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Découvrez la face cachée d’Annie Brocoli dans son spectacle «La vierge Annie» (ENTREVUE)

Elle présentera tout ce qu'elle est, pour un soir seulement, lors du ZooFest.

18/07/2017 14:23 EDT | Actualisé 10/08/2017 05:42 EDT
ZooFest

Il y a 18 ans, Annie Brocoli faisait une entrée fracassante dans le monde des tout-petits – et de leurs parents – avec son sourire tonitruant, ses yeux pétillants, son énergie folle, ses personnages, ses chansons, ses spectacles et ses émissions. Mais maintenant que sa carrière artistique a atteint l'âge de la majorité, la célèbre créatrice veut se libérer des (nombreux) carcans qu'elle s'est imposés. Un processus qui passe par un spectacle d'humour où elle présentera tout ce qu'elle est, pour un soir seulement: le 25 juillet, au ZooFest.

Quelle image le public a-t-il de toi?

Je crois que les gens me voient comme la fille qui ne dépasse jamais quand elle colore, qui fait attention à tout et qui est toujours de bonne humeur. C'est ce que j'ai voulu projeter et je me suis cru! J'exigeais la perfection de moi-même et c'est devenu un problème. Comme je m'obligeais à la bonne humeur, le monde attendait ça de moi. C'est devenu un cercle vicieux.

C'est pour ça qu'il n'y a jamais de méchant dans tes projets pour enfants?

Oui, je me disais que la vie était déjà assez difficile dans certaines familles et je voulais leur donner des vacances. Mais en même temps, ce n'est pas la réalité... Aujourd'hui, quand j'écris, il y a des personnages pas gentils et on a de la peine des fois. Je suis en train d'écrire un film et mon travail est différent. Je dois m'obstiner avec moi-même pour aller ailleurs.

T'imposais-tu les mêmes règles de conduite à la maison?

Tout ce qui rentrait chez nous, je voulais que ce soit joyeux et bon pour la santé de mes enfants. Je me suis exigée ce que j'espérais pour eux. Mais j'ai aussi frappé un mur grâce à eux. Quand ils sont devenus adolescents, ils étaient tannés de ma bonne humeur tout le temps. Ils se sont arrangés pour que je sorte de mes gonds. Ça m'a réveillée. C'est extraordinaire! Maintenant, quand j'y repense, je réalise que les enfants ont besoin de quelqu'un d'humain, avec des faiblesses. Ça leur donne de l'espace pour se tromper et s'aimer quand même.

Veux-tu casser cette image complètement avec ton spectacle?

Pas complètement, non. Tout ce qu'on voyait avant fait partie de moi. Ce n'étaient pas des menteries. Il manquait juste une portion de ma palette de couleurs. Désormais, je veux être une boîte complète de Prismacolor. J'ai envie d'être au travail tout ce que je suis devenue dans ma vie.

As-tu accepté d'emblée la proposition du ZooFest?

Non! J'avais peur d'être jugée. Je suis encore très amoureuse de mon métier avec les enfants et j'ai envie de le préserver. Et je ne voulais pas m'imposer ce stress-là. Mais le lendemain de l'offre, le titre du spectacle est apparu dans ma tête. Et tout d'un coup, je me suis dit «eh boy que ça me ferait du bien»! J'ai commencé à écrire pour le fun et une bonne partie du spectacle est sorti d'un coup!

De quoi parleras-tu?

Je raconte mon histoire dans le métier et ce que j'ai vécu parallèlement dans ma vie. Des moments vraiment drôles et d'autres qui m'ont fait pleurer en les écrivant. Les gens vont comprendre ce qu'on exige d'une chanteuse pour enfants... une chanteuse qu'on a vite surnommée la «chanteuse des papas». C'est ironique, parce que je ne me suis jamais si peu fait cruiser de toute ma vie! Mon personnage a nui à la femme en moi. Contrairement aux comédiens et aux humoristes masculins pour qui les filles font la file, les comédiennes qui font des sous ne pognent plus. Alors, imagine une chanteuse pour enfants!

La moyenne d'âge des spectateurs du ZooFest est de 25 ans, soit à peu près l'âge de tes premiers admirateurs. Penses-tu que plusieurs d'entre eux vont venir te voir?

Oui, plusieurs personnes m'ont écrit pour me le dire. Les amis de ma fille ont acheté leurs billets. Ils veulent savoir ce que j'ai vécu. Il y a quelque chose de très cool avec mes premiers fans. Même quand ils sont devenus ados, ils ont continué à m'aimer pareil. Comme je n'étais pas toujours très déguisée dans mes projets, je demeurais une femme et une mère, alors une belle proximité s'est développée. C'est hyper touchant.

Comment se passe ton adaptation à la mécanique du stand-up?

Je sais que je ne pourrai pas aller au bout de ça. Contrairement aux humoristes qui rodent leur spectacle 50 fois, moi, je vais le présenter une seule fois. Je vais faire du mieux que je peux. Ça fait partie de ma démarche: accepter d'être imparfaite, sortir de ma zone et ne pas être confortable. Mais j'apprends énormément. Sur moi et sur de nouvelles façons de travailler.

Qu'est-ce qui t'attend professionnellement après la représentation du 25 juillet?

Cet été, je fais une tournée de festivals avec mon spectacle pour enfants et à la fin septembre, je repars en tournée partout au Québec. Je travaille aussi à la création d'un film. Une comédie musicale pour jeune public.

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