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Les États-Unis dévoilent leurs objectifs pour renégocier l'ALENA

On souhaite surtout rééquilibrer le déficit commercial du pays de l'Oncle Sam.

17/07/2017 16:53 EDT | Actualisé 17/07/2017 18:34 EDT
POOL New / Reuters
Le premier ministre canadien Justin Trudeau en compagnie du président américain Donald Trump dans le cadre du sommet du G20 à Hambourg.

L'administration Trump a dévoilé ses objectifs pour la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA): il s'agit d'une liste de thèmes généraux, comprenant certains indices d'irritants à venir.

Après avoir décrié l'ALÉNA pendant deux ans, Donald Trump a publié lundi la liste de ce qu'il souhaite modifier dans cet accord.

Les États-Unis affirment vouloir un meilleur accès pour leurs exportations en agriculture, incluant les produits laitiers, le vin et les grains. L'administration Trump souhaite aussi une libéralisation des échanges et des achats en ligne, de nouvelles règles sur la manipulation des devises et une révision du système de règlement des litiges.

L'une des demandes pourrait braquer les consommateurs canadiens contre les détaillants ayant pignon sur rue au pays: les États-Unis veulent multiplier par 40 le montant au-delà duquel les Canadiens magasinant en ligne doivent payer une taxe à l'importation.

Le dévoilement de la liste de 16 pages ne présente pas de surprise pour le gouvernement du Canada. Le bureau du premier ministre était en contact avec la Maison-Blanche, des sources ont indiqué qu'Ottawa avait été informé avant le dévoilement officiel.

Le gouvernement du Canada ne dévoilera pas une liste du même genre. L'exigence inscrite dans la loi aux États-Unis ne l'est pas au Canada.

La loi américaine exige que l'administration publie une liste de ses objectifs au moins 30 jours avant d'entamer des négociations en matière de libre-échange. Ainsi, les discussions sur l'ALÉNA doivent s'amorcer aux alentours du 16 août.

Les législateurs américains auront désormais leur mot à dire. Ils devront être consultés tout au long du processus de négociations, et devront ultimement voter sur toute entente.

Dès mardi, la Chambre des représentants des États-Unis tiendra une audience sur l'ALÉNA.

Tenir compte des nouvelles réalités

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a affirmé lundi que le gouvernement était "ravi d'avoir l'occasion de moderniser l'ALÉNA afin de tenir compte des nouvelles réalités et d'y intégrer des approches progressistes, libres et équitables en matière de commerce et d'investissement".

"Nous continuons de consulter les Canadiens en ce qui concerne la modernisation de l'ALÉNA et nous invitons tous les Canadiens à partager leurs idées, leurs points de vue et leurs priorités, notamment dans le cadre de notre consultation en ligne", a indiqué la ministre par communiqué.

"Lorsque les négociations débuteront, nous serons prêts à collaborer avec nos partenaires afin de moderniser l'ALÉNA, tout en défendant nos valeurs et les intérêts nationaux du Canada", a-t-elle ajouté.

Les États-Unis semblent avoir une approche contradictoire dans ce dossier. Le président Trump menace de déchirer l'accord si les États-Unis n'arrivent pas à s'entendre sur une renégociation majeure avec le Canada et le Mexique. Son vice-président a toutefois fait l'éloge récemment de la collégialité et a promis que le nouvel ALÉNA serait avantageux pour toutes les parties.

Selon un vétéran de ce type de négociations aux États-Unis, Welles Orr, le dossier des produits laitiers risque d'être un des plus litigieux.

M. Orr, qui a agi comme haut responsable du commerce sous les présidents George H. W. Bush et Bill Clinton, s'attend aussi à ce que l'ALÉNA remanié comprenne de nouvelles dispositions sur le commerce électronique. Celles-ci s'apparenteraient aux clauses négociées en vue du Partenariat transpacifique, relégué aux oubliettes depuis l'arrivée de M. Trump à la Maison-Blanche.

Les dispositions sur l'importation de pièces automobiles devraient aussi être modifiées d'une façon qui devrait convenir aux trois pays, selon M. Orr.

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