. «Les cascades et les scènes d'action rendaient l'expérience assez intense, toutefois, je me suis beaucoup amusé. Je n'ai pas l'occasion d'interpréter ce genre de personnage décalé. C'est toujours intéressant pour un comédien de faire autre chose.»

Le jeune homme, vu récemment dans Un ours et deux Amants de Kim Nguyen, a appris par cœur chaque mouvement assemblé dans des chorégraphies complexes exécutées au quart de tour. «Parfois, les scènes se déroulaient à la manière d'un ballet. Je courrais devant un fond bleu sans savoir vraiment qu'elle serait le résultat final. Il fallait s'abandonner et faire une totale confiance au réalisateur.»

Toujours partante pour ce genre d'aventure, l'ex-mannequin Cara Delevingne a pour sa part plongé sans trop se poser de question. «Avec ce genre de personnage, on ne peut pas faire les choses à moitié. Je suis là pour sauver le monde. Cela doit se voir aussi bien dans les dialogues que dans les gestes. Luc [Besson] offre aux actrices des rôles féminins forts et ce film ne fait pas exception à la règle.»

Valérian et la cité des mille planètes (Valerian and the City of a Thousand Planets) – Science-fiction – Les Films Séville – 136 minutes – Sortie en salles le 21 juillet 2017 – France.

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